‹ Traité de chirurgie [electronic resource] (volume 3)Chapitre 135 sur 161 · ATROPHIE · texte numérisé non relu

ATROPHIE

On nomme atrophie un arrêt de développement du testicule déjà descendu dans les bourses. — Cette dernière condition, passée sous silence par la plupart des auteurs, est de la dernière importance, car le testicule ectopié est toujours atrophié, et une confusion fàcheusse pourrait s'établir si la définition ne visait pas la présence de la glande dans le sac scrolal.

La pathogénie de cet arrêt de développement est obscure. Les traumatismes président à son apparition plus souvent qu'on ne croit ; nous avons publié plusieurs observations où cette influence est incontestable, et Monod en fournissait une nouvelle en 1 894, à la Société de chirurgie; il faut incriminer aussi certaines infections générales ; on sait la puissance atrophiante de la syphilis héréditaire chez les jeunes enfants, et les orchites consécutives aux violences extérieures peuvent couper court à l'accroissement de la glande. Or, dans les premières semaines, dans les premiers mois ou même les premières années de la vie, le traumatisme initial et l'inflammation consécutive passent parfois inaperçus et l'on considère comme congénitale une atrophie acquise. Nous avons recueilli des cas où l'enquête la plus minutieuse ne révélait rien, et cependant les deux « haricocèles » contenus dans les bourses avaient l'aspect des atrophies provoquées par l'orchite traumalique. Le « féminisme » du sujet, sa figure glabre et grasse, ses formes arrondies, l'étroitessc des épaules et la largeur du bassin, l'absence de développement des organes externes de la génération, le scrotum petit, la verge misérable ne suffisent pas pour établir le départ entre les deux variétés, car on observe aussi bien ces caractères dans les atrophies acquises que dans les atrophies congénitales. Avec de tels organes on ne saurait parler de fécondité; les testicules sont privés de spermatozoïdes et l'individu est stérile. Est-il puissant? beaucoup le prétendent, et j'ai publié l'histoire d'un individu dont les érections étaient fréquentes, disait-il, malgré une atrophie bilatérale, et qui se croyait père de quatorze enfants. Lorsque l'atrophie est unilatérale, la glande normale peut suffire à la virilité et à la fécondité. Nous n'insistons pas. car l'obscurité de l'étiologie, la facilité avec laquelle on confond l'arrêt de développement avec l'atrophie acquise rendent suspectes la plupart des observations.

(') Kiffert, Geiitralblcitt fur Chirurgie, 1890-1801, t. II, p. 196.

[P. RECLUS

AFFECTIONS DU TESTICULE ET DE L'ÉPIDIDYME

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