FISSURE DE LA LÈVRE INFÉRIEURE
La fissure typique de la lèvre inférieure ne peut être que médiane, et elle est due à la non-coalescence des deux arcs maxillaires inférieurs. C'est une malformation très rare, si bien que Cruveilhier en contestait l'existence, malgré les observations de Tronchin, de Couronné, de Nicati, de F. Petit. Des faits plus récents et indiscutables sont dus à Bouisson, Parise, Ribell, Lannelonguc, Thorndicke, A. Wœlfler. Je ne parle pas du fait de Faucon; là, en effet, la fissure labiale et osseuse était latérale et non point médiane. Ce qui se comprend d'ailleurs, car la malformation était provoquée par une volumineuse tumeur (').
Du côté des parties molles, on observe une fissure labiale de hauteur variable, depuis une simple encoche jusqu'à une division de toute la lèvre, et même dans les faits de Parise, de Lannelongue, de Wœlfler, un sillon cicatriciel médian descendait de là le long du cou jusqu'à la fourchette sternale.
En regard de la solution de continuité des parties molles existe parfois une solution de continuité du maxillaire inférieur et même, comme chez les sujets de Parise, de Thorndicke, de Wœlfler, à un degré plus avancé, la bifidité de la langue est possible. Cette bifidité a, d'autre part, été observée par Pooley sans que la lèvre et la mâchoire fussent fendues.
Mais ici intervient une difficulté embryologique : on admet aujourd'hui, avec His, que la pointe de la langue, tout comme la base, naît par un germe primitivement unique, le tuberculum impar. Aussi His affirme-t-il, dans une lettre à Wœlfler, que la bifidité de la langue ne peut s'expliquer par un simple défaut de coaiescence. Mais, ajoute-t-il, le tronc aortique, primitivement pair, puis soudé en un tronc médian, a son origine première dans la région où sera le tuberculum impar , et de là, secondairement, il descend jusque dans la cage thoracique. Supposons donc là une adhérence anormale, une migration tardive, et nous pouvons comprendre que le tuberculum impar soit de la sorte pour ainsi dire coupé en deux. D'ailleurs un autre fait est à mettre en regard de l'explication précédente, l'existence du sillon médian allant du menton au sternum alors que dans cette région, occupée par le champ méso-branchial, aucune coaiescence embryonnaire n'a lieu.
Septours (*) a publié une observation bizarre, mais trop peu précise pour être concluante, de trifidité de la langue. On ne saurait dire de quoi au juste il s'agissait.