A PARIS
CHEZ BAIIaIaIÈKE,
LIBBAIHE DE l’ACADÉMIE NATIONALE DE MEDECINE, RDE DK l’École de hiédecine , n. 17.
A Iiondres, chez H. Baillière^ 219, Begent-Street.
https://archive.org/details/b21983975 0001
Mon savant Ami cl ingénieux Compatriote,
LE DOCTEUR RÂULT,
MÉDECIN DE l'hôpital DE SAINT-BRIEÜC.
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DOCTEUR BEDEL
(de lamballe).
Praticien aussi liabile que modeste.
JOBliRT (DE LAMBALLE).
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PRÉFACE
Pendant une lonj^ue suite de siècles, la restauration du nez a constitué a elle seule presque toute l’autoplastie, et lorsque celle-ci est arrivée entre les mains des chirurgiens contemporains, elle était encore bornée à un très petit nombre d’opérations. D’une part on la considérait comme une ressource thérapeutique d’un emploi rare et exceptionnel; et d’autre part on ne la pratiquait
PRÉFACE
que suivant des traditions aussi servilement transmises qu’aveuglément acceptées.
Aujourd’hui, l’autoplastie se présente sous une face nouvelle. Grâce à d’heureux et persévérants efforts , on a vu dans l’espace de peu d’années , les méthodes autoplastiques se multiplier, les procédés opératoires se régulariser et se perfectionner chaque jour, en sorte que l’autoplastie est arrivée à constituer réellement à elle seule une branche importante de la chirurgie. Toutefois, tandis que les tentatives les plus hardies de réparation organique étaient successivement couronnées de succès sur presque tous les points de la surface externe du corps , l’autoplastie viscérale était demeurée nulle ou stationnaire ; aujourd’hui, on l’a vue pénétrer dans des cavités tapissées par les membranes muqueuses , et y porter des moyens de guérison inespérés contre des difformités aussi tristes qu’incurables.
C’est à-la-fois aux lumières de l’anatomie et de la physiologie pathologiques, et à cet esprit de généralisation qui étend les idées et les rend fécondes, que sont dus ces rapides progrès. L’autoplastie a pris ainsi du même coup le caractère régulier, scientifique qui lui manquait, et elle est devenue Tune des parties de la chirurgie les plus fertiles en applications.
PRÉFACE
Les progrès dont je viens de parler seront dans Tavenir, on n’en peut douter, considérés comme une des plus belles conquêtes de la chirurgie du XIX® siècle, et on les mentionnera comme un des titres les plus honorables de la chirurgie française.
C’est pour exprimer l’importance de ce sujet et faire connaître en même temps l’ère nouvelle dans laquelle est entrée l’autoplastie que j’ai intitulé cet ouvrage : Traité de Chirurgie plastique.
J’ai indiqué dès les premières ligneg de cette préface que l’on peut distinguer deux périodes principales dans l’histoire de l’autoplastie. L’une, la plus ancienne représentée par un seul et même procédé opératoire, se réduisait à une pratique manuelle, et n’avait pour base aucun principe et aucune idée physiologique fondamentale. Aussi, pendant celte longue période, l’autoplastie est-elle restée presqu’eXélusivement bornée à la rhinoplastie.
J’ai dit que la seconde époque, toute moderne, est pour ainsi dire l’œuvre des contemporains. Ce n’est que de nos jours que l’autoplastie a été généralisée, à l’aide d’aperçus physiologiques et anatomiques plus approfondis qui ont enlevé au chirurgien sa timidité et lui ont
PRÉFACE
permis d’exécuter des entreprises aussi hardies qu’inusitées. C’est en étudiant avec soin le mode d’union des tissus, les produits qui servent à leur réunion et les phénomènes qui se passent dans les parties séparées ou déplacées, en appréciant, enfin, la quantité de fluide nourricier, dont les lambeaux ont besoin pour se nourrir, que les chirurgiens ont pu avec sécurité tenter des opérations graves et difficiles.
Ainsi, la chirurgie plastique comprend aujourd’hui un ensemble considérable d’opérations chirurgicales ayant pour but la réparation d’une partie détruite ou altérée diversement, à l’aide de portions de tissus empruntés soit à une région voisine, soit à une région plus ou moins éloignée.
