‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 173 sur 237 · VICES DE CONFORMATION CONGÉNITAUX DE L'ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

VICES DE CONFORMATION CONGÉNITAUX DE L'ŒSOPHAGE

L'étiologie des vices de conformation congénitaux de l'œsophage est très obscure ; il est certain qu'ici comme ailleurs on doit tenir le plus grand compte des arrêts de développement; malheureusement comme on discute encore sur le développement normal de l'œsophage, il est difficile d'affirmer en présence d'un cas donné qu'il s'agit d'un arrêt dans ce développement. La coïncidence avec d'autres vices de conformation n'est pas rare, notamment avec ceux qui

(') Mermod, Dilatation diffuse de l'œsophage sans rétrécissement organique. Rev. méd. de la Suisse rom., Genève, 1887, t. VII, p. 422.

s'étend aux muscles du cou, du thorax, de la nuque, du larynx; des accidents de suffocation, une sensation angoissante peuvent alors éclater, tout comme dans les cas de corps étrangers de l'œsophage.

La durée des accès est très variable, de quelques minutes à un ou plusieurs jours; il est rare toutefois qu'un spasme dure plus de vingt-quatre heures sans rémission. Comme toutes les névroses, l'resophagismc présente les plus grandes variations dans ses allures et il est impossible de rien fixer de précis à l'égard de sa marche. Jamais cependant, quoi qu'en ait dit Power, la mort ne survient et, Loi ou lard, l'œsophagisme finit toujours par guérir.

Diagnostic. — Le diagnostic est en général facile. La variabilité des symptômes met immédia terne ni sur la voie et conduit le chirurgien à pratiquer l'examen de l'œsophage avec l'explorateur à houle olivâtre. Celui-ci ne peut passer; il est arrêté net, mais si l'on prolonge la pression sur l'obstacle, in voit que celui-ci disparaît, tantôt graduellement, lanlôL brusquement et que In sonde parcourt librement l'œsophage. Au retour l'instrument parcourt sans arrêt tout le canal, le talon de la boule n'accrochant rien au passage. C'est lit une caractéristique du spasme œsophagien, en tout comparable a celui qu'un observe au niveau de luréthre.

Lorsque l'affection dure depuis un temps assez long, il faut se méfier et, pour peu que l'on n'observe pas la marche spéciale aux névroses, ne pas se hâter de croire à un œsophagisme alors même que la sonde tantôt butte et lanlol passe librement, une poche œsophagienne pouvant parfaitement simuler un rétrécissement spasmodique, comme le fait observer M. S. Duplay.

Une fois le diagnostic posé, il faut chercher si le spasme est symplonKitiipnd'une quelconque des affections que nous avons mentionnées, afin de le I raiter elTicaccineid eu s adressant à sa eause.

Pronostic. — Le pronostic n'est pas grave, pas plus que dans toute tuba névrose, il faul loulcfois faire des réserves pour les spasmes symploiuatiques, niais la gravile de ceux-ci est uniquement sous la dépendance de leur e*ttM.

Traitement. - Le traitement doit être à la fois médical et chirurgical.

Le calhétérisme a donné, dans celle affection, de réels succès ; il suffit souvent de passer un explorateur à bonlc pour guérir le malade. Lorsque son introduction est insuffisante on peut recourir à la dilatation brusque, faite avec la pince de P, Broca. Dans tous les cas on agira graduellement, distendant lentement et peu à peu le conduit, afin d'éviter toute déchirure pouvant entraîner des accidents graves, des périœsophagiles par exemple.

Le Iraitemenl médical, consistant dans l'emploi des antispasmodiques, tels que la belladone, la valériane, le bromure de potassium, etc., ne doit pas elre négligé.

Il va sans dire que, dans les spasmes sympfomaliques, un doit tout d'abord commencer par le traitement de la cause.

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