L« PLAIES — FRACTURES
U est rare qu'un corps vulnérant agissant sur la région de l'oreille ou pénétrant dans le conduit auditif externe borne là son action et ne produise pas des lésions complexes, qui s'étendent souvent jusqu'à la base du crâne. Quelquefois, cependant, l'introduction maladroite du spéculum, ou d'instruments divers destinés à l'extraction des corps étrangers, détermine sur la peau du conduit auditif des solutions de continuité qui peuvent donner lieu à un écoulement de sang et devenir l'origine d'une otite externe. Les blessures du conduit par armes à feu sont intéressantes à étudier; on trouvera des recherches complètes dans le travail de Binaud (').
(') Corradi, Annales des maladies des oreilles, avril 1895.
(2) Betz, Schmidt's Jahrbùcher, 1864, t. CXXI, p. 344.
(3) Stetter. Traitement opératoire des malformations congénitales du pavillon. Arehiv fur Ohr., 1895. — Rohrer, Nouveaux types d'anomalies de conformation du pavillon de l'oreille. Réunion des naturalistes allemands à Vienne, sept. 1894. — Variot, Mal formation congénitale du pavillon de l'oreille et de l'oreille externe chez des enfants. Journal de clinique infantile,. 10 mai 1894. — Gradenigo, Malformations du pavillon de l'oreille. Arehiv fur Ohr., Bd. XXXIV, — Vali, Recherches sur les malformations morphologiques du pavillon chez les criminels. Arehiv fiir Ohr., Bd. XXXIV.
(4) Binaud, Arch. gén. de méd., avril et mai 1893. — Avoledo, Blessures de l'oreille par armes à feu. Morgagni, nM 10 et 11, 1893.
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MALADIES DE L'APPAREIL AUDITIF
Si l'on veut bien se rappeler les rapports intimes qui existent entre le conduit auditif osseux et le condyle du maxillaire inférieur, on comprendra qu'une violence extérieure agissant de bas en haut sur ce dernier os, comme dans une chute sur le menton, puisse déterminer une fracture de la paroi antérieure du conduit auditif.
L'amincissement considérable de cette paroi, qu'il n'est pas très rare d'observer, et qui peut être porté au point qu'elle devienne transparente, constitue une prédisposition à ce genre de lésion dont Morvan ('), Voltolini (2), Sonrier (3), ont rapporté quelques exemples. Dans deux de ces cas, l'autopsie permit de constater que la fracture de la cavité glénoïde se propageait sous forme de fissure à la base du crâne.
La fracture simple du conduit auditif osseux semble avoir été généralement méconnue ou confondue avec la fracture du rocher. On observe en effet, dans l'un et l'autre cas, une hémorragie par l'oreille, et des symptômes de commotion cérébrale. Cependant, il me paraît souvent possible d'établir le diagnostic par l'examen attentif des signes locaux.
La douleur limitée à la partie antérieure du conduit auditif, en avant du tragus, douleur qui augmente considérablement par la pression et par les mouvements de la mâchoire; l'existence d'une déchirure de la peau au niveau de la paroi antérieure du canal, ou, comme dans un cas observé par Sonrier, l'apparition d'une tumeur en ce point, l'intégrité de la membrane du tympan; enfin, la conservation de l'ouïe, sont des signes qui appartiennent en propre à la fracture du conduit auditif osseux et qui peuvent servir à la faire reconnaître. Toutefois, comme il n'est pas impossible que cette lésion soit compliquée d'une fissure étendue à la base du crâne, il sera prudent, dans le cas où la violence aura été très considérable et où les phénomènes cérébraux seront très marqués, de réserver le pronostic et de se comporter comme si l'on avait affaire à une fracture de la base du crâne.