Le nom à’ autoplastie qu’on donne généralement à cette partie de la chirurgie doit être conservé pour exprimer le fait essentiel de toute opération de chirurgie plastique, à savoir : la réparation d’une perte de substance à l’aide d’un emprunt fait aux parties saines; il suffit de rappeler du reste ce fait général pour faire voir combien le mot de autoplastie a été mal employé dans ces derniers temps par quelques auteurs ( ' ).
(') Faut-il ranger parmi les opérations autoplastiques la belle opération pratiquée pour la première fois en France par l’illustre
PRÉFACE
Quant aux dénominations anciennement usitées de chiriirgia curtorum , chirurgia curtorum per incisionem , de même que les expressions plus modernes de restitution organique , greffe animale, anaplastie , etc.; elles offrent toutes des inconvéniens, et sont tombées dans un juste abandon.
Le mot plastique , pris dans son sens littéral , caractérise d’une manière tout-à-fait exacte^ l’intervention si remarquable de la main du chirurgien sinon pour créer, du moins pour réparer d’une façon plus ou moins parfaite l’œuvre du créateur.
L’art envisagé dans sa plus grande étendue a pour but d’imiter, de reproduire la nature; et c’est pourquoi le chirurgien qui à l’aide de l’autoplastie façonne un organe vivant ou une partie d’un organe, est plus que partout ailleurs un artiste.
De même que le sculpteur, il faut qu’il prenne ses dimensions et ses mesures, et qu’il sache façonner la matière organique comme s’il façon-
Larrey père pour réparer le nez? Notre digne collègue, M. Larrey fils, chirurgien ingénieux , proposait tout simplement au redressement du nez, exécuté par des incisions artistement faites, le nom de rhinoraphie. Je ne peux tout-à-fait partager l’opinion de mon confrère et je crois que le célèbre Larrey avait eu raison de la désigner sous le nom d’autoplastie nasale.
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naitîe marbre ou l’argile. Mais quelles difficultés inconnues au premier ne s’offrent-elles pas à l’artiste qui opère sur la matière vivante. Le marbre, l’argile et le bronze obéissent toujours à la main de l’homme; la matière vivante se révolte et réagit très diversement. C’est pourquoi le talent de la main n’est ici que secondaire, et l’artiste doit être avant tout le savant qui connaît toutes les lois de la réaction vitale, le médecin qui prévoit toutes les causes d’accidens, et qui sait disposer son action suivant toutes les conditions qui se présentent à lui.
Sous le rapport des résultats obtenus, l’artiste proprement dit est en général plus heureux que le chirurgien : « J’estime, disait M. Dieffenbacb, qu’il en est du résultat de nos opérations comme des ouvrages du tourneur en bois comparé aux travaux de sculpture, ou bien comme des poupées grossièrement faites, mises à côté des chefsd’œuvre de Canova. »
Il faut le dire cependant, entre des mains habiles, la chirurgie plastique a fourni,déjà assez de merveilles pour justifier les paroles de M. le professeur Roux : « Qu’il n’y a peut-être rien d’impossible en fait de restauration de la face. » C’est, en effet, dans la restauration de la face humaine, dont l’intégrité offre tant d’importance
PRÉFACE
pour rexercice des sens ainsi que pour les besoins et les douceurs de la vie sociale^ que la chirurgie plastique a rendu ses services les plus nombreux et les plus signalés.
L’autoplastie comprend aujourd’hui cinq méthodes principales qu’on désigne soit d’après le pays où elles ont pris naissance, soit d’après la manière particulière dont le lambeau réparateur est confectionné et appliqué. Ainsi, la méthode la plus anciennement connue porte le nom d’«/^toplastie indienne ou autoplastie par torsion,' on appelle autoplastie italienne ou par transplantation une méthode qui compte aujourd’hui ses principaux partisans en Allemagne. Les mé-^ thodes les plus modernes et sur lesquelles j’aurai le plus à m’étendre sont : la méthode qu’on appelle française ou par déplacement , et deux méthodes plus nouvelles que j’ai introduites moimême dans la science, et que j’appellerai : \ ° méthode par glissement , et 2“ méthode par renversement.
Dans un ouvrage récent ('), on trouve mentionnée comme constituant autant de méthodes ou de procédés opératoires généraux, l’autoplastie par roulement du lambeau, par migration successive du lambeau, par dédoublement
(') Blandin. AutoplasUe, 1836.
