LUXATION SIMULTANÉE DES DEUX EXTRÉMITÉS DE LA CLAVICULE
On compte aujourd'hui lll cas de celte luxation (Stimson). Elle esl quelquefois consécutive à un choc violent supporté par la partie postérieure et externe du moignon de l'épaule. Plus souvent le blessé est serré violemment suivant son diamètre bi-acromial; il y a une pression violente d'une épaule à l'autre.
Le cas de Hayne ('), dans lequel la luxation aurait succédé' à la seule contraction musculaire, esl tout à fait exceptionnel ; elle se serait produite chez une jeune fille pendant qu'elle se lavait le dos et le cou.
On ne sait si le déplacement des deux extrémités de la clavicule se fait au même moment. Polaillon admet que l'extrémité externe se luxe d'abord, puis, la violence extérieure continuant à agir, déplace ensuite l'extrémité interne.
Au-devant de la fourchette sternale on trouve une saillie formée par la tête claviculaire déplacée. La palpation permel de reconnaître derrière elle la fossette articulaire sternale vide: l'extrémité externe fait saillie au-dessus de l'acromion. « La clavicule semble affecter une direction antéro-postérieure perpendiculaire à celle qui lui est naturelle. » En arrière de son extrémité externe, la portion du trapèze qui s'y attache, refoulée en dedans el relâchée, forme une tumeur mollasse, grosse comme une moitié d'orange.
La réduction se fait en portant l'épaule en arrière et en dehors, et en repoussant vers sa cavité articulaire l'extrémité interne de la clavicule. Maison n'a pas toujours pu réduire les deux luxations cl le déplacement externe a persisté plusieurs fois, quelles que fussent les manœuvres employées. (Morel-Lavallée, Lund, Newmann.)
(') Hayne, British med. Jour, ml, IS7'2. I. I. p. 99.
TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2" édit. — III.
[Ctf NÊLATON .]
LUXATIONS
LUXATIONS DE L'ÉPAULE
Outre les classiques et les traités spéciaux de Malgaigne, Bardenheuer, Stimson, nous citerons : Panas, art. Épaule du Dict. de méd. et de chir. pral., t. XIII. — Ceppi, Revue de chir., 1882, p. 827, et Thèse de Paris, 1878. — Farabeuf, Bull, de la Soc. de chir., 1885, p. 391. — Kocher, Deutsche Zeit. fiir Chir., t. XXX, 1890, et Berl. klin. Woch., 1870, n° 9. — Hennequin, Revue de chir., 1890. — Broca et Hartmann, Bull, de ta Soc. anal., 1890.
De toutes les luxations, celles de l'épaule sont les plus fréquentes; les relevés statistiques de Malgaigne, de Gurtl, de Bardenheuer, de Krônlein, réunis dans les tableaux publiés par Stimson, montrent que ces luxations entrent pour une
proportion de 46 à 60 pour 100 dans le nombre total des luxations.
Beaucoup plus fréquentes chez l'homme que chez la femme, 184 luxations chez l'homme pour 25 chez la femme (Krônlein), 570 chez l'homme pour 07 chez la femme (Malgaigne) , elles sont aussi beaucoup plus communes à l'âge moyen de la vie que clans l'enfance ou la vieillesse.
Stimson fait remarquer avec Krônlein que si les luxations de l'épaule sont rares pendant les vingt premières années au point cpie sur un relevé de 207 cas il n'a pas trouvé
une seule luxation au-dessous de dix ans, et qu'il n'en a rencontré que deux au-dessous de vingt ans, c'est que la violence extérieure donne lieu chez l'enfant soit à la luxation du coude, soit à la fracture de la clavicule, soit à la disjonction épiphysaire de l'humérus (Kùstner).
Bien qu'elles soient exceptionnelles, on a cité bon nombre de cas de luxations doubles de l'épaule (').
(') Cas de luxations doubles des épaules :. Allen, La/met, 10 août 1890. — Yeoman, Lancct,
Fig. 10. — L'intérieur de l'articulation scapulo-humérale gauche vu d'arrière en avant, après fenestration de la moilié postérieure de la capsule et résection de la lête articulaire.
O, fosse sous-épineuse de l'omoplate. — E, épine de l'os (l'acromion a élé scié). — C, coracoïde. — G, cavité glénoïde. — H, surface de section du col anatomique de l'humérus. — B, tendon hicipital inlra-articulaire. — B', le même en dehors de l'articulation. — S, bord supérieur inlra-articulaire du tendon sous-scapulaire. — S', bord inférieur du même muscle visible dans l'angle scapulo-huméral. — 1, ligament eoraco-huméral. — ï, ligament sus-gléno-sus-huméral. — 5, ligament sus-gléno-préhuméral. — -4, ligament prégléno-sous-huméral. — Entre 2 et 5, boutonnière de pénétration du tendon sous-scapulaire. — Entre 2 et i, portion mince de la capsule. (Farabeuf.)
LUXATIONS DE L'ÉPAULE
Étiologie. — Nous ne saurions énumérer les tràumatismes divers qui ont produit des luxations de l'épaule. Qu'il nous suffise de savoir que la luxation peut être occasionnée
par une violence éxté- Cotoeo-Aumezu/
rieure agissant direc- --^T-^)
tement sur le moignon /~V / ^^\S^S/
de l'épaule, coups, J.J)^£^37^^iL^^^P^^^^
pie; mais presque tou- ^^>^^y;^^Miwf jours les luxations pro- ~y/?yW/w/ ^c -&°^ccâ
duites par la contrac-
Je ne rappellerai pas
l'anatomie de l'articulation de l'épaule. Les deux planches que j'emprunte à Farabeuf valent mieux qu'une description et permettront de me suivre dans l'étude des déchirures capsulaires.
Classification. — On a proposé un très grand nombre de classifications des luxations de l'épaule. Je ne ferai qu'énumérer les noms de leurs auteurs : J.-L. Petit, Malgaigne, Sédillot, Velpeau, Pétrequin, Goyrand, Nélaton, etc. Je signalerai aussi, pour la rejeter, la classification d'A. Cooper, admise encore par Hamilton. Elle conduit à réunir certains groupes de luxations manifestement distincts, telles que les luxations en bas et celles en avant. Depuis longtemps nos auteurs français ont, évité de commettre cette erreur qu'on retrouve dans la plupart des auteurs anglais.
Nous suivrons la division déjà ancienne adoptée par nos classiques : Follin, et Duplay, Panas, Bouilly, et nous décrirons quatre familles de luxations scapulo-humérales.
31 oct. 1891. — Szezypiorski, Gai. des /idp., juillet 1892. — IIanno. Nors klin. Mag., oc t. 1893,
— Sullivan, Bril. med. Journal, 28 oct. 1893. — Powehs, New-York med. Journal, 2 juin 1894.
— Oldacres, Drilish med. Journal, 9 nov. 1893. — IIaslip, Lancet, 29 août 1890. — Stuaist. llrilish med. Journal, JS juin 1890.