‹ Traité de chirurgie [electronic resource] (volume 3)Chapitre 142 sur 161 · FONGUS BÉNIN · texte numérisé non relu

FONGUS BÉNIN

On nomme fongus bénin une tumeur granuleuse, constituée tantôt par le testicule hernié dont l'albuginée végète, et tantôt par un amas de bourgeons charnus nés dans une caverne de la glande, et qui proémine sur le scrotum.

Depuis 1876, à l'exemple de Deville, nous proposons de morceler l'histoire du fongus bénin; il ne constitue point une tumeur spéciale, mais une simple complication de certaines affections de la glande. Fidèle à notre principe, nous avons rattaché son étude à chacune des maladies qui provoquent l'apparition du « granulome » — les inflammations, les gangrènes, les traumatismes, la tuberculose primitive des bourses, l'orchite tuberculeuse et la syphilis. Nous n'avons donc pas à revenir sur chacune de ces variétés, mais à montrer seulement les phases qu'a parcourues la question.

On ne commence à s'occuper du fongus que dans la seconde moitié du dernier siècle : on cite bien une observation de Fabrice de Hilden et une assertion de Donald Monro, mais les recherches sérieuses datent de l'Académie royale de chirurgie avec les mémoires de Sabatier et de J.-L. Petit; encore les faits de ce dernier ont-ils trait à l'issue des tubes séminifères par une perte de substance de l'albuginée et ils ne rentrent pas dans l'étude du fongus. Mais l'observation de Bertrandi mérite de nous arrêter : Deville a montré que « le traducteur-traître » du texte latin primitif est pour beaucoup dans les obscurités qui régnent sur la pathogénie du fongus. Il considère comme synonymes les deux termes tunica testis et tunica diclymi, confondant ainsi les bourses, tunica testis, avec l'albuginée, tunica diclymi; grâce à cette erreur, Bertrandi se trouve dire que le fongus a pour origine l'épanouissement de la pulpe séminale après rupture de l'albuginée, et la végétation des bourgeons charnus sur les tubes

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