‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 37 sur 444 · VI. INFLAMMATION DES MUSCLES LOMBAIRES · texte numérisé non relu

VI. INFLAMMATION DES MUSCLES LOMBAIRES

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166. L’inflammation des muscles lombaires ( lumbago , psoitis ,) a son siège dans le muscle psoas, le muscle carré des lombes, et le tissu cellulaire qui les environne. Elle survient quelquefois subitement ; le malade éprouve de la douleur dans les lombes ; la marche devient pénible , la flexion ou l’extension complète de la cuisse et de la jambe ne peuvent s’exécuter sans douleurs. Quelquefois le lumbago commence peu à peu par des douleurs lancinantes , devenant tous les jours de plus en plus vives , qui,, partant des lombes, s’étendent à la cuisse et jusqu’à l’articulation du genou. Celle inflammation a, dans quelques cas, un développement si lent qu’elle reste tout-à-fait méconnue , et qu’un amas de pus est le seul signe qui la fasse découvrir. La suppuration s’établit d’une manière plus ou moins lente, suivant le degré de l’inflammation. Le pus s’amasse d’abord dans le tissu cellulaire qui environne le psoas, suit la direction de ce muscle , et vient former une tumeur au niveau du ligament de Poupart , du rectum ou de la colonne vertébrale , etc. Lorsque cette collection purulente s’est formée, le malade éprouve de la douleur dans les lombes ; il peut à peine marcher; la toux imprime des mouvemens à la tumeur; la position horizontale la fait diminuer ; la peau qui la recouvre n’est point altérée , dans le principe du moins ; rarement on voit survenir les signes qui caractérisent la formation du pus , tels que maigreur, sueurs nocturnes , fièvre intense , etc., lorsque l’abcès n’est point considérable. Mais , lorsque l’abcès prend un plus grand développement, que la peau qui le recouvre s’enflamme et perce , le pus se vide au dehors : d’abord

il est sans odeur; plus tard il devient infect; les forces du malade diminuent rapidement; quelquefois les bords de l’ouverture reviennent sur euxmêmes, et il peut là s’établir un trajet fistuleux qui persiste pendant longtemps.

167. Cette inflammation peut reconnaître pour cause une violence extérieure , un effort violent , un refroidissement , la goutte , le rhumatisme , ou une affection générale. Dans les abcès lombaires on rencontre très-souvent une altération des vertèbres lombaires , et cette altération peut être la cause ou le résultat de ces abcès.

168. On peut obtenir la résolution de cette inflammation dans la majeure partie des cas où les symptômes sont assez apparens pour qu’elle ne soit point méconnue. Le traitement dépend de son degré et de son intensité; lorsqu’elle est vive, les antiphlogistiques, tels que saignées, sangsues, ventouses, etc., doivent être employés; lorsqu’elle a perdu de son intensité, on sollicite la résolution par des frictions résolutives ou des vésicatoires qu’on entretient pendant long-temps. Dans les affections rhumatismales ou goutteuses , lorsque l’inflammation est encore obscure , on doit avoir recours à l’esprit de Minderer dans une infusion de sureau , au tartre émétique à petites doses , à la poudre de Dower , au camphre, etc., et surtout aux bains chauds , aux frictions résolutives , aux vésicatoires et aux exutoires.

169. Lorsque l’inflammation se termine par résolution, les abcès qui se forment peuvent, dans certains cas, mais rarement, se résoudre. Dans ces cas il faut employer des vésicatoires, ou des cautères dans la région lombaire , chercher à favoriser les fonctions des organes renfermés dans l’abdomen , et soutenir les forces du malade. Lorsque , malgré ce traitement, l’abcès continue à prendre du développement, il faut l’ouvrir avec un trocart très-fin , ou une lancette que l’on introduit obliquement à travers les parois. On vide le pus , en ayant soin que l’écoulement soit continu afin d’empêcher l’introduction de l’air. On réunit les bords de l’ouverture , aussi exactement que possible , avec un emplâtre agglutinatif; on exerce une légère compression ; on fait observer le repos au malade , et on continue le traitement indiqué plus haut. Au bout de quelquesjours l’ouverture qu’on avait faite est ordinairement fermée; le plus souvent le pus s’amasse de nouveau, mais rarement en aussi grande quantité qu’auparavant. Lorsque la tumeur est encore assez volumineuse , on la vide de nouveau en observant les règles données plus haut, et on en fait autant toutes les fois que l’abcès se reproduit.

170. C’est un mauvais signe lorsque la cavité de l’abcès s’enflamme après son ouverture. Le repos , les antiphlogistiques, l’évacuation du pus, peuvent modérer cette nouvelle inflammation. Lorsque la fièvre hectique devient manifeste , et qu’il se forme des ouvertures fistuleuses (ce qui peut dépendre d’une cause interne agissant constamment , d’une carie de la colonne vertébrale , ou de l’épaississe-

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