CANCER DU PANCRÉAS
A propos des kystes du pancréas, j'ai émis l'opinion, déjà confirmée par quelques faits, que la pathogénie de ces kystes pouvait être, comme le sont la plupart des kystes de l'ovaire, sous la dépendance d'une dégénérescence épit héliale de la glande; en dehors de ces épithéliomes kystiques et de quelques cas exceptionnels de sarcomes, le néoplasme habituel du pancréas, est le cancer.
Le cancer du pancréas n'est plus considéré aujourd'hui comme une maladie exceptionnellement rare. Déjà, en 1864, Ancelot avait pu en réunir plus de 200 cas : de nombreuses observations ont été publiées depuis; je citerai parmi les plus récentes celles de Vernay (*) et celles qu'ont rassemblées Bard et Pic (4) dans leur intéressante monographie. Je n'ai du reste pas l'intention de présenter une histoire complète de carcinome pancréatique, je n'en veux donner ici qu'un bref aperçu clinique.
Les causes du cancer sont aussi obscures pour le pancréas que pour les autres viscères (°) ; un certain nombre de néoplasmes ne sont que l'extension à la glande de tumeurs développées dans le voisinage, dans l'estomac, le duodénum ou le foie; d'autres sont primitives.
Le siège le plus fréquent est la tête de la glande : c'est là un fait des plus importants à signaler en raison des rapports qu'affecte cette partie du pancréas avec le duodénum et les voies biliaires; il est de règle en effet que le cholédoque soit intéressé et plus ou moins obstrué; il n'est pas rare que la constriction s'exerce sur la première portion de l'intestin; on a enfin signalé la compression du côlon, de l'uretère et des gros vaisseaux, tels que les mésentériques, les spléniques, et plus souvent encore de la veine porte et de la veine cave inférieure.
Le volume de la tumeur est variable, comparé à celui d'un gros œuf, du
(') W. Korte, Deitrag zum chirurg. Pancréas. Berlincr klinische Wochenschrift, 9 juillet 1 89 i-, n° 28.
(2) Walsch, Med. News, 50 déc. 1893.
(3) Rosenbach, cité par Nimier.
(4) Thèse de Lyon, 1884.
(5) Rard et Pic, Cancer primitif du pancréas. Revue de med., 1888. — Voy. également Remo Segré, Ann. univ. di med. e. chir., 1888.
(6) On l'a observé à tout âge, spécialement de trente à soixante ans. On a cité quelques cas chez les enfants. — Kuhn, Berl. klin. Woch., 1887.