‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 140 sur 237 · B. — PLAIES DU CANAL DE STÉNON · texte numérisé non relu

B. — PLAIES DU CANAL DE STÉNON

Les plaies du canal de Sténon sont plus rares que celles de la parotide, le canal étant, dans une certaine mesure, protégé contre les traumatismes par la saillie de la pommette. Elles sont le plus souvent produites par des instruments tranchants, quelquefois par des armes à feu. Vu le peu de volume du canal, la division est presque toujours complète.

Lorsque la plaie est large et profonde, que la joue est divisée dans toute son épaisseur, la plaie du canal est facile à reconnaître; mais ces conditions sont rarement remplies et, chez beaucoup de malades, la lésion passe tout d'abord inaperçue. Au bout de quelques jours seulement, l'écoulement de la salive par la plaie, si celle-ci est restée ouverte, ou si elle a été fermée la formation d'une tumeur salivaire qui permet le diagnostic.

La salive peut reprendre son cours normal par suite de l'abouchement du bout postérieur du canal dans la bouche (fistule muqueuse) ou par suite de la

(4) Richet, Anatomie médico-chirurgicale. Paris, &* éd., 1877, p. 553.

rw'ilmdtiuii du <:aita! . Celle-ci, regardée comme facile pnr Perey, qui croyait fréquentes les plaies du canal de S tenon, semble au contraire rare. d'après U majorité des auteurs.

Les autres modes de terminaison sonl : la formai ion d'une /htitlf surtout fréquente dans les plaies qui n'ont intéressé qu'une partie de l'épaisseur de la joue; celle d'une tumeur aalivaire, sorte de sac intermédiaire aux deux bouts du canal divisé, se remplissant à chaque repus el se vidant facilement par la pression du doigt; l'oblitération du canal qui a été suivie, dans un cas de Borel('), de quelques phénomènes inflammatoires subaigus puis de l'atrophie de la glande, dans un autre de Baillnrger, de la transsu dation, pendant les repas, de la sécrétion parotîdienne a travers la peau (èplndroze) (*).

Le traitement varie suivant les cas : dans les plaie» récentes el nettes, telles que celles que produit un instrument tranchant, on réunira aussi exactement «me possible les parties divisées, ayant soin d'éviter de prendre le canal dans une anse de fil. Si la plaie est irrégulière, conluse. el si l'on craint de voir manquer la réunion immédiate, on aura une autre ligne de conduite. Les plaies qui pénétrent dans la cavité buccale, exposant moins à la désunion de la suture et à la fistule cutanée, on complétera d'abord la perforation des plaies incomplètes et l'on ne suturera que le côté cutané de la joue. Cela n'est possible qu'à la région génienne; dans les plaies de la région massélérine <.n pourra, comme le conseille K ce ni g, introduire dans les deux bouts du canal sectionné une sonde, sur laquelle on fera la suture. Il va sans dire que. (fans tous les cas, la parole et la mastication seront défendues pendant les cinq premiers jours.

Dans les plaie» ancienne», on place, si la joue est complètement perforée, un drain du coté muqueux pour déterminer la formation d'une fistule buccale permanente el l'on réunit le plan cutané. On a conseillé, dans les cas où la plaie n'intéresse qu'une partie de In joue, de commencer par compléter la division, puis d'agir comme dans le cas précédent.

Nous croyons que l'on se trouvera mieux de tenter loul d'abord le traitement suivi par IL Morris (*) : ce chirurgien, cinq jours après une plaie de la joue, introduisit par la bouche un catgut dans le bout périphérique du canal de Sténon cl le fit sortir par la plaie : pressant la parotide, il put, en faisant sorlir un peu de salive, découvrir le bout postérieur et y insinuer l'extrémité de son catgut; ayant ainsi régularisé le cours de la salive, il fil une suture entortillée par-dessus le tout et guérit son malade.

Le traitement des fistules sativaires définitivement constituées, des poches salivaires, de Véphidrose, sera étudié plus loin. Disons toutefois que, dans certains cas, à la suite de plaies, il se produit des fisluleUes passagères qui guérissent par quelques cautérisations légères faites avec te nitrate d'argent (*).

(•) Voy. plus loin : Fintoiet MttttrfPW, ]>. 3'.K).

l'] H.mr.L, Plaie par orme h feu 'le la joue. Lésion du canal de Sténon. fistule sattraln guérie par l'obi itéra lion de ce conduit. (ïu;. Jr* faîpit., Paris, 1850, p. 18.

P) Voy. plus loin : EpIMrose ptirotiilietmr, p. *H.

(*) Moulus (II.). Crise of Iran mal ir saliva ry lislnla iiired l.y pussiiig ;i line catgut bougie mm Ihc rnotilli uliing Slnioii's duel. Ilril. vied. Jovrn,, I.ondon, 'H février 1K.X0, t. [. p. SSÏ.

(s) Miuulski. l'iaiede la joue, lislule saiivaire du canal de Slénoii, giiérison -ans lislule. Huit, cl niéni.-le l« Sur. de chir., Paris, 188S, nom. sér., I. VIII, p. H,

FISTULES SALIVAIRBSi '^ 391

Page 1