LÉSIONS TRAUMATIOUES DU CRANE CHEZ L'ENFANT
extra-dure-mérien. Un nettoyage soigné de ce foyer amena la guérison, sans aucun incident.
Des fêlures siégeant presque toujours sur le temporal ou sur le pariétal, avec une direction horizontale ou oblique, et des bords plus écartés à leur partie moyenne qu'à leurs extrémités, ont été observés par Daix, par Guillard, par Beele, par Weinlechner en 1885 (fissures crâniennes chez les enfants).
Les disjonctions des sutures du crâne sont exceptionnelles.
Lannelongue a communiqué au Congrès de chirurgie (2e session, 1886) une importante note sur ce point. Il a pu en réunir 5 observations portant, l'une, sur la suture médio- frontale ('), l'autre sur la suture occipito-pariétale gauche, et la temporo-pariétale droite, la troisième enfin sur la suture sagittale.
Un point intéressant bien mis en lumière par Lannelongue est de savoir ce que deviennent les fissures crâniennes chez les enfants qui échappent à la mort.
L'évolution aboutit à deux résultats opposés, tantôt elle s'élargit par le fait du développement excentrique des os du crâne, donnant lieu à une encéphalocèle traumalique ou à une céphalhydrocèle traumatique. Weinlechner (loc. cit.), von Bergmann (XIIe Congrès de chirurgie allemande), en ont cité des faits. En voici un exemple bien saillant emprunté à Lannelongue (loc. cit.) :
Un enfant de trois ans tombe d'un troisième étage sur le pavé d'une cour; il guérit après avoir présenté des accidents graves, pour lesquels il fut soigné chez lui; six semaines après sa chute, il présentait une fissure antéro-postérieure du pariétal droit, de 5 centimètres de long, et qui n'avait pas, autant qu'on pouvait en juger, plus d'un demi-centimètre de large, à sa partie moyenne. Plus de deux ans après, la partie la plus large dépassait 1 centimètre, et l'intervalle des bords était rempli par une tumeur réductible, avec battement et souffle (hernie cérébrale ou tumeur formée par le liquide céphalo-rachidien).
Pour Lannelongue, pour von Bergmann (Kœnig, p. 153), l'accroissement du cerveau comportant un développement parallèle à celui des os du crâne est la cause principale de l'agrandissement des fissures ou des disjonctions crâniennes.
Tantôt, au contraire, les dimensions des fissures crâniennes diminuent chez les enfants, par les progrès de l'âge. Weinlechner, après avoir constaté une fissure pariétale gauche chez un enfant de dix-sept mois, l'a trouvée notablement réduite dans ses dimensions, quatre ans plus tard. Lannelongue, auquel nous empruntons ces lignes, a pu faire une remarque analogue, et constater la formation de productions osseuses nouvelles sur le bord de la fissure, trois ans après sa production.
2» CÉPHALHYDROCÈLE TRAUMATIQUE
Quelque temps après un traumatisme du crâne (fractures avec dépressions, fêlures, fissures, disjonctions des sutures), on peut voir se développer chez l'enfant (3) une tumeur particulière siégeant sous le cuir chevelu, et renfermant du liquide céphalo-rachidien : c'est la céphalhydrocèle traumatique.
(') Le développement de l'os frontal explique la possibilité de ces disjonctions. La suture médio-frontale est constituée vers l'âge de trois ans et demi, mais elle est alors relativement peu solide, et elle ne s'organise, au point de vue de la résistance, que plus tard. L'enfant qui fait le sujet de l'observation, était âgé de trois ans et demi, et se trouvait dans les conditions les plus favorables à la production de cet accident.
(2; La céphalbydrocèle est exceptionnelle chez l'adulte (4 fois sur 41 observations).
