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TROUBLES DE L'INTELLIGENCE

Il fut un temps où les coups, les blessures graves à la tète, pouvaient développer des aptitudes nouvelles, changer en facultés supérieures des facultés qui, jusque-là, étaient restées au-dessous de la moyenne : ce temps-là n'est plus, et quand nous observons des traumatismes du crâne, « ils ne produisent plus ni mathématiciens (Mabillon?), ni musiciens (Grétry), ni facultés hors ligne, mais souvent, au contraire, des imbéciles, des idiots, des épileptiques, des déments, des aliénés » (Christian (')) !

Les troubles intellectuels peuvent varier, du simple vertige ou de l'étourdissement, jusqu'à la perte de connaissance complète. Mais le blessé recouvre, en général, plus ou moins rapidement, l'intégrité de ses facultés. Un symptôme qui persiste souvent pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, c'est Y amnésie traumatique.

La perte de la mémoire se borne d'ordinaire aux faits contemporains, mais elle peut s'étendre à tout ce qui s'est passé antérieurement à l'accident, c'est Y amnésie rétrograde : Calmeil, Kaemfen, Motet, Maudsley, Mosso, ont cité des exemples de ces variétés d'amnésie.

A cette amnésie se joint souvent un étal d'automatisme inconscient, pendant lequel le blessé continue à agir, à accomplir des actes, souvent très compliqués, à terminer ce qu'il avait projeté avant l'accident, tout cela dans une sorte de demi-stupeur, et sans qu'il reste aucun souvenir des actes ainsi accomplis (Christian) (2).

Parmi les observations curieuses de cet automatisme inconscient dont Vibert, Motet, Christian, ont rapporté des cas probants, nous citerons le fait suivant :

Rouillard a raconté, à la Société médico-psychologique, la curieuse histoire d'une sage-femme, qui, appelée la nuit pour faire un accouchement, tombe dans son escalier, se fait une forte contusion à la tête, et perd connaissance pendant près d'un quart d'heure ; puis elle se remet, va chez sa cliente, fait l'accouchement (au bout de deux heures), emmaillote l'enfant, pratique la délivrance, etc., etc., tout cela avec la dextérité d'une vieille praticienne, et cependant elle n'avait aucune conscience de ce qu'elle faisait : elle agissait automatiquement, et elle n'avait ni le souvenir de sa chute, ni celui des événements qui l'avaient suivie (Christian, loc. cit., p. 16).

Tous ces troubles intellectuels, qu'on pourrait, avec Christian, appeler primaires, sont de courte durée : ils disparaissent sans laisser de traces apparentes (:>).

La folie traumatique existe-t-elle? Bayle, Calmeil, Morel, avaient attiré l'attention sur les rapports entre le traumatisme et l'aliénation mentale, mais c'est de nos jours surtout que cette relation a été établie. Pour Griesinger, toutes les jjlaies de la tête, graves, ont une influence sur le développement de la folie.

(1) Christian, Archives de neurologie, n0' 52 et 53, 1889.

(2) Ce somnambulisme traumatique, qui peut durer plusieurs heures et plusieurs jours, doit être bien connu des médecins légistes. -

(3) La frayeur, Vémotion morale ne jouent aucun rôle dans ces accidents, car le blessé, frappé à l'improviste, perd connaissance, sans voir et prévoir le danger.

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