CHAPITRE IV
Alders (J.-F.-H.), [Die Pathologie und Thérapie der Kehlkopfskranklieiten. Leipzig, 1829. — Trousseau et Belloc, Traité pratique de la phthisie laryngée. Paris, 1837; traduction anglaise, par J.-A. Warder, Philadelphie, 1839. — Hldle, Die Kehlkopfskrankheiten. Berlin, 1861. — BaumgXrtner (J.), Die Krankheiten des Kehlkopfes. Freiburg, 1864. — Gibb (G.-D.), On diseases of the throat and windpipe, London, 1864. — Bruns (V.), Die Laryngoskcpie und die laryngoskopische Chirurgie. Tûbingcn, 1863. — Turk (L.), Clinic. researches on différent diseases of the larynx. London, 1862. — Klinik der Krankheiten des Kehlkopfes. Wicn, 1866.
— Tobold (A.), Die chronischen Kehlkopfskrankheiten. Berlin, 1866: 3* édit., 1874; trad. angl. par George M. Beard, New- York, 1868. — Manol (L.), Traité pratique des maladies du larynx. Paris, 1872. — James (P.), Lessons on Laryngoscopy. London, 1873; 4e édit., 1885. — Fauvel (C), Traité pratique des maladies du larynx, précédé d'un traité complet de laryngoscopie. Paris, 1876. — Stokrk (C), Klinik der Krankheiten des Kehlkopfes. Stuttgart, 1876.
— Isambert (F.), Conférences cliniques sur les maladies du larynx et des premières voies. Paris, 1876. — Eppinger (II.), Pathologische Anatomie des Larynx und der Trachea. Berlin. 1880. — M. Mackenzie, Diseases of the throat. London, 1880; trad. franc, par E.-J. Mourk et F. Bertier, Paris, 1882. — Poyet (G.), Manuel pratique de laryngoscopic. Paris, 1883. — Nikitin (V.-N.), Rukovodstvo k. izuchenion laringoskopii i boleznei gortain. Saint-Pétersbourg, 1884. — Gottstein (J.), Die Krankheiten des Kehlkopfes. Wien, 1884; trad. angl. par P.-M. Bride, Edinburg and London, 1885; trad. franc, par Rougier, Paris, 1888. — Consulter en outre les articles des grands dictionnaires.
L'inspection extérieure par la vue et le palper du cou peuvent renseigner le chirurgien sur les déviations, les déformations et le degré de mobilité du conduit laryngo-trachéal. L'auscultation pratiquée sur le larynx, à l'aide du stéthoscope fournit dans quelques cas (corps étrangers, polypes, etc.), des
données utiles au diagnostic ; de même le touclu'r intra-laryngien, dans derares circonstances, permet de reconnaître des lésions de l'orifice supérieur du larynx ; mais tous ces modes d'examen ne sont que secondaires et c'esl l'examen direct de la cavité du larynx par la larynyoscopie qui a permis de réaliser, en une période d'années relativement courte, d'immenses progrès dans l'étude des maladies de cet organe.
C'est eu 1858 que Tiirk et C/ermak ont imaginé et décrit des moyens pratiques pour arriver a voir l'intérieur du larynx sur le vivant. Jusqu'à ces deux médecins autrichiens, Lien des essais infructueux avaîcnl clé fenlés, mais aucune de ces lenlalives n'avaient donné de résultats suffisants pour encourager leurs auteurs et convaincre les médecins. Levret en 1748 pensait déjà à éclairer la cavité laryngée pour diagnostiquer sûrement les tumeurs et les extirper par les voies naturelles; mais ses recherches isolées n'eurent aucun écho; pas plus d'ailleurs que celles de Bozzini (Francfort, 1825). de Cagniard de la Tour (1825), de Babington (182!)). Il faut arriver à Garcia, professeur de chant (1855), pour trouver des résultats pratiques; malheureusement Garcia n'était pas médecin cl par cela même ses travaux perdirent le crédit que méritait sa perspicacité.
