‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 384 sur 444 · II. DES CAUTÈRES · texte numérisé non relu

II. DES CAUTÈRES

2367. Un cautère ( exutoire , fonticulus ) est une plaie faite par l’art, et entretenue eu suppuration. On établit un exutoire soit avec le bistouri* un

vésicatoire, le caulèrc actuel, ou un caustique. Ces doux derniers moyens seront étudiés plus tard. La place où l’on doit l'établir dépend de l’état morbide qui réclame son emploi ; cependant on choisit en général les points où il existe une certaine quantité de lis.*»] cellulaire sous-cutané, ordinairement dans l’intervalle qui sépare deux muscles : au bras, entre le muscle biceps et le deltoïde; à la cuisse, entre les muscles droit interne et vaste interne; au mollet, entre le gastro-gnémien et le soléaire; entre deux côtes à la poitrine, etc. On s'écarte, autant que possible, des gros troncs nerveux et vasculaires.

2368. Lorsqu’on se sert du bistouri, on soulève la peau en un petit pli transversal, sur lequel on porte le bistouri parallèlement à t’axe du corps. La plaie est remplie d'une petite boulette de charpie, et recouverte d’un morceau de diachylon. Deux ou trois jours après on lève l’appareil, on nettoie la plaie, et on met flans la cavité un ou pidsieurs pois. Au-dessus on place un morceau de sparadrap quadrangulaire, une compresse et une bande. — Les exutoires doivent être pansés une ou deux fois par jour, suivant l’abondance de la suppuration; ils doivent toujours être entretenus propres.

2369. Lorsque, par suite de la crainte qu’inspire le bistouri aux malades, on veut établir un exutoire à l’aide d’un vésicatoire, on en applique un de la largeur d’un demi pouce; on le laisse appliqué jusqu'au moment où la vésication a lieu ; l’épiderme est enlevé, et on place un ou deux pois que l’on assujettit avec un morceau de diachylon. Le tuut est maintenu par une bande circulaire, que l'on serre assez fortement pour que le pois déprime la peau ; les pansemeus successifs se font comme dans le cas précédent.

2370. Lorsque le cautère détermine de vives douleurs , on enlève momentanément les pois , ou on en diminue le nombre s’il y en a plusieurs. S’il survient une violente inflammation , on agit de la même manière ; seulement ou panse avec des compresses trempées dans de l’eau blanche; s'il ne s’établissait pas une suppuration assez abondante , on enduirait les pois d'onguent diges.tif, on loucherait le fond de la plaie avec du nitrate d’argent, etc. Si au contraire la suppuration élaittrop abondante^ on retirerait momentanément les pois pour les réappliquer plus lard. Si , autour du cautère, il se formait des végétations fongueuses, on les détruirait par des cautérisations successives avec le nitrate d’argent , ou on les enlèverait d’un coup de ciseaux. Si la partie où se trouve un cauLère s’atrophie, on le change de place. — Un cautère ne doit jamais être supprimé brusquement.

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