LUXATIONS DES PHALANGES DES ORTEILS
est identique à celui de la luxation métacarpo-phalangienne du pouce en arrière ; le gros orteil étant porté dans l'extension forcée, les faisceaux de l'aponévrose plantaire qui aboutissent à la gaine du fléchisseur cèdent les premiers, la gaine du tendon se déchire et celui-ci se porte en dehors vers le premier espace interosseux. Bientôt l'extension forcée a raison de la résistance du ligament glénoïdien qui se rompt à ses attaches métatarsiennes, et les sésamoïdes sont libres de suivre la phalange sur le dos du métatarsien. L'orteil est alors dressé presque à angle droit sur la phalange, son sommet est légèrement incliné en dehors, il forme un Z avec le métatarsien.
La phalange et les os sésamoïdes montés en croupe derrière elle sont donc sur le dos du métatarsien, et la luxation est dite simple. Elle deviendra complexe si l'on essaye de rabattre la phalange en tirant dessus pour réduire. Dans les deux cas, le traitement sera identique à celui de la luxation du pouce (voy. Luxation du pouce).
Pronostic. — Sur ÏO cas publics et analysés par Vignal, on trouve que 20 fois seulement la réduction fut possible; les 20 autres cas non réductibles se décomposent ainsi : 2 fois l'état des blessés fut si grave que la mort en fut la conséquence, 5 fois on ne traita point la luxation : le pied resta difforme et la marche difficile; 3 fois la réduction fut obtenue par des débridements sous-cutanés; on obtint une guérison, une ankylose, une marche difficile ; 8 fois enfin on pratiqua la résection et le résultat donna 0 succès, I insuccès cl 1 cas de mort par infection purulente.
Dans des cas d'irréductibilité, on a pratiqué l'incision du ligament antérieur (Lloyd) ('), l'ablation des sésamoïdes (Choux) (-), la résection (Amal (•"•), Morestin (4), Vignol (s).
Luxation métatarso-phalangienne des quatre dernier* orteils. — Dans la plupart des observations publiées (i sur S, recueillies par Delorme), il y avait simultanément luxation des cinq orteils (Pailloux, Landouzy, Josse et Delorme).
Cooper a vu la luxation porter sur les quatre derniers orteils. Dufour el Lagrange ont constaté la luxation des deux premiers et Servier celle du cinquième. Dans tous ces faits, le déplacement des orteils s'était produit vers la face dorsale. Seul le cas de Dziewouski, relaté par Delorme. esl un exemple de luxation des orteils vers la face plantaire. L'accident avait été causé par la pression d'une barre de fer sur les orteils.
[LUXATIOPJS DES PHALANGES DES QRTEîLS
Elles sont très rares; Paulet n'a pu en relever que 11 observations, dont 9 se rapportent à la luxation de la phalange unguéale du gros orteil.
(') Lloyd, The Lancet, 1892, p. 459.
(-) Choux, Arch. de méd. milit., mai 1895.
(r>) Amat, Iliill. de la Soc. de chir., 1895, p. 122.
('•) Morestin, Loro citato.
(5) Vignol.
[CH. NÊLATON ]
PLAIES DES ARTICULATIONS
Le déplacement de la phalange unguéale du gros orteil se fait ordinairement en haut (6 cas), plus rarement en bas (2 cas) et en dedans (1 cas).
La luxation en haut donne naissance à une déformation caractéristique. L'orteil est raccourci, son épaisseur notablement augmentée. Du côté de sa face dorsale, on sent aisément la saillie formée par l'extrémité postérieure de la phalangette; du côté de la face plantaire, on sent un peu moins distinctement le relief de la trochlée phalangienne. La phalangette dressée sur la phalange forme avec elle un angle obtus ; au-dessus de cet angle existe sur la face dorsale un pli cutané profond dirigé obliquement en bas et en arrière.
La luxation en avant (cas de Rizet et de Cleaveland) est caractérisée par la déformation suivante : l'extrémité unguéale de l'orteil est portée en haut et un peu en dehors de l'orteil, et raccourcie. Du côté de la face dorsale, on sent la saillie formée par l'extrémité antérieure de la phalange et du côté de la face plantaire l'extrémité postérieure de la phalangette. Dans le seul cas de luxation on dedans (Pinel), les parties molles étaient largement déchirées du côté interne et la poulie de la phalange faisait issue par la plaie.
Il n'existe que 5 cas de luxations des phalanges des quatre derniers orteils : ce sont ceux de Broca, de Budin et de Blum.