CHAPITRE III
DE LA FORME , DE LA LONGUEUR ET DE LA LARGEUR QUE l’ON DOIT DONNER AU LAMBEAU.
La forme, la longueur et la largeur de l’ente animale, doivent être en rapport avec l’état de l’organe à réparer. Le lambeau sera carré, rubané, triangulaire ou représentera une pyramide à base renversée ; et ces dilférentes variétés sont exigées par la déformation elle-même.
• Le coup-d’œil du chirurgien peut seul servir de guide dans la confection du lambeau. Il ne faut pas, cependant s’en rapporter entièrement à lui; on pourrait ainsi compromettre le succès et ne pas atteindre toute la perfection possible dans la réparation. Rien ne peut remplacer les mesures exactes que l’on peut prendre sur la difformité elle-même, et c’est pour cela que le médecin doit imiter le sculpteur et le peintre, prendre des mesures sur tous les points de la région lésée, afin de donner au lambeau des dispositions conformes aux dispositions variées de la lésion. Pour arriver à ce but, on s’est servi de différentes substances , de plâtre, de papier et de cire qui se moulent avec plus ou moins d’exactitude sur la lésion. Le papier seul con-
vient lorsqu’il s’agit de prendre la forme des surfaces saignantes ou en suppuration. La cire et le plâtre peuvent être employés contre les déformations dans lesquelles il n’existe pas de plaie, ou lorsque le ravivement n’a pas encore été pratiqué. Cependant, il n’est pas toujours nécessaire d’être aussi minutieux dans les mesures à prendre , et l’on peut souvent s’en rapporter à l’œil lorsque l’on a l’habitude des opérations. Dans la méthode par déplacement, on a pour mesure les angles de la plaie même, d’où les incisions doivent partir pour la formation du lambeau. C’est ce que nous faisons tous les jours pour les réparations de la face, lorsque nous empruntons un lambeau au cou ou à la tête.