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d’une partie , par soulèvement , par inversion ou par doublement du lambeau, par collement primitif et section secondaire du pédicule, par agglutination secondaire du pédicule, par enfoncement de la peau, etc. Mais en réalité, ce ne sont là que des modifications particulières qui rentrent toutes dans les méthodes générales mentionnées plus haut.
En admettant les divisions ci-dessus énumérées, je dois m’inscrire contre les classifications établies dans la chirurgie de M. Dieffenbach. Les difformités qui exigent l’autoplastie sont divisées, par le chirurgien de Berlin, en celles qui ne peuvent être réparées qu’à l’aide d’un lambeau pris dans une région éloignée, et celles qui sont racoùtrées avec les restes memes de l’organe mutilé. Voici les termes dont il s’est servi pour représenter les variétés dans l’application de ces lambeaux : adplantation ; 2“ surplan-
tation; 5° sous-plantation ; 4° implantation.
Par adplantation, il désigne la formation d’un lambeau pris dans l’organe mutilé.
Par surplantation , la réparation d’un organe déformé par des cicatrices vicieuses ou altéré par des ulcérations qui affectent seulement la peau, à l’aide d’un lambeau cutané.
Par sous-plantation, il désigne un lambeau
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qui plus tard sera dépourvu de son épiderme et qui doit servir de soutien au reste de l’organe primitif. On ajoute que le lambeau lorsqu’il a pris racine doit perdre des petites portions de sa face épidermique. Sans cesse les bords saignans doivent être rapprochés. « On ramène les morceaux de l’organe mutilé jusqu’à ce qu’ils soient en contact. »
Par implantation , M. Dieffenbach entend la réparation d’une petite partie d’un organe en couvrant la brèche avec un lambeau proportionné ( « en implantant un petit lambeau. » Dieffenbach ).
En rappelant ces opinions et ces termes, j’ai eu pour but de ne rien omettre de ce qui a été fait par des hommes considérables. Mais en réalité, derrière ces termes nouveanx, il n’y a rien qui corresponde soit à des méthodes, soit à des vues réellement utiles. Ce sont des mots obscurs qui chargent la mémoire sans servir à la pratique.
Je crois inutile de dire que l’autoplastie dans son ensemble n’était jusqn’ici qu’à l’état de fait, d’observation. Aussi, dans les annales de la science, dans les ouvrages publiés jusqu’à ce jour, ne tronve4-on que réunies d’une manière souvent fort confuse, des notes, des faits et des pro-
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cédés, des matériaux en un mot propres à diriger le lecteur dans une même route; mais sans lui faire embrasser la science d’un seul coup-d’œil , sans lui montrer son degré d’importance, tout en lui prouvant son utilité, et surtout sans frapper son esprit d’aperçus généraux qui donnent la clef d’une doctrine. Comment comprendre sans une généralisation préalable, l’ensemble de tous ces matériaux épars? Pour entrer dans les spécialisations, il est nécessaire et indispensable d* avoir une idée de l’ensemble.
Cette méthode n’est-elle pas indispensable au géographe, lorsqu’il veut donner une idée parfaite d’une contrée? C’est cette marche qui nous a permis de décrire les phénomènes mystérieux qui se passent entre deux surfaces saignantes mises en contact, et les changemens qui s’opèrent dans les parties réparatrices et réparées. C’est à la faveur de cette méthode , qu’il nous a été permis d’exposer les fonctions des tissus aiiaplastiques. Déjà Hunter, Graefe, Dieffenbach, Chélius, s’étaient occupés avec zèle, ardeur, mais pas toujours avec bonheur, de certaines investigations anatomiques et physiologiques. 11 ne restait pas moijis beaucoup de questions à traiter, beaucoup de ^ oints à éclaircir, beaucoup d’erreurs à corriger.
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Je laisse au lecteur et au temps à faire la part de mérite qui revient à chacun.
