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LUXATIONS DIVERGENTES

Bclley, Gaz. méd., 1841, p. 06G, <•! Thèse de Pourquier. Paris, 1890. — Michaux, rapporté par Debruyn dans les Ann. de chir. franc, i-i étrang., 1843, t. IX, p. 52. — Mayer, Gaz. des hûpit., 1848, ]>. 252. — Pitha und BillrolKs Chirurgie, t. IV. Abth. n B, p. 78. — Chevalier, Arch. méd. belges, oct. 1870; rapporté par Bardeleben, Chirurgie, t. II. p. 759. — Gripat, liuli. de lu Soc. anat., 1872, p. 17(i. — Arnozan, Bordeaux méd., 1X7~>. p. 402. — Tillaux, Gaz. tir* hôpit., 1X77. p. 786. — Minich, /.<> Sperimenlale, 1888, rapporté par Ptfinsot. — Mason, New- York med. Record, I SXS, t. XVII, p. "!>7. — Scott. British med. and chir. Journal, mars lssti. p. 36. — Porquier, Thèse île Paris. 1890. (Stimson.) — Vanheuversnun, Journal des sciences méd. de Lille, 1892, p. 241-289.

Caractérisées par le déplacement de chacun des deux os de l'avant-bras dans un sens différent, les luxations divergentes ont été pour la première fois décrites par Michaux et Debruyn en 1843. Un bon nombre d'observations mettent aujourd'hui hors de doute la réalité de ces luxations. Stimson a pu en réunir 11 cas, auxquels on peut ajouter celui de Auffret, présenté en 188<S à la Société de chirurgie.

On distingue deux variétés de luxations divergentes :

1° Luxation dans le sens ântéro-postérieur, cubitus en arrière, radius en avant :

2° Luxation transverse, cubitus en dedans, radius en dehors.

Luxations antévo-posté neuves, cubitus en arrière, radius eu avant. — Ses causes sont variées, mais presque toutes réalisent les deux conditions suivantes : 1res grande violence; force appliquée sur le coude écarté du tronc.

C'est une personne qui tombe d'une très grande hauteur (Michaux, Pitha), •d'un train en marche (Bulley). Un enfant est précipité en bas d'une charrette (Arnozan). Enfin, dans un cas rapporté par Tillaux, il s'agit d'une domestique qui, en frottant une allumette sur la muraille, avait violemment heurté du coude un meuble placé derrière elle/; elle avait perdu connaissance et était tombée sur le coude écarté du tronc.

Anatomie pathologique. — Les deux dissections de celle luxation, faites par Pitha et Gripat, ont établi que tous les ligaments sont déchirés, que la coronoïde est fracturée et que l'extrémité inférieure de l'humérus s'engage comme un coin entre les deux os de l'avant-bras qu'elle sépare. Ceux-ci remonlent d'ailleurs plus ou moins haut, radius en avant, cubitus en arrière.

Le mécanisme de ce déplacement a été expliqué de la façon suivante par Denucé : « Je suppose un mouvement de torsion extrême imprimé à l'avant-bras dans le sens de la pronation, qui non seulement produise la pronalion forcée,

[CH. NÉLATON

LUXATIONS DU COUDE

mais la rotation du cubitus sur son axe. Premier effet correspondant à la pronation forcée, rupture des ligaments externe et annulaire, tendance du radius à passer en avant. Second effet correspondant à la rotation du cubitus, dégagement de l'apophyse coronoïde et tendance à la luxation du cubitus en arrière. Dans ce mouvement, l'extrémité inférieure de l'humérus est comme de champ placée entre le cubitus qui se luxe en arrière et le radius qui se luxe en avant, le ligament annulaire est rompu; l'humérus, par sa vitesse acquise ou par le poids du

corps, s'enfonce entre les deux os. Il suffit, comme on le voit, d'une chute sur la main dans la pronation forcée pour produire cette luxation. »

C'est là un des mécanismes qui conduisent à la luxation divergente, mais ce n'est probablement pas le seul.

Les symptômes sont les suivants : la déformation et le gonflement sont considérables; l'avant-bras, légèrement fléchi, est dans la pronation ou dans la supination (Arnozan). Les mouvements communiqués de flexion et d'extension sont possibles, mais bornés et douloureux, les mouvements de latéralité sont très étendus. Le membre est raccourci, le diamètre antéropostérieur du coude augmenté, le radius fait saillie en avant, au-devant de l'épicondyle, le cubitus en arrière, fil La réduction de la luxation paraît avoir été simple,

Fig. 53. — Luxation simul- lorsque les tentatives ont été faites immédiatement tanée du cubitus en arrière après l'accident. Les manœuvres diffèrent à peine de

cl du radius en avant. 1 r

celles de la réduction d'une luxation en arrière. Mais très vite les difficultés de réduction deviennent considérables : Tillaux ne put réduire au bout de huit jours, Mayer au bout de quatorze.

La seconde variété de luxations divergentes est la luxation transverse; elle est représentée par le seul fait de Guersant-Warmont(').

Il s'agit d'un garçon de quinze ans, qui tomba d'un arbre haut de 4 mètres sur la paume de la main gauche. La tête du radius formait une saillie considérable en dehors et au-dessus de l'épicondyle. Le déplacement en dehors était si prononcé qu'un intervalle semblait exister entre cette tête et l'épicondyle. Le crochet cubital, déplacé en dedans, encadrait l'épitrochlée. Entre l'olécrâne et le radius se trouvait l'extrémité inférieure de l'humérus.

LUXATIONS ANCIENNES

Anatomie pathologique. — Le déplacement des surfaces articulaires est suivi :

1° De la formation de cavités de réception nouvelles pour les extrémités osseuses déplacées;

2° De la production de saillies exubérantes qui circonscrivent ces cavités;

5° De la déformation et de l'oblitération par du tissu fibreux des surfaces articulaires normales.

Dans la luxation du coude en arrière, l'apophyse coronoïde se creuse une

(') Revue médico-chirurgicale, t. XVI, p. 303.

LUXATIONS ANCIENNES

rainure profonde sur la partie postérieure de la poulie numérale, la tête du radius une excavation sur la partie postérieure du condyle (pièces de Gely et de Cooper).

En même temps l'extrémité supérieure du cubitus se déforme au contact de l'extrémité inférieure de l'humérus; une cavité sigmoïde nouvelle se crée audevant de l'ancienne qui se rétrécit. Cette cavité nouvelle est limitée en arrière par l'apophyse coronoïde repoussée vers l'olécrâne, en avant par l'ossification du tendon du brachial antérieur dont les insertions ont été plus ou moins arrachées (fig. 54).

Lorsque la luxation permet aux mouvements de continuer dans une certaine mesure, les surfaces anormalement

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