LUXATIONS LATÉRALES
Les luxations latérales sont externes ou internes, les premières moins rares que les secondes, sont complètes ou incomplètes.
Luxations en dehors. — Malgré une observation, d'ailleurs contestée, rapportée par Malgaigne, l'existence des luxations complètes en debors était restée douteuse, lorsque Pitha (2) et Hughes (3), publièrent trois faits montrant la possibilité d'un déplacement très étendu du tibia en dehors.
Dans les trois cas., la surface tibiale articulaire était tout entière ou presque tout entière portée en dehors des condyles fémoraux. Les cavités glénoïdes se dessinaient sous la peau distendue ou rompue. Un angle rentrant, véritable coup de hache, existait au-dessus du tibia porté en dehors, tandis qu'en dedans les condyles fémoraux formaient une énorme saillie. La rotule déplacée en dehors avait son axe presque transversal.
Dans un des cas de Pitha, la surface articulaire du tibia débordant le fémur en dehors avait une largeur de quatre travers de doigt et dans le second cette surface était assez large pour « qu'un goblet de dimension ordinaire pût être posé sur elle ».
La luxation incomplète a été beaucoup plus souvent observée.
Causes. — La luxation peut succéder à un choc direct portant le fémur en dedans ou le tibia en dehors, mais elle est habituellement produite par une cause indirecte, qui incline la jambe en dedans et produit un diastasis externe de l'articulation du genou, bientôt suivi de la propulsion du tibia en dehors.
Les lésions qui accompagnent ce déplacement, sont celles indiquées par Malgaigne, d'après les dissections de Hargrave et de Bonn. Dans le cas de Hargrave, on trouve une rupture des ligaments interne et externe, une déchirure du ligament croisé postérieur, l'antérieur demeurant intact. La dissection de Bonn, avait porté sur une luxation ancienne et ne donne aucun renseignement utile. La luxation peut se compliquer d'arrachement du condyle interne du fémur (*), de rupture de l'artère poplitée et de déchirures des téguments (5).
Symptômes. — Ils sont plus ou moins accusés suivant le degré du déplacement, mais le transport du tibia en dehors n'est jamais assez prononcé pour
(') Spence, Lancet, 1876, t. II, p. 534.
(-) Pitha et Billroth, Chirurgie, t. IV, Bd. h, p. 258.
(3) Hughes, Lancet, 1880, t. II, p. 974.
('*) Wells, Amer. Journal of med. sciences, 1832, t. X, p. 25. (s) Notta, in Hamihon, p. 1152.