Je crois devoir dire ici quelques mots sur une question qui sera longuement traitée. Ou verra que nos recherches sur le renouvellement de la sensibilité dans les lambeaux autoplastiques, nous ont conduit à repousser cette vieille idée physiologique par laquelle il était admis que nul mouvement et nulle sensibilité ne pouvaient exister sans la reproduction réelle delà substance nerveuse. Cette opinion ayant été une fois proclamée, tous les médecins se sont efforcés de la rendre évidente par des recherches de visu, et par la découverte de la reproduction de la substance nerveuse. Pourtant il est demeuré du doute dans les esprits sévères, et on n’a pas manqué de se demander pourquoi la matière nerveuse se reproduisait plutôt que la substance musculaire qui, une fois détruite, ne reparaît jamais. C’est une question grave que celle-là; car, il tombe sous le sens que tous les organes et les tissus complexes ne se reproduisent jamais, et qu’ils se réparent incomplètement, ainsi que nous l’avons dit dans un mémoire lu à l’Institut, sur la régénération des trames organiques dans l’homme et dans les animaux.
De nombreuses expériences sur différens ani-
préface.
maux, aussi bien sur les petits que sur les grands quadrupèdes, ne m’avaient rien appris relativement à la reproduction nerveuse. J’avais seulement constaté que l’extrémité centrale du nerf correspondant au tronc se renflait, et que l’extrémité opposée ou périphérique s’atrophiait. La plus minutieuse attention n’a pu me faire découvrir dans leur intervalle qu’une substance homogène, fibro-celluleuse, soit que j’exposasse le nerf à la macération, soit que je l’examinasse minutieusement, avec le scalpel. Des recherches confirmatives des miennes ont été faites par un chirurgien plein de mérite, M. Richet. Le microscope n’a pu lui faire découvrir aucune matière nerveuse. Notre savant ami, le professeur P. Bérard, n’a pas été plus heureux.
Pourquoi donc vouloir que la nature n’ait qu’une manière d’accomplir ses fonctions, et pourquoi vouloir que la sensibilité et le mouvement dérivent inévitablement de la reproduction de l’organe en entier?
Les recherches de quelques physiologistes et de savans philosophes n’ont-elles donc pas démontré que les choses peuvent se passer autrenient? Les expériences physiologiques de Breschet et de M. Brachet ont prouvé qu’en rétablissant la continuité du nerf pneumo-gastrique divisé,
préface.
xtx
même au moyen d’un lien métallique, on permettait aux fonctions de l’estomac de s’a<‘complir. Il en est de même du travail de l’illustre Humboldt qui a incontestablement mis hors de doute la transmission du fluide électrique par le tissu cicatriciel. Le fluide nerveux se transmet donc au travers d’une substance intermédiaire, et nos recherches ont ceci de puissant que l’on voit les fonctions nerveuses se rétablir dans une île de chair sans continuité nerveuse. Je sais bien que l’on a avancé que cela ne se pouvait pas, et qu’il fallait qu’un produit nerveux se créât pour que la chose eût lieu; mais ceci n’est qu’une hypothèse et ne repousse en aucune manière ce que des expériences ont acquis à la science d’une manière durable.
Avant de quitter les questions préliminaires, je crois utile d’insister à la fois et sur les soins que le chirurgien doit apporter dans les opérations autoplastiques, et sur les dispositions morales qui lui sont indispensables à lui-même. Dans aucun cas, les qualités nécessaires au médecin opérateur, la patience, le sang-froid, la main sûre, etc., ne sont plus impérieusement requises, que lorsqu’il s’agit d’autoplastie. Il faut ici non-seulement une patience inébranlable; mais encore un courage actif et invariablement
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soutenu pendant toute la durée d’une opération ; et quiconque ne se sent pas d’avance ces dispositions, s’abstiendra de pratiquer les opérations autoplastiques. Ce qui est le plus capable de faire reculer ce n’est point la vue d’une vaste plaie, et du sang qui s’échappe de larges surfaces en inondant les assistans et l’opérateur; mais n’at-on pas lieu de s’effrayer davantage lorsqu’on songe au temps que doit durer l’opération , aux soins minutieux qu’il faut metti'e à la pratiquer, à l’attention soutenue et fatigante qu’elle exige de la part du chirurgien et des aides, et au mode opératoire toujours compliqué en lui -même. C’est une surface que l’on ravive, c’est un lambeau mesuré par l’œil ou par un patron , c’est une suture qu’il faut appliquer, c’est un pansement régulier, méthodique et artistement fait qui convient, ce sont des ligatures, des dissections et des soins de tous les instans pour parvenir à une perfection aussi complète que possible dans le mode de réparation. Je ne parle pas des tâtonnemens, des minuties qu’il faut apporter dans chaque temps de l’opération, pour éviter de détruire les élémens de nutrition et pour éviter la torsion du pédicule. Ce n’est pas tout que de façonner en artiste un lambeau; car^ il faut encore l’élever, pour ainsi dire le
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mouler sur les parties pour éviter sa déformation pendant qu’il prend racine dans son nouveau domicile. Il ne faut rien de plus rien de moins que toutes ces qualités pour prévenir l’insuccès et obtenir un résultat aussi satisfaisant que possible.
