LUXATIONS EN DEDANS
d'être fixé sur son degré de rareté. Pingaud n'avait pu en réunir que 9 ras, tandis que Hahn (') et Sprengel (2) en comptent chacun "20.
Les causes de cette luxation sont encore des chutes sur le coude ou sur la main étendue. Le mécanisme reste obscur. Pour Denucé, on obtient sur le cadavre le déplacement en dedans en rompant les ligaments internes, par la flexion forcée latérale externe, suivie d'une forte impulsion de dehors en dedans dès que les ligaments ont cédé.
Pour Pingaud, dont l'opinion est a peu près celle de Hanekroth et de Malgaigne, la luxation en dedans serait consécutive à une luxation postérieure ei il faudrait d'abord luxer l'avant-bras en arrière pour lui imprimer un mouvement de torsion en dedans et amener le cubitus sous l'épitrochlée.
Nous décrirons la position des os déplacés d'après la pièce de Jollivet (s), qui peut être considérée comme le type de cette luxation. La cavité sigmoïdc du cubitus placée en dedans de la trochlée encadre l'épitrochlée ; la partie antérieure et interne de la tète du radius s'appuie sur la moitié articulaire externe de la trochlée. Le bord interne de cette dernière pénètre comme un coin entre le cubitus et le radius en dilacérant y^i par conséquent le ligament annulaire (fig. 45).
Cette déchirure du liga- - à / ment annulaire explique
E.DALE1NE 1«1 Fig. 45. — Lux;
on du coude en dedans.
A, épitrochlce encadrée par le crochet cubital. — B, ligament annulaire refoulé par le bord interne d< trochlée qui s'enfonce entre le radius et le cubitus. (Pièce de .Jollivet, Musée Dupuytren.)
comment la fêle du radius peut quelquefois faire saillie en dessous et en arrière de la trochlée pendant que la cavité sigmoïde encadre l'épitrochlée. Lorsque le ligament annulaire n'est pas déchiré et que le crochet cubital encadre l'épitrochlée, la tète du radius vient se placer forcément en avant du bord externe de la trochée. Alors, le coude étant demi-fléchi, la tète du radius fait saillie en avant, au pli du coude.
Ces deux positions correspondent aux deux variétés de luxations en dedans primitivement décrites par Denucé, la variété radio-antérieure et la variété radiopostérieure. Bien que cette dernière ne soit pas admise par Pingaud, la pièce de Jollivet nous parait la rendre incontestable.
Le coude est légèrement fléchi ; l'avant-bras, en pronation ou
Symptômes.
(') Hahn, Schmidt's Jahrbuch, t. CXIX, p. 74, cl- t. GXX,
(*) Sprengel, Lor. rit., p. 129.
(3) Jollivet, Bull, de lu Sur. unut., 1865, p. 1«.
xs.
[CH NÉLATON
LUXATIONS DU COUDE
sentir la saillie
sigmoïde faisant
en supination . est transporté en dedans. Il est impossible de de l'épit rochlée.
Par la palpation on peut reconnaître facilement la cavité relief en dedans et soulevant les muscles épitroch.léens, de telle façon que l'épit rochlée est masquée.
L epicondyle, facilement accessible, forme relief en dehors. Au-dessous du
condyle est une dépression laissée par le déplacement du radius en dedans. Le diamètre transversal du coude est à peine augmenté. Enfin, il n'y a à la face postérieure du coude aucune déformation rappelant celle de la luxation en arrière; les faces postérieures du bras et de l'avantbras se rencontrent à angle droit. (Comparez les deux figures 46.)
Traitement. — Dans les cas récents, on a obtenu facilement la réduction, grâce à des tractions exercées sur le bras étendu, en même temps le chirurgien repoussait les os de l'avant-bras de dedans en dehors.
Théoriquement, on a conseillé d'exercer des tractions sur l'avant-bras et en même temps de lui imprimer un mouvement d'inflexion latérale. Théoriquement encore, Pingaud engage à transformer d'abord la luxation en dedans en une luxation en dedans et en arrière et à réduire ensuite cette dernière. Desprès ('), qui dernièrement encore a essayé de suivre cette méthode, a complètement échoué.
Du reste, il est rare, d'après Sprengel, d'obtenir un résultat lorsque la luxation a eu quelque durée. Sur 4 cas, une seule fois la réduction aurait été obtenue après huit semaines.
Fig. 46. — La figure supérieure représente la luxation en arrière et en dedans; la figure inférieure, la luxation en dedans.