KYSTES HYDATIQUES DU PLANCHER BUCCAL
lente; arrivés à une certaine période, ils s'accroissent plus rapidement, et généralement présentent le volume d'un œuf quand le malade vient consulter le chirurgien. Leurs dimensions peuvent être plus considérables, atteindre celle d'une orange; dans un cas de Reclus, le kyste avait le volume d'un poing d'adulte; dans un autre de Linhart, ses dimensions étaient telles, qu'il touchait la voûte palatine et empêchait le rapprochement des mâchoires.
Diagnostic. — Le siège souvent médian, la saillie sus-hyoïdienne, l'absence de transparence, la mobilité de la tumeur, la constatation d'adhérences squelettiques permettent le plus souvent de faire le diagnostic.
Pronostic. — Le pronostic est relativement bénin et l'intervention en général suivie de succès. *
Traitement. — On a conseillé Y excision partielle avec cautérisation de la face interne du kyste, Y incision suivie de drainage; ces divers traitements sont abandonnés et l'on cherche aujourd'hui à faire Y extirpation complète du kyste. Cette opération est le plus souvent facile, la tumeur ne présentant, à part son pédicule fibreux, aucune adhérence aux parties voisines, à moins d'irritations dues à un traitement antérieur mal dirigé (ponctions, injections, etc.).
Jusqu'à ces dernières années, on a fait l'extirpation par la voie buccale afin d'éviter une cicatrice extérieure. Actuellement, on revient à l'incision cutanéç, déjà préconisée autrefois par Denonvilliers et Padieu (!). Celle-ci, avec les pansements antiseptiques, ne laisse qu'une cicatrice linéaire, cachée par la saillie du menton ; elle n'expose pas à la section des canaux de Wharton, à la stagnation de liquides buccaux dans un cul-de-sac déclive; elle permet un abord facile de la tumeur, qu'on est dès lors plus sûr d'extirper complètement.
C. — KYSTES HYDATIQUES DU PLANCHER BUCCAL Laugier (M.), De la grenouillette hydatique. Archives g en. de méd., Paris, 1871, t. II, p. Hî.
Les kystes hyda tiques du plancher buccal sont extrêmement rares. On n'en trouve que quelques observations. Pour Laugier, ils résulteraient de la fixation, sur le plancher buccal, d'un embryon de ténia, qui perforerait la muqueuse, puis se développerait sur place.
Le début, la marche et les symptômes rappellent beaucoup ceux de la grenouillette vulgaire (*); le kyste hydatique s'en distinguerait toutefois parce que sa paroi est plus épaisse, et que, par suite, la fluctuation est plus profonde. Dans un cas de Richet, la tumeur était même très dure et partiellement calcifiée.
(') G. Marchant, toc. cil. — P. Reclus, loc. cit. (*) Voy. plus loin, p. 433.
.-: L'absence d'adhérences squelettiques et les résultats de la ponction fM mettent de distinguer l'hydatide du kyste dermoïde.
Le pronostic est sans gravité.
Le traitement consistera soit en une excision et une cautérisation de paroi, soit, ce qui nous semble préférable, en une extirpation complète de tumeur.