Au reste, lorsque le chirurgien voit le moyen de réparer une difformité et de débarrasser le malade d’une altération qui compromet sa vie, il doit ne se préoccuper et ne prendre souci que de sa conscience, sans songer aux inimitiés qui l’attendent et lui préparent souvent pour récompense la calomnie et l’injure.
Voici l’ordre que je suivrai dans ce travail. Après avoir exposé aussi brièvement que possible l’histoire de la chirurgie plastique, j’aurai soin de donner un aperçu sur l’ensemble de l’autoplastie, et d’éclairer le lecteur sur les méthodes avant de l’occuper des procédés qui découlenc de chacune d’elles et doivent varier dans leur application suivant la nature de l’altération, sa forme, son étendue et son siège. Cette manière de procéder préviendra les répétitions et évitera d entrer dans des considérations trop abstraites.
Je ne veux pas oublier de mentionner ceux des auteurs modernes auxquels j’ai fait des emprunts : ainsi, j’ai profité de la thèse de con-
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cours (le M. Blandin, auquel la chirurgie plastique est très redevable; de Timportant Traité de médecine opératoire de M. Velpeau; des curieuses recherches de M. Martinet (de la Creuse); de celles de M. Roux (de Saint-Maximin); et des ouvrages classiques de chirurgie de M. Bégin, inspecteur-général du service de santé des armées, et de M. Vidal (de Cassis), chirurgien des hôpitaux. Je dois mentionner encore les travaux remarquables et dogmatiques de Delpech et de M. Serre (de Montpellier) dont Tesprit investigateur et le zèle le placent au premier rang parmi les hommes qui cultivent notre profession. Je serais injuste enfin si j’oubliais le professeur Lallemand (de Montpellier), qui, un des premiers, a mis en usage en France la méthode dite française. Je ne peux passer sous silence M. le docteur Amédée Forget, médecin distingué et laborieux, dans les travaux duquel j’ai puisé plusieurs observations intéressantes.
On trouvera dans mon travail une foule d’observations à l’appui de ce que j’avance sur les méthodes et les procédés opératoires, et particulièrement sur mon nouveau procédé pour guérir la gren oui Dette, sur les difformités par brides, sur les anus contre nature, sur la blépharoplastie, l’ophrioplastie, les fistules uré-
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thrales, les fistules vésico-vaginales,etc. Cela était nécessaire pour résoudre des questions insolubles sans cela. Ces observations offrent en (général tous les détails désirables. C’est sur elles que je me suis toujours basé pour détruire un principe mal fondé ou combattre une erreur accréditée.
Certaines de ces observations ont été recueillies sous ma direction par plusieurs de mes internes et surtout par M. Rozé, dont je me plais à reconnaître le zèle et l’instruction. Je citerai également MM. Niobey, Dionis, Racle ainé et deux médecins de mérité, MM. les docteurs Laurès et Laborie. Toutes ces observations ont été corrigées et revues par moi -même.
Je n’oublierai pas ici un jeune médecin dont on apprécie l’intelligence, la haute portée philosophique et Thabileté, M. le docteur Théophile Roussel, qui a bien voulu recueillir pour moi plusieurs observations et m’aider dans mes recherches anatomiques.
Il m’est impossible de finir sans remercier un médecin des hôpitaux, d’un talent reconnu, M. le docteur Vernois, qui m’a aidé dans mes expériences, et M. Colin, mon ancien interne.
La publication de cet ouvrage a été retardée par de douloureux événemens, la sanglante lutte
PRÉFACE
de juin m’enlevant à-la-fois ma liberté matérielle et ma liberté morale. Au milieu de tant de malheureux à panser et de tant de préoccupations de toutes sortes, le travail de cabinet si difficile alors pour tout le monde était devenu Je l’avoue, tout-à-fait impossible pour moi.