COMPRESSIONS
l'estomac et le diaphragme (Liebault, Thèse de Paris, 1882; Trêves, p. 137 et suiv.) et remplir toute la cavité abdominale en recouvrant presque complètement le pacpiet intestinal refoulé en arrière. Melchiori (') a vu une anse sigmoïde dilatée atteindre 40 centimètres de circonférence. L'anse distendue s'altère : elle prend une coloration noirâtre ; parfois, la séreuse s'éraille; l'éraillure peut intéresser la couche musculaire, en respectant la muqueuse, mais il n'est pas prouvé qu'elle puisse aller jusqu'à la perforation (Trêves). Si la maladie se prolonge, des plaques de gangrène se montrent et une perforation ne tarde pas à se produire.
Le mésocôlon tordu est épaissi, violacé ou rouge foncé, quelquefois boursouflé et sillonné de vaisseaux dilatés.
Un fait remarquable, c'est la fréquence de la péritonite : d'après Trêves, elle commencerait toujours sur l'anse, pour se généraliser de là au reste de l'abdomen. Dans 17 observations, pour lesquelles l'état du péritoine était noté (sur 20 observations qui composent son relevé), Trêves trouve 15 fois de la péritonite. Rarement la péritonite est consécutive à une perforation: c'est une simple inflammation diffuse (Trêves).
Au point où l'anse est tordue, des adhérences s'établissent bientôt et le déplacement devient irréductible. Des perforations, par ulcération ou par gangrène, peuvent aussi se faire à ce niveau, ou un peu au-dessus; c'est encore là l'un des modes pathogéniques delà péritonite suraiguë.
5° Coudures. — Une flexion permanente de l'intestin, sur son bord mésentérique, peut causer l'occlusion intestinale. La plicature donne lieu à la formation d'un éperon saillant dans la cavité intestinale et perpendiculaire à son axe. Le plus ordinairement, ces coudures sont dues à l'adhérence des deux parties d'une anse, ou bien à l'adhérence d'un point du bord convexe de l'intestin, soit à la paroi abdominale, soit à un organe voisin : la partie tixée se trouvant immobilisée ne peut plus suivre les changements de position du resle de l'intestin, et il s'établit une inflexion angulaire dont le sommet correspond au point adhérent.
Dans certains cas, la plicature est rendue permanente par un épaississement, inflammatoire ou autre, de la paroi.
Quelquefois, enfin, la coudure succède à la réduction d'un étranglement herniaire, lorsque, par le fait d'adhérences, l'anse conserve la position qu'elle avait dans le sac. Tel le cas communiqué par Nicaise à la Société de chirurgie (2) : un malade après avoir été opéré de hernie étranglée succomba à des phénomènes d'occlusion, et l'on trouva, à l'autopsie, les deux parties de l'anse restées accolées par des adhérences; l'éperon, produit par la plicature, n'avait pas permis le rétablissement du cours des matières.