CHAPITRE IV AFFECTIONS DU PÉNIS
Le pénis est constitué par le corps spongieux de l'urèthre dont l'épanouissement antérieur forme le gland, et par les deux corps caverneux. Ces trois organes érecliles sont engainés par une membrane fibreuse et recouverte par la peau, que termine en avant le prépuce : celui-ci enveloppe tout ou partie du gland. L'urèthre le parcourt, mais les affections de ce canal ont été décrites, et nous n'avons à nous occuper que du pénis, organe génital qui, dans la copulation, porte le sperme sur le col utérin.
Les monographies sur les affections du pénis sont rares et, à côté des articles de dictionnaires et des traités chirurgicaux, nous n'avons guère à signaler que le livre de Demarquay.
Bérard, art. Pénis du Dict. en 50 vol., 1841, t. XXIII. — Noguès, Anatomie, physiologie et pathologie du prépuce. Thèse de Paris, 1850. — Demarquay, Maladies chirurgicales du pénis, publiées par Walther et J. Cyr. Paris, 187G. .— Walther, art. Pénis du Noue. Dict. de méd. et de chir. prat., 1878, t. XXVI. — Englisch, art. Pénis du Real Encycl. der gesammten Heilkunde, Bd X, p.1, 1882. — Follin et Duplay, Maladies du pénis. Traité de pathol. interne, t. VII, p. 425. — Brun et Monod, art. Pénis du Dict. encycl. des sciences méd., 2° série, t. XXII, p. 550. — Ed. Schwartz, Maladies chirurgicales du pénis. Encyclop. internat, de chirurgie, t. VII, p. 585.
ANOMALIES
Elles sont rares si nous en exceptons le phimosis; Y 'absence de la verge, la multiplicité de cet organe, son adhérence au scrotum, sa torsion, Y hypertrophie, Y atrophie ou Y absence des corps caverneux sont des curiosités dont les recueils ont enregistré deux ou trois exemples.
[P. RECLUS
AFFECTIONS DU PÉNIS
1° L'absence du pénis peut n'être qu'apparente : Bouteillier (*) (de Rouen), a vu un enfant qui n'avait pas de verge; l'urine s'écoulait par un pertuis situé au-dessus du scrotum, où, sous les téguments, existait une saillie anormale; il incise, et en dégage une verge rudimentaire. Observation analogue de Chopart :
« Un enfant de deux mois et demi n'avait aucune apparence ni de verge, ni de testicules » : une tumeur se forma au-dessous de la symphyse, qu'un examen démontra être due à l'imperforation du prépuce ou à l'étroitesse de son ouverture; une incision fut faite, au fond de laquelle on trouva le gland. Observation semblable de Lemke dans les archives de Virchow de 1895; mais l'enfant était trop faible pour qu'on tentât l'opération. L'absence réelle a été constatée par Révolat chez un nouveau-né; il n'y avait aucune partie sexuelle extérieure; l'urine et le méconium s'écoulaient par une fente située au-dessous d'une hernie ombilicale. Dans les cas de Nélaton et de Goschler, il y avait un scrotum, mais pas de verge ; l'urine sortait par le rectum. Demarquay a observé une malformation analogue chez un homme de vingt-cinq ans. Hicks signale un fait où les testicules, à leur place normale dans les autres observations, étaient ici en ectopie abdominale.
2° Les exemples de verges doubles sont incontestables; on a cité celui d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire : les organes superposés pouvaient servir, isolément ou séparément, à l'excrétion de l'urine et du sperme; Gorré (de Boulogne) et Velpeau ont vu un enfant de huit mois et demi qui avait trois membres inférieurs, dont un implanté sur le périnée entre l'anus et le scrotum — et deux pénis éloignés l'un de l'autre de 4 centimètres. Il y avait deux bourses, mais un seul testicule dans chacune. L'urine, qui paraissait provenir d'une vessie unique, sortait en même temps par les deux urèthres. Ce cas, d'après Brun et Monod, doit se confondre avec celui de la Revue photographique des hôpitaux de 1860, qui a trait au même individu observé à plusieurs années de distance. « Entre les deux membres abdominaux existe une troisième jambe atrophiée, insérée au périnée entre l'anus et le scrotum. En avant de ce membre supplémentaire se trouve l'appareil génilo-urinaire : deux verges d'un calibre imposant occupent le milieu de la région. L'une est plus volumineuse, ce qui tient à ce que le sujet la réserve pour le coït; il est des cas, cependant, où il profite de la richesse de ses organes pour se servir de ces deux organes successivement et simultanément. L'érection est complète dans les deux pénis à la fois; l'éjaculation et la miction se produisent par les deux urèthres. » Dans l'observation de Hart, un des deux scrotums était vide et l'autre contenait deux glandes normales. Keyes et Van Busen ont cité un exemple de pénis juxtaposés et Sangalli (*) un autre analogue, mais plus complexe. On ne confondra pas ces cas avec ceux de bifîdilê : Forster et Klebs ont vu chez un adulte une verge très courte, divisée verticalement dans sa partie antérieure en deux moitiés inégales; la gauche, la plus grosse, a un prépuce et un gland assez bien conformés, la droite recourbée en S, présente un appendice érectile; le méat urinaire, en forme d'entonnoir, s'ouvre entre les deux parties. Ajoutons que Daunic de Toulouse a publié dans les Archives de chirurgie provinciale, août 1894, un cas, peut-être unique dans la science, de gland supplémentaire inséré sur le bord supérieur et la partie médiane de la couronne du gland normal.
(') Boutellier, Union méd. de la Seine-Inférieure, 1875, n° 40, p. 27.
(2) Sangalli, Annales des maladies des organes génito-urinaires, 1895, p. 478.