LÉSIONS TRAUMATIQUES DU CRANE CHEZ L'ENFANT. i
Rappeler, dans sa dissertation (service de Krônlein à Zurich) Vivier(' dans une thèse (Paris, 1883), Nicoladoni(»), Smith (*), Conner(*), Kraus sold (•■), Tuffier (6), Burton (7), Bayer (1891), Christern (1892) Smith (1899 Paget (1894), Isnardi (1894), de Quervain (1895), en ont réuni un certai nombre d observations.
Anatomie et physiologie pathologique. — Il résulte des constatations anatomiques faites par Rappeler et Vivier qu'il existe une double solution de continuité .le la voûte crânienne, de ht dure-mère et de l'arachnoïde (adhérentes ;i la lacune osseuse), à travers lesquelles s'établit constamment une communication, entre la tumeur sous-cutanée et le cerveau (ventricules, espaces vides pathologiques de la masse cérébrale, Vivier) : le contenu est du liquide céphalorachidien.
La lacune osseuse siège sur le frontal, le pariétal, l'occipital; il est importait de rappeler que, dans les fractures chez reniant, la solution de continuité quelle qu'elle soif, tend à s'agrandir, sous l'influence du développement du cerveau (Lannelongue, Bergmann), ou du ramollissement rachitique du crâne (Bergmann, Kœnig). Pour R. G. Lucas il ne s agit pas d'une nécrose de l'os, comme l'admet Burton, mais d'une résorption, comparable à la résorption du tissu osseux qui a lieu dans le voisinage d'un anévrysme.
Toutes ces conditions expliquent les particularités cliniques de ces tumeurs.
Symptômes. — Quelque temps après un traumatisme grave du crâne, on voit se former une tumeur aplatie, fluctuante: pulsatile, à évolution progressive et augmentant de volume pendant l'expiration. La réduction est le plus souvent possible et s'accompagne non de symptômes cérébraux, mais le plus souvenl de malaises. Dans tous les cas où l'on a fait l'examen du liquide, il s'agissait • lu liquide céphalo-rachidien, ou d'un liquide s'en rapprochant beaucoup par ses caractères chimiques.
Traitement. — Contre les cêphalhydrocèles peu volumineuses, la compression suffit pour maintenir la tumeur réduite : si la tumeur menace de se rompre, ou a acquis un volume gênant, la ponction antiseptique remédie temporairemenl aux accidents, mais le liquide se reproduit.
« Amonavis, dit Kœnig, du moment qu'on veut intervenir par une opération, celle-ci devrait avoir pour but de fermer la solution de continuité du eràne, soit en relevant l'os déprimé, soit en décollant le périoste, et en l'attirant audessus de l'orifice pour le réunir par des fils de catgul (8). »
Les injections iodées, les sétons doivent être proscrits.
(') Vivier, Essai sur les tumeurs de la voûte du mine, constituées par du liquide céphalorachidien consécutivement au traumatisme, ou de la céphalhydrocèle traumatique. Thèse de
Pâl'IS, 188. >.
(j) NicoLADOM, Meningocele falsa. Wiener med. Presse, p. il, 18N.">. (s) Smith, Traumalic céphalhydrocèle. Saint-Bartholom. hosp. rep., t. XX, p. 255 'umeU884ER' ' oeP^hydrocele with a report of two rases. Amer.' Journal of med. se,
(5) Kraussold, Ueber eine durch einen Fall erworbene Cephalocele. Arch. fur klin Chir \. XX, p. 8'>8, 1877.
(6) Tuffier, Méningocèle traumatique rhez un paralytique général. Proarès méd iv S 188 i
(7) Burton, Laueet, 10 janv. 1891.
(s) Celle opération admise théoriquement ne semble pas avoir éié encore pratiquée.
TRAITÉ DE CHIRURGIE. '2° édit. — III. 07
[GÉRARD- MARCHANT
FRACTURES DU CRANE PAR COUP DE FEU
FRACTURES DU CRANE PAR COUP DE FEU
L FRACTURES DE LA VOUTE PAR COUP DE FEU