‹ Traité de chirurgie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 98 sur 223 · IE1ÎN1K LOMBAIRE · texte numérisé non relu

IE1ÎN1K LOMBAIRE

■\ des erreurs de diagnostic; el pourtant dans deux cas. l'un dû à Goze('), l'autre à Dolbeau(*), une tumeur de ce genre a été prise pour un abcès migrateur; dans le cas de Dolbeau même, la tumeur fut incisée, l'intestin tut .ouvert el il en résulta une lislule stercorale qui, néanmoins, guérit spontanément.

Dans un autre cas observé par Coze, une hernie lombaire fut prise d'abord pour une hernie musculaire.

Je n'insisterai pas sur les signes qui permettront d'éviter une confusion qui ni' serait jamais commise si l'on songeai! à la possibilité d'une hernie dans la région en question, si l'on considérait qu'un abcès présente toujours de la lluctuation, que la tumeur lombaire coïncide le plus souvent en pareil cas, avec une tumeur abdominale el qu'on peut renvoyer de l'une à l'autre la sensation de flot, enfin que la réduction et la réapparition de la tumeur ne présentent pas les mêmes caractères quand «>n refoule dans la profondeur une collection liquide qui a traversé la paroi abdominale ou quand on réduil le contenu d'un sac herniaire. Inutile de dire également qu'une hernie musculaire ne présenterait ni réductibilité réelle, ni la possibilité de trouver un orifice creusé dans la paroi abdominale à la suite de la disparition de la tumeur.

Pour ce qui est du contenu de la hernie, on sera souvent obligé de rester dans le doute; la matité, la consistance lobulée, la sensation de crépitation spéciale qui accompagne la réduction, feronl penser à une simple hernie graisseuse; la présence du côlon ascendant ou descendant pourrait être décelée par l'administration d'entéroclysmes.

Dans un fait observé par Basset (s), la hernie avait d'abord été prise pour un lipome ordinaire ; il s'agissait probablement d'une hernie graisseuse.

La hernie lombaire, dans un certain nombre de cas (J. Cloquet, Marquez, Triponel, Grynfelt), déterminait des troubles fonctionnels, îles coliques el même Ides vomissements que faisait cesser la réduction de la tumeur.

Des accidents d'étranglement furent observés dans les cas signalés par Garengeot, Ravaton, J.-L. Petit, Schraube el Hume. Dans le t'ait de Garengeot (4), l'étranglement se termina par la mort : dans celui de J.-L. IVIil ( ■'■). l'issue de la complication n'est pas connue. La hernie fui réduite au bout de quelques jours par le taxis, dans l'observation de Schraube (°). L'opération fut pratiquée dans les cas de Ravaton (7) et de Hume(8) : dans le premier l'opéré guérit; dans le second où l'intestin, étranglé par une bride, était gangrené et où il fallut pratiquer un anus contre nature, l'opération fui suivie de mort.

Traitement. — Quand la hernie présente des accidents d'étranglement, nul doute qu'il ne l'aille pratiquer la kélotomie le plus promptement possible, si la réduction n'a pas été obtenue par le taxis en temps opportun. L'opération scia aile suivant la méthode ordinaire ; le débridement sera pratiqué à ciel ouvert, ians l'étendue nécessaire, afin qu'on puisse saisir el lier les branches de l'intercostale inférieure ou des artères lombaires qui pourraient, être intéressées.

(*) Coze, Revue de méd. de t'Est, 1874, t. I. p. 107.

(-) Dolbeau, Thèse de Paris, 1869, p. 24 (cité par Billetou).

(3) Basset, Union médicale, 180-i, p. 578.

(*) Garengeot, Traité des opérations, 1731, t. I- p. 309.

(5) J.-L. Petit, Truite des maladies chirurgicales, 1783, t. II, p. 256.

(6) Schraube, Prcussisrlie med. Zeitung, 1863, p. '2(m.

(7) Ravaton, Truite des pluies d'armes o feu, 1".">0, obs. 00, p. 247.

(8) G.-1I. Hume, British med. Journal, 13 juillet 1889, p. 77..

TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2e édit. — VI. 23

[P BERGER

HERNIE OBTURATRICE.

Les hernies lombaires réductibles sont maintenues au moyen de ceintures pourvues d'une pelote lombaire ou, mieux encore, d'un véritable bandage à ressort. Macready, dans son livre, figure un bandage d'un modèle spécial qu'il a fait fabriquer pour une double hernie lombaire ; mais de plus en plus on en vient à soumettre les hernies de ce genre à l'opération de la cure radicale. Celle-ci a été pratiquée par Ed. Owen, par Coze, par Giordano, par Zucker; le manuel de ces opérations ne peut guère être réglé d'avance; nous voyons que dans deux cas au moins (Owen, Zucker) les chirurgiens ont éprouvé de grandes difficultés quand il s'est agi de fermer l'orifice herniaire ; ici, mieux qu'ailleurs, l'on pourrait mettre à contribution les procédés de myoplastie destinés à fermer la brèche de la paroi avec un boucbon organique ou à étaler en avant de lui pour le renforcer un lambeau musculaire.

Ici comme dans toutes les cures radicales, le sac doit être disséqué et excisé aussi largement que possible: pour pratiquer la restauration de la paroi et l'occlusion du trajet herniaire par la suture à étages, on se guidera sur les conditions anatomiques de chaque cas particulier.

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