MODE DE RÉSISTANCE DU CRANE AUX TRAUMATISEES
En considérant la différence d'épaisseur des os qui contribuent à la formation de la boîte crânienne, épaisseur qui oscille entre 7,5 et 1/2 millimètre, il est facile de s'expliquer pourquoi les fractures intéressent de préférence l'écaillé
FRACTURES DU CRANE
temporo-pariétale, les fosses occipitales; de même encore, la fréquence des fractures à la base du crâne trouve sa raison dans l'existence des trous nombreux livrant passage aux vaisseaux et aux nerfs de cette région.
Il est habituel de considérer aussi l'élasticité des parois du crâne comme une condition prédisposante des lésions : tout en faisant intervenir cette propriété physique dans le mécanisme des fractures, il est logique, ce nous semble, d'attribuer à cette élasticité un rôle protecteur; combien les solutions de continuité se montreraient plus fréquentes si par cette élasticité le crâne n'échappait à la cause vulnérante! Pour justifier cette proposition, il n'y a qu'à rappeler la rareté des fractures du crâne chez l'enfant, leur fréquence à partir de l'âge moyen, jusque dans la vieillesse.
Pour mettre en évidence l'élasticité des parois crâniennes, on a recours à l'expérimentation : tout le monde peut vérifier bien simplement cette élasticité en laissant tomber un crâne osseux, d'une certaine hauteur, sur un sol uni et résistant; le crâne rebondit plus ou moins haut, tout comme une balle élastique.
Bruns, Félizet, Baum, Messerer ont expérimentalement étudié celte propriété. En comprimant le crâne dans un élau, Bruns a pu voir un de ses diamètres se rétrécir de 1 centimètre, tandis que les autres s'allongent d'une quantité correspondante : la fracture ne se produit que lorsque la limite, le coefficient de cette élasticité protectrice est dépassé.
Les expériences de Félizet sont plus ingénieuses et tout aussi saisissantes; elles visent les effets de celte élasticité à la surface externe et à la surface interne du crâne, sur le cerveau.
Félizet noircit la surface d'un crâne, préalablement dépouillé de son aponévrose épicrânienne, puis il le laisse tomber de différentes hauteurs, sur un sol de marbre recouvert de feuilles blanches; l'empreinte des contacts se traduit alors, sous la forme d'une tache ronde ou ovale; en augmentant peu à peu la hauteur de la chute, il se produit une fissure ovale, dont le grand diamètre est perpendiculaire au grand diamètre du crâne.
Pour démontrer que toute fracture est précédée d'un aplatissement du crâne, Félizet remplace le cerveau par de la paraffine fondue, puis il laisse tomber le crâne d'une certaine hauteur; suivant la hauteur de la chute, on peut voir sur la paraffine un simple aplatissement, ou même une dépression, résultant de la mise enjeu de l'élasticité du crâne dans les points correspondants (').