PERFORATIONS DE LA VOUTE
titillant la base de la langue; mouvements incessants de déglutition; quelquefois crises nocturnes de suffocation. Labus, Coën (!) ont décrit minutieusement des modifications de la voix.
Dans la plupart des cas, ces symptômes relèvent de X engorgement inflammatoire chronique de la luette, et Ton voit la luette volumineuse, touchant la base de la langue, terminée souvent au sommet par une petite pointe œdémateuse. C'est dû à un œdème chronique, peut-être avec hypertrophie glandulaire, et cet état coïncide d'ordinaire avec des angines à répétition. Pour l'expliquer, on a invoqué la chlorose, l'anémie paludéenne, l'abus de l'alcool : tout cela reste douteux. Cette hypertrophie de la luette, qui peut ôtre congénitale, serait parfois prononcée au point que l'organe vienne à s'engager entre les arcades dentaires, comme l'auraient vu Yearsley, Behr, Dana.
Les signes fonctionnels sont les mêmes pour les tumeurs, telles que les polypes muqueux(l), les papillomes (5), les angiomes simples ou caverneux observés par Blum, Le Fort et Bide(4), le développement variqueux des vaisseaux noté par Ancelon. Il est inutile d'insister sur l'aspect objectif spécial à ces diverses lésions.
Les papillomes peuvent avoir 10 à 12 millimètres de long. Ils atteignent de préférence les adultes du sexe masculin et sont presque toujours accompagnés d'angine chronique.
Traitement. — Toutes ces lésions seront traitées par l'excision de la luette. Pour cette excision on a inventé des instruments spéciaux : il suffit d'une paire de ciseaux et d'une pince à griffes. Mais il y a alors un danger, l'hémorrhagie(*), soit qu'on ait affaire à un hémophile, soit qu'on ait coupé un vaisseau anormalement développé, soit qu'on sectionne une luette emflammée. Dans ces conditions, donc, on emploiera de préférence l'anse galvanique. Lorsque l'hémorrhagie a lieu, on s'en rend presque toujours maître par la cautérisation ou la forcipressure (6).