‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 160 sur 237 · TUMEURS DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE

dans le renversement de la tête, une saillie appréciable à la vue, roulant sous le doigt, peu ou point douloureuse, ne déterminant aucune gène fonctionnelle.

Plus tard, les caractères changent suivant que tel ou tel tissu prédomine.

Dans Y adénome, la tumeur régulière, arrondie, mobile, n'atteint qu'un volume modéré; elle peut occuper à la fois la glande sous-maxillaire et la glande sublinguale.

Dans le chondrome, l'accroissement, bien que très lent et indolent, peut arriver à constituer une tumeur du volume d'un œuf de poule, d'un œuf de dinde, d'un poing d'adulte. La masse très dure, bosselée, sans adhérences, descend plus ou moins dans le cou, mais ne tend pas à proéminer du côté du plancher buccal ; elle est indolente et ne s'accompagne jamais d'engorgement ganglionnaire.

Les autres tumeurs (sarcomes, épithéliomes, carcinomes) d'une malignité relative, présenteraient toutes, d'après Jouliard, une évolution à peu près identique. Elles envahissent généralement les régions voisines et se prolongent du côté du plancher buccal. Leur consistance varie suivant leur structure; quelquefois très mobiles, elles sont, dans certains cas, complètement fixées sur le maxillaire.

Les symptômes fonctionnels sont en général peu marqués. Talazac avait dit que la sécrétion salivaire était abolie, ce que n'ont pas confirmé les observalions ultérieures. A une certaine période, ces tumeurs peuvent amener de la gêne de la mastication et s'accompagner de douleurs assez vives.

L'évolution, assez lente pendant un nombre variable d'années, peut devenir tout à coup plus rapide; c'est alors que surviennent les adhérences et les phénomènes décompression. L'engorgement ganglionnaire ne peut être apprécié, car il occupe les ganglions situés au contact même de la glande.

L'état général reste presque toujours satisfaisant; une seule fois, dans un cas de Griffini et Trombetta, on a noté la généralisation d'un chondro-carcinome aux ganglions cervicaux et bronchiques, à la plèvre et aux poumons.

Diagnostic — Le diagnostic doit être fait avec les engorgements ganglionnaires de la région et avec les tumeurs du maxillaire inférieur.

La multiplicité des ganglions, l'absence de tuméfaction notable à l'intérieur de la bouche, les signes concomitants de la tuberculose et de la lymphadénie ou l'existence d'une tumeur maligne dans les régions, d'où viennent les lymphatiques de la région, feront reconnaître les engorgements ganglionnaires.

Les commémoralifs, qui rappellent que la tumeur à son début était mobile, roulait sous le doigt et siégeait au-dessous du bord du maxillaire, feront rejeter l'idée d'une tumeur du maxillaire. Dans tous les cas, on peut recourir au signe indiqué par Talazac et rechercher si les mouvements communiqués à la tumeur se transmettent à un stylet introduit dans l'orifice du canal de Wharton correspondant.

Enfin, on n'oubliera pas que dans certains cas, ainsi que l'a montré M- F. Terrier, des irritations chroniques, la lithiase, peuvent aboutir à une induration de la glande, simulant une tumeur maligne.

Quant au diagnostic de la variété de néoplasme à laquelle on a affaire, elle n'a qu'une importance médiocre ; la marche, le plus ou moins de mobilité de la tumeur, sa consistance fourniront, à cet égard, des indices précieux.

Pronostic. — Le pronostic varie avec la nature du principal tissu constituant la tumeur. La lenteur de la marche, la conservation d'un bon étal général, la rareté des phénomènes de compression et des récidives après l'opération font que, même dans les sarcomes et les épithéliomes, sa gravité est très atténuée.

Traitement. — Le traitement consiste dans Y extirpation.

La voie buccale, employée autrefois avec succès par Jobert, est aujourdhui abandonnée et Ton intervient toujours par la voie sus-hyoïdienne, n'hésitant pas à réséquer, en cas d'adhérences, une étendue plus ou moins grande de la branche horizontale du maxillaire:

ÉPHIDROSE

L'éphidrose consiste en une sorte de transsudation à travers la peau de la région parotidienne, d'un liquide transparent, qui apparaît sous forme de gouttelettes nombreuses au moment des repas.

Baillarger, Sur l'oblitération du canal de Sténon. Lecl. à VAcad. de méd., 20 avril 1847. — Bérard (P.), Cours de physiol., 1848, l. I, p. 702. — Bergouiinioux, Observation de sueur parotid. Gaz. des hôpit., Paris, 1859, n* 51, p. 201. — Brown-Séquard, Journ. de la phy$. de Vliomme, etc. Paris, 1859, t. II, p. 447. — Rouyer (J.), Note sur l'éphidrose parotidienne. U Progrès^ 1860, t. V, p. 200. — Bezard, Suintement de la face succédant à différentes lésion» des glandes salivaires. Thèse de Paris, 1863, n9 13. — Grosperrin, De l'éphidrose parotidienne. Thèse de Paris, 1877, n° 235.

L'éphidrose se montre à la suite de lésions diverses de la région parotidienne, telles que des traumatismes et des abcès. Le liquide transsudé présente, le plus souvent, des caractères qui le rapprochent de la salive. Dans quelques cas cependant où le liquide n'était pas exclusivement exsudé au niveau de la région parotidienne, sa composition était différente; aussi les explications pathogéniques de cette singulière affection ont-elles beaucoup varié suivant les auteurs.

Les uns n'ont vu dans le liquide que la salive déviée de son cours normal, les autres ont pensé à une hypersécrétion locale de la sueur. Selon toutes probabilités, on a eu affaire à des affections variées; aussi de nouvelles observations sont-elles nécessaires pour préciser la nature exacte de la maladie.

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