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AFFECTIONS PRURIGINEUSES DE L'ANUS

A. Dermatoses. — La peau de l'anus est- un siège fréquent d'inflammations et d'éruptions (intertrigo, eczéma, érythème, herpès, lichen), qui présentent les mêmes caractères objectifs que dans d'autres régions.

Elles reconnaissent des causes très diverses. Chez l'enfant, il faut souvent incriminer une irritation par des enlozoaires ou par des écoulements diarrhéiques. Chez l'adulte, ces dermatoses, un peu plus communes chez la femme, dépendent parfois d'influences dialhésiques (obésité, arlhritisme, herpélisme, etc.). Il suffit, dans quelques cas, pour les provoquer, d'une marche un peu longue, d'une course à cheval ou en voiture, d'une transpiration abondante, etc.

(') Gérard Marchant, Société de chir., 3 novembre 1 807 . (-) Monod, Société de chir., 10 novembre 1897.

PROCESSUS INFLAMMATOIRES ET LEURS CONSÉQUENCES

Ailleurs, elles sont occasionnées par le contact de liquides irritants, par une leucorrée, par une redite catarrhale, ou sont dues à la malpropreté, au nettoyage de l'anus avec des papiers ou des linges grossiers. Elles compliquent souvent la coprostase, les condylomes, les végétations anales, les hémorroïdes, etc.

Généralement, l'attention du sujet est attirée par une sensation de chaleur insolite, qui acquiert rapidement les caractères d'une douleur, cuisante, brûlante; Puis apparaissent des démangeaisons, qui deviennent à la longue intolérables.

A l'examen, on constate que la peau de la marge de l'anus est tuméfiée, rouge, et offre, çà et là, des éruptions diverses, papuleuses, vésiculeuses, etc., qui sont bientôt, par le grattage, transformées en érosions et donnent ainsi lieu à un suintement séreux, assez fétide.

Souvent ces accidents s'atténuent vite. Mais, parfois aussi, ils sont tenaces et récidivent avec une grande facilité. D'autre part, le frottement incessant s'oppose à la cicatrisation et favorise, soit la production de petites ulcérations, qui occupent le fond des plis radiés (rhagades), soit une inoculation aux parties voisines, à la vulve, au périnée, etc. Gosselin a spécialement insisté sur l'extension que peuvent prendre certaines érosions herpétiques et sur la difficulté qu'on éprouve parfois à les distinguer de petits chancres syphilitiques.

Le traitement de ces dermatoses doit d'abord être causal. Chez quelques sujets, les bains de siège réussissent bien. Chez d'autres, on obtient de bons résultats par l'emploi de pommades mercurielles ou sulfureuses. On devra toujours s'opposer au frottement par l'interposition de poudres inertes ou de substances grasses et même, si la réaction inflammatoire est assez intense, il faut prescrire le repos au lit pendant quelques jours. Une pratique déplorable, encore trop usitée, consiste, dans ces cas, à couper les poils de la région anale; ce remède est pire que le mal. Il faut se contenter de les débarrasser des matières qui les souillent par des lavages tièdes et l'application de cataplasmes. Lorsqu'il existe des exulcérations, Esmarch conseille de les toucher avec une solution faible de nitrate d'argent ou d'acétate de plomb, dans le but de déterminer la formation d'une croûte, qui protège les surfaces opposées contre les frottements.

B. Prurit anal. — Il faut, des affections inflammatoires précédentes, distinguer avec soin le prurit anal. Gosselin (') le définit : « une maladie de la peau de l'anus consistant en démangeaisons prolongées » et, suivant Esmarch, il doit être considéré comme une hyperesthésie des nerfs cutanés de l'anus. Il est donc indépendant des diverses éruptions que je viens de signaler. Il les complique souvent, il est vrai; mais le vrai prurit anal est celui qui ne s'accompagne pas, au moins au début, de modification pathologique appréciable, celui « qui existe sans autre changement de couleur à la peau que la rougeur, qu'occasionnent les grattages (s) ».

Le prurit anal a les mêmes causes que le prurit en général. Mais quelques conditions particulières favorisent son apparition à l'anus.

En dehors de celles que j'ai énumérées à propos de l'eczéma, de l'herpès (oxyures, pédiculi, hémorroïdes, etc.), le prurit paraît souvent en rapport avec un trouble des fonctions intestinales. Il est fréquent chez les constipés, les lithiasiques, les dyspeptiques et, chez les goutteux, on le voit parfois alterner avec une attaque articulaire. D'autres fois, il apparaît d'une façon passagère, à

(') Gosselin, art. Anus du Nouveau Dictionn. de méd. et de chir. prat., t. II, p. 640. ("-) Dechambre, art. Anus du Dict. encyclop. des sciences méd., p. 453.

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