MOYENS D'EXPLORATION DE L'ŒSOPHAGE
Commençant au niveau du disque intermédiaire à la 66 et à la 7e vertèbre cervicale et se terminant au niveau de la iie vertèbre dorsale, l'œsophage parcourt successivement le cou, le thorax et une partie de l'abdomen. Au point de vue chirurgical, on peut dire qu'tï commence à peu près au niveau du nùcoïde, à 15 centimètres environ de V arcade dentaire supérieure. Sa longueur moyenne est de 22 à 25 centimètres, dont 4 à 4,5 pour la portion cervicale, 16 à 18 pour la portion thoracique, 2 à 3 pour la portion abdominale. Il faut donc, pour entrer dans l'estomac, des instruments de 50 centimètres de long. Sa direction générale est indexe, mais comme ses inflexions se redressent par le passage des instruments, elles sont sans intérêt pour le cathétérisme. Il présente trois rétrécissements, l'un à son origine, l'autre à l'entrée dans le thorax, le dernier au niveau de son passage à travers le diaphragme. Son calibre est, au niveau de ces points rétrécis, de 14 millimètres environ (').
Situé pendant tout son trajet immédiatement au-devant de la colonne vertébrale, il n'est accessible au palper que dans sa portion cervicale. En provoquant des mouvements de déglutition, qui entraînent une ascension du conduit, on arrive à en explorer une étendue un peu plus grande qu'à l'état de repos. Toutefois, même à l'aide de ce léger artifice, on n'arrive à palper qu'une très minime étendue du conduit, 6 à 7 centimètres au maximum. Aussi est-îl nécessaire de recourir pour son exploration à d'autres moyens.
Le toucher digital n'arrivant qu'à grand'peine à la jonction du pharynx et
(!) Mouton, Du calibre de V œsophage et du cathétérisme œsophagien. Thèse de Paris, 1874,
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de l'œsophage, on a dû, pour explorer ce dernier, avoir recours à des instruments prolongeant en quelque sorte le «doigt, à des explorateurs.
Le cathéter isme, fait à l'aide de ces instruments, constitue le meilleur mode d'examen de l'œsophage. Pour le pratiquer on se sert d'une tige pleine, sur l'extrémité de laquelle peuvent se visser une série d'olives de diamètre variable. La tige, tout en présentant une certaine rigidité, ne doit pas être trop
rigide, sous peine d'exposer à des lésions du canal oesophagien, malheureusement fréquentes quand sa friabilité est déterminée par un état pathologique. A cet égard, les tiges de baleine, qu'emploient actuellement les fabricants
0/ d'instruments, sont souvent trop raides et d'un emploi da*
■ gereux.
ÛPour pratiquer ce cathétérisme, on fera asseoir le malade, évitant de lui renverser trop fortement la tête en arrière. La langue étant déprimée par l'indicateur gauche profondément enfoncé dans la bouche, on fait glisser sur ce doigt la boule de l'explorateur qu'on conduit ainsi sur la paroi postérieure du pharynx. Lorsque la sonde atteint l'orifice supérieur de l'œsophage, elle éprouve une certaine résistance ; il ne faut pas alors pousser brutalement l'instrument. Une pression douce et soutenue suffit en général pour que l'orifice s'entrouvre et que la boule pénètre. A partir de ce moment, s'il n'existe aucun obstacle, l'instrument glisse facilement jusque dans l'estomac. Danstou* les cas, ici comme pour tout cathétérisme, la douceur est absolument nécessaire.
L'accident le plus fréquent est l'introduction de l'instrument dans les voies aériennes. Une douleur vive, accompagnée de toux convulsive, avertit en général le chirurgien. L'erreur peut toutefois être commise; nous nous rappelons entre autres une malade qu'un de nos maîtres avait soumise à des cathétérismes répétés ; toutes les fois l'instrument était entré dans le larynx; après avoir franchi par une pression soutenue un premier obstacle, on butait invariablement à la même distance de l'arcade dentaire contre le même point. Aussi le diagnostic porté fut-il rétrécissement infranchissable de la portion thoracique de l'œsophage avec rétrécissement spasmodique de la portion cervicale. Le rétrécissement spasmodique n'était autre que celui de la glotte, le rétrécissement infranchissable, la bifurcation de la trachée. Ce fait montre combien de soins il faut prendre lorsqu'on pratique le cathétérisme œsophagien («).
On a encore eu recours pour explorer l'œsophage aux renseignements fournis par la vue et par l'ouïe.
Fio. 101. — Cnlhéli' explorateur à boule.
(') Vov. Comtk (H.), Dr* accidents du cathétérisme de l'œsophage. Thèse de Paris, 1877, n- 109.
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En raison de la profondeur tic l'œsophage, il esl nécessaire, lorsqu'on vciil explorer ce canal par la vi«\ de recourir a des insLrnnietils spéciaux. Dès IXIîfi, Scmeleder cul l'idée d'un iiislrumenl construit dans ce but et le lit expérimenter par Sloerk. Quelques Bouées plus tard, en 1870, !.. Wnldcnburg (pj imagina une sorle de spéculum œsophagien composé d'un tuyau coniipie eu mêlai, dont la longueur pouvait varier de li à 12 cenliinèlres. ], 'instrument mis eu place, ou éclairait sa cavité à l'aide d'un miroir pharyngien. Depuis celte époque, de nombreux modèles d'osaophagoscope ont été construits : ils n'ont loulcfoîs donné que des résultats médiocres cl de beaucoup inférieurs à ceux du cathélérisme. Te.iilefc.is ces instruments ont été 1res perfectionnés, dans ces dix dernières années, depuis que Mikulic/ ('|
et Leiler ont eu l'idée de recourir à des miroirs, portant avcieux une source de lumière électrique, on a pu faire avec profil, île l'endoscopie œsophagienne (fig. HVi et 105).
Lanweufta/WH de l'œsophage, préconisée par Hamburger)1), étudiée par Morell-Mneken/ie, ClilTord Allbntt, Sninle-Mnrie (*), llarély (>), est de méine resiée 1res limitée dans ses applications.
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(*) MnctiLicz, Ueber Gastroscopte and OEsopbagOMOpie, Wbmtr meà
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Pour ausculter l'œsophage, on se place à la gauche du malade, qui est et croise les bras sur la poitrine, on place l'oreille à gauche de la colonne vertébrale, et Ton fait avaler une gorgée de liquide.
A l'état physiologique, il se produit un bruit analogue à celui d'un petit corps fusiforme qui parcourrait rapidement le conduit. Les changements dans la durée, l'intensité, la continuité de ce bruit, qui peut s'accompagner de frottement, de sifflement, de gargouillement, constituent des données qu'on peut utiliser quelquefois pour le diagnostic de certaines affections.