B. — KYSTES DERMOIDES DU PLANCHER BUCCAL
Les kystes dermoïdes du plancher buccal paraissent connus depuis longtemps. Pierre de Marchcttis les avait décrits sous le nom de tumeurs sébacées du plancher buccal; ils n'ont toutefois été bien étudiés que dans ces quinze dernières années.
Gueterbock (P.), Ueber einc Dermoidcyste am Boden der Mundhûble. Arch. f. klin. Chir.. Berlin, 1878, t. XXII, p. 985. — Barbes (E.), Contribution a l'étude des kystes dermoïdes du plancher de la bouche. Thèse de Paris, 1879, n# "202. — Combalat, Sur une observation de kyste dermoïde du plancher de la bouche. Bull, et mém. de la Soc. de chir., Paris, 1881, nouv. série, t. VII, p. 504 (discussion). — Ozenne, Des kystes dermoïdes subling. Arch. gin. de méd., Paris, 1883, t. I, p. 278. — Barker, Sebacious ordermoid cyst of the tongue; removal by submental incision; cure. Trans. of the clin. Soc, London, 1883, t. XVI, p. 215. — Dardigna*:, Observation de tumeur demi, du plancher buccal (rapport de Chauvel). Bull, et mém. de la Soc. de chir., Paris, 1883, nouv. série, t. IX, p. "ilO, et Rev. de chirurgie, Paris. 1884, t. IV, p. 655. — Morris (IL), Threc cases of dermoid cyst. Med. Times and Gaz., Lond.. 1884. t. I, p. 43. — Aciiari) et Lannelongue (().), Traité des kystes congénitaux, Paris, 1886. p. 23 et 230 (bibliogr.). — Marchant (G.), Note sur les kystes dermoïdes du plancher buccal. Bull, de la Soc anal., Paris, 1880, p. 655 (bibliogr.). — Beclus (P.), Des kystes demi, du plancher buccal. Gaz. hebd. de méd. et de chir., Paris, 1887, p. 75. — Guinard (A.), Kyste dermoïde du plancher de la bouche. Bull, de la Soc anat., Paris, 1888, p. 184. — Schmitt, Kyste dermoïde sublingual. Bull, et mém. de la Soc de chir., Paris, 1891, p. 22.
Étiologie. — Le sexe est sans influence sur leur production, comme le montrent les relevés statistiques de Ci. Marchant qui, sur 20 kystes du plancher buccal, a trouvé un nombre égal d'hommes et de femmes. Ils sont d'origine congénitale, mais ne deviennent en général manifestes que de dix-huit à vingt-cinq ans; ils peuvent toutefois s'observer aux âges extrêmes, soit quelques jours après la naissance, comme dans un cas de Richet, soit à un âge avancé, à soixante-deux ans chez un malade d'Ed. Cruveilhicr.
Anatomie pathologique et pathogénie. — La structure de ces kystes est celle des kystes dermoïdes en général; presque toujours il s'agit de
(') Voy. plus loin : Kystes séreux du cou. («) Voy. p. 455.
KYSTKS JiUUMOÎLiES m; PIANCIIKtt DL'GCAI,. 383
.tysles dermoïdes simples, contenant quelquefois îles poils, bans un cas exceptionnel. Th. Anger a noté une slruclurc muqueuse.
La lunieur, de forme générale arrondie, à parois épaisses, siège oi-dinairement sur la ligne médiane el se développe dans un espaee que limitent laléra lemenllesgénio-glossesel les génio-hyoïdiens, intérieurement le mylo-hyoïdicn Celle situation anatomique n'est toutefois pas absolue, et l'on peul, dans des cas rares, voir le kysle occuper la partie latérale du plancher bncral.
La l iinieur est assez mobile par rapport aux parties voisines; toutefois, dans la plupart des observations récentes, on trouve noie, un caractère d'une grande Importance, l'existence d'adhérences au squelette, soit aux apophyses génis, soit à l'os hyoïde (fig. 82).
La foriiiuliou de ces kystes s'explique par l'enclavement d'un pelît sae ordinairement cnlané, exceptionnellement muqueux, qui, resté inerte pendant des années, se met tout à coup à sécréter, par suite d'une cause encore inconnue, ("et enclavement se fait le plus souvent soit enlre les deux bourgeons maxillaires inférieurs, soit entre le cartilage de Meckel et le maxillaire inférieur. L'adhérence aux apophyses ;/ê.ni, la dépression du maxillaire inférieur signalée par Combalat, le prouvent. Mais, comme le fait observer 0. Lanneongue, tous les kystes dermo'idcs du plancher buccal ne dépendent pas, à leur origine, des bourgeons maxillaires inférieurs; il en est qui proviennent des fentes branchiales proprement dites el qui sont véritablement des kystes du
cou. ainsi que l'atteste leur wihérence non plus avec le maxillaire infér niais avec l'os ht/oïdn (cas «le Desonvilliers et Yerncuil. île Vcrneuil. de Guelerbock, de G. Marchant).
Symptômes- — Les premiers symptômes remontent quelquefois , debul île la vie, cl l'on cite des faits où l'enfant a toujours eu un menton d vcloppé, un double menton; c'est l'exception. Ordinairement, l'existence d'u tuméfaction n'a clé constatée qu'A un age relativement avancé, aux envire île la vingtième année.
Le kyste soulevé la muqueuse, généralement sur la ligne médiane, quelquefois latéralement ; la saillie qu'il fait dans la bouche est souvent blanchâtre 01: jaunalrc. Lorsque son volume s'est accru au point d'alleindre celui d'un œuf isure île la région sus-hyoïdienne liig X"»). Au pnlper, cm
il détermine i
Fio. 8-1. — Kvsti'ilermodli' ml-hyodlicn. (G Mnri'liant.J
consUiLe l'existence d'une tumeur dont on apprécie quelquefois assez mal la forme arrondie, à cause de la résistance des muscles qui la brident CMIi tumeur, en général assez dure, peut avoir une consistance pâteuse, et l'on cite des fails où elle gardait l'impression du doigt; quelquefois elle est franchement fluctuante, Klle est mobile, sans adhérence à la muqueuse buccale qu'on peut faire glisser sur elle; mais souvent elle adhère soit au maxillaire par des IraHus fibreux reionnaissables an palper, soit à l'os hyoïde dont elle suit les mouvements pendant la déglutition. Celle dernière particularité, » G. Marchant regardait comme liée à l'existence d'adhérences à l'os hyoïdi est simplement due aux rapports qu'affecte la tumeur avec les muscles s hyoïdiens qui meuvent à la fois l'os hyoïde et le kyste. La preuve t fournie d'une manière indiscutable par un fait de P. Reclus, où le kyslc, ad ranl au maxillaire, suivait néanmoins les mouvements de la déglutition.
Les troubles fonelionnels, en général peu marqués, ne présentent rien i spécial ; si la tumeur est un peu volumineuse el refoule notablement In langue on peul observer de la géne de la phonation, de la respiration, de la maslica. lion, de la deglulilion et, s'il s'agit d'un enfant, de la succion.
Les kystes dennoïdes du plancher buccal ont au début une mnrchc 1res