FRACTURES DE LA TABLE INTERNE
Les balles peuvent produire sur le crâne des effets très variés; parmi les plus singuliers s'observent les fractures isolées de la table interne.
Un projectile venant frapper tangentiellement l'ovoïde crânien, ou une balle morte venant s'arrêter sur un os épais, résistant, à diploé solide, peut causer une fracture de la table interne sans que la table externe soit lésée d'une façon apparente (2). Barnes et Otis ont réuni 20 cas de cette variété de fracture, dans laquelle la table interne brisée forme une saillie pyramidale ou prismatique du côté du cerveau, elle se présente aussi sous la forme de fissures en forme d'étoile, d'il, d'L, de T, etc. (Delorme). Parmi les faits recueillis par von Bergmann, plus de 50 fois la table externe ne présentait aucune trace de lésion.
C'est là un fait qui n'était pas ignoré des anciens observateurs : pour l'expliquer, ils invoquaient la fragilité plus grande de la lame vitrée ou interne qui se
brisait lorsque Yexterne, plus résistante, ne se laissait pas entamer par le traumatisme; ils pensaient aussi que le rayon de courbure de la table interne était moindre que celui de l'externe.
Teevan a remplacé ces hypothèses par une loi physique : la fracture
COMMENCE TOUJOURS SUR LA PARTIE OUI SUBIT L'EXTENSION ET NON SUR CELLE QUI SUBIT LA COMPRESSION, et
l'on donne comme exemple de cette proposition que lorsqu'on l'ail un effort pour ployer un bâton de bois vert en arc, on voit la première fissure se manifester au sommet de la convexité (Chauvel et Nimier).
Le diagnostic de la fracture isolée de la table interne est toujours difficile : la violence du traumatisme, sa localisation en un point de la table externe, la dépression peu étendue, mais profonde de cette table externe, seraient, d'après Bergles indices d'une fracture étendue et comminutive de la table interne. Sédillot avait pensé trouver des éléments de diagnostic dans les deux signes
Fig. 190. — Fracture de la table interne du frontal. A. saillie anguleuse des deux fragments.
mann,
m La fracture de la table externe seule, sans déplacement, est très rare (Delorme). La fracture de la table externe seule s'observe quand le projectile a frappé l'os très tangentiellement : elle affecle la forme de fêlures ou de fissures droites.
(2) Nous ne rangeons pas dans cette étude les cas de fractures de la table interne qui s a ■ compagne» t d'une fracture de la table externe; il s'agit alors de fractures des deux tables avec prédominance des lésions, sur la table interne.
FRACTURES DE LA VOUTE PAR COUP DE FEU
suivants : à la percussion du foyer de la fracture, une différence de sonorité et a 1 auscultation. 1,- h.uil des frottements rythmiques de la dure-mère sur Ici esquilles proéminentes.
Le seul symptôme valable de ces fractures est tiré de l'action des esquilles sur les méninges et le cerveau : lorsque chez un blessé avant reçu un cou.» de eu tangentiel sur le crâne, on observe après quelques jours, des phénomènes bien localises de compression ou de contusion cérébrale, on peut admettre une lésion limitée du crâne et, comme il n'existe pas de signe de fracture de la table externe, on est conduit à soupçonner qu'il s'agit d'une fracture de In table interne. Trop souvent la méningo-encéphalite éclate avant qu'on ait pu porter un diagnostic, ou instituer un traitement.
Traitement. - Puisque le danger de ces lésions (<) réside dans l'action des esquilles sur les méninges et le cerveau, il faut intervenir au moindre signal ■ ce qui signifie que toute contusion, ou toute plaie contuse du crâne par arme à feu, doit être surveillée et que lorsqu'une douleur localisée, de b, fièvre de 1 agitation surviennent, il faut trépaner à l'endroit du traumatisme ■ 1,. doute n est pas permis lorsqu'il existe une dépression bien nette de l'os et dans ce cas-là Sédillot, J. Bœckel, Lucas-Championnière, etc., ont posé en principe qu'il faut trépaner et enlever les esquilles de la table interne et prévenir ainsi les accidents ultérieurs.
Enfin cette thérapeutique s'impose lorsqu'il existe des accidents de contracture ou des symptômes de paralysie corticale.