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LA SIMULATION DE LA SURDITÉ

Il est fréquent de voir dans les conseils de revision, les hôpitaux militaires, ou les cliniques, des individus bien portants, forts, bien développés, qui prétendent ne pas entendre d'une ou des deux oreilles. Souvent il serait facile de démasquer les simulateurs; mais pour arriver à ce résultat il serait nécessaire d'avoir des connaissances otologiques suffisantes ; et malheureusement ces études spéciales sont dédaignées. Si bien qu'il arrive, dans un conseil de réforme par exemple, que le sujet prétendu sain est réformé non pas tant à cause du résultat fourni par l'examen des oreilles fait par des médecins insuffisamment instruits sur ce point, mais à cause du rapport des gendarmes de la localité qui ont appris par leur enquête que tel individu entendait mal !

« Il n'est pas étonnant que les médecins militaires dépourvus des instruments nécessaires pendant la revision des conscrits, restent au-dessous de leur tâche et déclarent aptes au service militaire des individus qui ont une destruction du tympan, une otite moyenne sclérémateuse, etc., et, par contre, en exemptent d'autres qui entendent très bien » (Miot et Baratoux).

Rien n'est plus instructif que la lecture de la note ministérielle relative aux maladies des oreilles dans les conseils de revision : un individu est ajourné quand il est porteur d'une myringite aiguë ; il est soldat avec une myringite chronique; un polype de l'oreille donne droit à l'exemption, à la réforme ou à la retraite! Le polype de l'oreille mis sur la même ligne qu'une tuberculose à la troisième période !

En présence d'un individu prétendant ne pas entendre, le médecin commencera par rechercher l'état des oreilles; s'il trouve des lésions capables d'expliquer la surdité, il sera inutile de pousser plus loin les recherches.

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MALADIES DE L'APPAREIL AUDITIF

Si l'examen des oreilles ne permet de voir aucune lésion grave, le médecin cherchera à déjouer la simulation et emploiera les moyens suivants (') :

Avec le diapason les ondes sonores sont généralement perçues plus fortement du côté affecté, dans une affection du conduit ou de la caisse; le simulateur dira le contraire.

Après avoir fermé l'oreille saine, on applique le diapason sur le vertex : le simulateur dit ne rien entendre, alors qu'il doit percevoir parfaitement de l'oreille saine les vibrations.

A l'aide de tubes bi-auriculaires on arrive également à des résultats importants.

Enfin le médecin devra avoir recours à des ruses et agir avec d'autant plus de finesse que le sujet a plus d'intelligence. Ce sont souvent les moyens les plus simples qui réussissent le mieux : on crie par exemple, à un conscrit qui a réussi à se faire passer pour sourd, au moment où il franchit une porte, de la fermer ; l'individu surpris se retourne et ferme la porte.

Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de ces examens parfois délicats, et nous renvoyons le lecteur aux traités spéciaux.

MALADIES DU PAVILLON DE L'OREILLE

ARTICLE PREMIER

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