ORCHITE DE LA SCARLATINE
signale deux formes : la péri-orchite qui frappe le tissu péri-épididymaire et la vaginale, et l'orchite dont les lésions ont pour siège le testicule. Depuis, Chiari (') a publié sur ce sujet deux importants mémoires.
Le testicule est volumineux, rouge, vascularisé; la substance séminifère est remplie de foyers jaunes, de noyaux spbériques qui font relief à la surface du parenchyme. Cette orchite serait fréquente : Chiari l'a observée 45 fois sur 62 cas de variole. Ouinquaud, pendant l'épidémie de 1870, l'a vue 5 fois sur 8 malades; dans les deux où l'autopsie fut faite, les lésions étaient marquées surtout au niveau de l'épididyme, dont la queue, indurée, couverte de fausses membranes et d'exsudats, était infiltrée d'une matière ocreusc abondante; la paroi du canal épididymaire était hypertrophiée et sa lumière oblitérée par une émulsion granuleuse. La vaginale, dans un cas, était distendue par un épanchement considérable ; dans les deux autres, pas de liquide, ou très peu, mais quelques exsudais de fibrine.
L'orchite, voilée par la variole, passerait inaperçue, si l'on n'examinait le scrotum : on trouve une des deux bourses — l'affection est presque toujours unilatérale — volumineuse, fluctuante quand il y a coexistence de vaginalite, douloureuse à la pression ; on ne peut, à cause de l'œdème scrotal et de l'épanchement, délimiter les parties constituantes de la glande; dans certains cas, cependant, on constate la prédominance de grosseur ou de l'épididyme ou du testicule. Cette douleur et ce gonflement ne durent guère, et, au bout de quelques jours, ils ont disparu sans laisser de trace; à peine, dans de rares observations, un noyau induré à la queue de l'épididyme, mais ni abcès, ni mortification, ni atrophie consécutives, et Ricord seul aurait vu suppurer la vaginale. Faudrait-il rapprocher de l'orchite varioleuse une tuméfaction du testicule signalée par Giraud (2) à la suite de l'inoculation vaccinale? Mais il y aurait, au préalable, à démontrer l'existence de cette orchite.
d. ORCHITE DE LA SCARLATINE
On en signale trois observations, entre autres celle de Hénoch et celle de Horteloup. Dans la première, il s'agit d'un garçon de huit ans chez qui, au dixneuvième jour d'une scarlatine grave, apparut une double vaginalite volumineuse. L'enfant mourut, et l'autopsie est muette sur l'examen des bourses. Dans le cas d'Horteloup, chez un enfant de six ans, un épanchement dans la vaginale survient dès le deuxième jour d'une scarlatine confluente ; sous la sérosité on sent un épididyme volumineux et dur; le malade guérit, et, au quinzième jour, l'hydrocèle avait disparu. Dépasse, dans la Revue des maladies de l'enfance, donne un troisième fait : un garçonnet de cinq ans, au vingttroisième jour d'une scarlatine régulière est pris d'un gonflement du scrotum, qui atteint le volume d'une orange et devient douloureux; une hydrocèle gauche s'était constituée; au bout d'une huitaine, l'épanchement avait disparu; l'épididyme et le testicule paraissaient intacts.
(') Chiari, Beitriige zur Lettre von der Orchitis variolose. Zeitsclirift fiir Heilkunde, 1880. Bd. X, p. 340.
('■*) Giraud, Mém. de méd. milit, t. XXXVIII, p. 180.
[P. RECLUS
AFFECTIONS DU TESTICULE ET DE L'ËPIDIDYME