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PLAIES NON PÉNÉTRANTES

plus vive que pour les plaies des autres régions; celle particularité est surtout notée pour les blessures de duel qui sont fréquentes à la paroi abdominale; sans doute, parce que le duel surexcite le système nerveux et le met dans un état d'éréthisme tel, que la moindre égratignure ou piqûre détermine des symptômes subjectifs aussi intenses qu'une plaie pénétrant profondément.

L'écoulement sanguin qui accompagne les piqûres est insignifiant. Il peut être beaucoup plus considérable pour les plaies larges par coupures ou par contusions, si des artères comme la sous-cutanée abdominale, la circonflexe iliaque, l'épigastrique ou leurs branches ont été divisées. Le sang coule habituellement au dehors; si, cependant, l'orifice est étroit ou irrégulier, il peut s'accumuler dans l'épaisseur des couches musculaires ou en avant du péritoine et former hématome; mais c'est là un fait rare, car ces plaies restent, le plus souvent, largement béantes par suite de la rétraction, soit des téguments, soit surtout des muscles, si la lésion est arrivée jusqu'à eux et les a coupés perpendiculairement à leur direction.

Diagnostic. — Dans la plupart des cas, pour peu que la plaie soit large, on n'éprouve aucune difficulté à établir le diagnostic de plaie non pénétrante. On apprécie, en même temps, sa profondeur par rapport aux diverses couches de la paroi, on reconnaît aussi s'il y a des corps étrangers. Les choses ne vont pas aussi simplement pour les piqûres par armes blanches, et surtout pour les plaies par armes à feu, d'autant plus que ces plaies donnent quelquefois lieu à des phénomènes (douleur, stupeur, vomissements) de nature à faire supposer une lésion profonde de l'abdomen. Je reviendrai plus loin sur cette délicate question de diagnostic. Pour peu qu'il y ait doute sur la question de non-pénétration, on fera bien de réserver le diagnostic et le pronostic.

Pronostic. — Le pronostic des plaies non pénétrantes de l'abdomen est le plus souvent favorable ; les'piqûres et les coupures guérissent d'ordinaire sans complications. Les plaies contuses sont plus sérieuses, à cause de l'attrition des tissus et des mortifications qui peuvent en résulter. Ce sont ces plaies, aussi, qui se compliquent fréquemment de corps étrangers. On pourra voir, dans quelques cas, survenir des accidents inflammatoires.

La dénudation du péritoine n'empêche pas la guérison; le blessé de Poland mourut le dixième jour d'accidents septiques; mais ceux de Larrey et de Guthrie guérirent

Au point de vue du pronostic ultérieur, il ne faut pas oublier que des hernies centrales sont possibles, surtout pour les plaies contuses des régions sousombilicales.

Traitement. — • Le traitement des plaies non pénétrantes de l'abdomen varie suivant les circonstances.

Pour les simples piqûres, un lavage antiseptique, suivi de l'occlusion avec le collodion iodoformé ou salolé, suffira dans la majorité des cas. Pour peu qu'il y ait quelques réserves à faire au point de vue de la pénétration, on immobilisera le blessé, et l'on agira comme s'il y avait lésion du péritoine (voy. plus loin).

[AD JALAGUIEli ]

PLAIES DE L'ABDOMEN

Si la plaie consiste en une division plus ou moins profonde des couches de la paroi, on en pratiquera la suture, après désinfection préalable par des lavages abondants avec la liqueur de Van Swieten ou tout autre antiseptique énergique. Si les muscles ont été divisés transversalement, on rapprochera leurs fibres par une suture perdue au catgut.

Pour les plaies confuses avec attrition considérable des tissus et épanchements sanguins, le mieux sera de laisser la plaie béante : après désinfection, on pansera à plat, avec une substance antiseptique. Si l'on se décide à pratiquer une réunion partielle, il sera bon d'établir un drainage.

Lorsqu'on se trouve en présence d'une plaie par arme à feu, canaliculée ou en séton, ou bien d'une plaie par empalement, ou par coup de corne, on doit se préoccuper de l'existence de corps étrangers, non pas tant du projectile luimême — les balles sont aseptiques ~ — que des fragments de vêtements entraînés par lui dans les tissus. On explorera donc, par la palpation, le trajet présumé, et si l'on sent le projectile, on l'enlèvera; on agira de même pour une tige de bois, un fragment de métal, de verre, de faïence, etc. ; on inspectera avec soin les vêtements, et, s'il en manque un morceau, on se tiendra prêt à débrider largement le canal de la plaie, à la moindre menace d'inflammation. Pour les plaies par empalement, Madelung conseille de pratiquer toujours, primitivement, l'ouverture de tout le trajet, parce que l'extrémité de l'épieu peut très bien avoir perforé le péritoine au-dessous du rebord costal, et qu'il est sage de faire la suture de la séreuse. Mais il s'agit là d'une variété des plaies pénétrantes, que je n'ai pas à étudier en ce moment.

Lorsque des complications phlegmoneuses surgissent, on doit les traiter comme il convient.

PLAIES PÉNÉTRANTES DE L'ABDOMEN

Lorsqu'un agent vulnérant, après avoir traversé les diverses couches de la paroi abdominale, a dépassé le péritoine, il y a plaie pénétrante de l'abdomen.

L'ouverture de la cavité péritonéale est donc la caractéristique d'une plaie pénétrante de l'abdomen. Il existe cependant quelques cas exceptionnels, dans lesquels une plaie est pénétrante, sans que le péritoine soit lésé ; c'est lorsque la paroi a été perforée en un point où elle n'est pas tapissée par la séreuse, les régions rénales ou coliques, par exemple.

Les plaies pénétrantes de l'abdomen doivent être distinguées suivant qu'elles succèdent à l'action d'une arme blanche ou qu'elles sont produites par le projectile d'une arme à feu. A cette distinction étiologique correspondent, au point de vue de l'anatomie et de la physiologie pathologiques, des différences assez marquées, pour qu'il soit utile de faire, pour chacune de ces deux variétés, une étude particulière. Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait pas des points communs; nous les indiquerons chemin faisant.

PLAIES PÉNÉTRANTES DE L'ABDOMEN

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