En 1857, Tiirk inventa un nouveau miroir au moyen duquel Czermak fil des études plus approfondies et créa d'un seul coup toute la technique laryngoscopique telle qu'elle existe aujourd'hui. Les belles planches du livre de Tiirk montrent que cet auteur observa beaucoup et bien, et il y a peu de chose à ajouter à bon nombre de ses descriptions.
En tout cas l'essor était donné, les faits nouveaux passionnèrent quelques médecins cl chacun d'eux imagina de nouveaux appareils d'éclairage qui furent proclamés les meilleurs par leurs auteurs (Tobold, 18G3; Servin, I8U5; Moura, 18fU ; Fauvel, 1865; Mackenzic, 1865). Tous avaient leurs avantages et leurs inconvénients, tous ils procédaient des méthodes de Tiirk et Czermak, et n'étaient que des modifications plus ou moins ingénieuses de leurs appareils.
Nous n'entrerons pas dans leurs détails, renvoyant pour cela aux traités spéciaux et nous contentant ici de décrire le plus simple à employer (l).
Pour voir dans l'intérieur d'un larynx, il faut un petit miroir, facile à introduire dans le pharynx, et une source lumineuse suffisante.
Le miroir laryngien, celui de Tiirk, est composé d'un petit miroir rond serli dans une capsule métallique et soudé suivant un angle d'environ 110 à 120 degrés sur une lige de laiton fixée elle-même à un manche ou poignée facile à tenir entre les doigts. Il y a des miroirs de différents diamètres suivant les cas ; il faut en avoir au moins Irois, variant de 1 centimètre à 2 centimètres île diamètre. Les plus grands sont nécessairement ceux avec lesquels on voit le mieux, aussi est-ce d'abord ceux-là que l'on essaye.
Le choix de la source lumineuse est ee qui a le plus divisé les médecins et ce qui a donné le plus libre jeu a leur imagination. On peut employer pour éclairer le fond de la gorge, soit la lumière directe (laryngoscope de Fauvel, appareil à lumière oxhydrique de Molleni), soit la lumière réfléchie par un
(■) La pratique, que nous exposons ici, est celle qui diverses cliniques, en particulier dans celle de notre i enseignée.
miroir porté par l'observateur (miroir dental de Czermak. bandeau frontal At
Krainer, lunettes, etc., ctc). Nous considérons la lumière réfléchie comme la
Fie. IÎ7. — Miroirs lnr>-iin.isi-f.|iif|tn.'9 ilu i
plus utile parce <|u'HIe peut filre utilisée dans
el nécessite i
ndre appareil. Pour la capter, le miroir avec bandeau frontal de Kramer est relui que nous conseillons. H peul être plan si on emploie la lumière du soleil, il doit être concave si on emploie la lumière du jour ou '■elle d'une source lumineuse arlilïcielle quelconque.
Son diamètre doit être de 10 a Il centimètres. 11 n'est pas indilïprent qu'il ait telle ou lelle courbure les miroirs concaves avec une dis lance locale de 15 à 20 centimètre) étant les plus convenable- el i qui donnent théoriquement le maxi inum de lumière lorsqu'on se place â la dislance voulue (li centimètres de la bouche du malade).
Une lampe quelconque peut servir à éclairer, la quantité de lumière étant moins importante que la manière de la recevoir el de la réfléchir.
Pour examiner un larynx, on se place en général dans un endroit peu éclairé, le malade et l'examinateur sont assis en face l'un de l'autre, aussi rapprochés «pic possible. La source lumineuse est placée un peu en arriére du malade, et du côté droit, presque a loucher son oreille de façon à ce que les rayons incidents tombent sur le miroir d'une façon plus directe cl soient aussi plus directement réfléchis. On accommode alors son éclairage de façon a trouver le maximum d'intensité avant de commencer l'examen : Le patient ouvre la
bombe cl le jet de lumière est projeté sur le voile ilu palais. On profile de ce lemps pour inspecter la bouche, les dénis, la langue, les amygdales el le pharynx. Cet examen peut fournir d'utiles éléments pour le diagnostic ultérieur, et peut pour ainsi dire guider les recherches que l'on va faire.
Ouand on s'est ainsi assuré que l'éclairage est suffisant, on se prépare à introduire le miroir. Ou le chauIVe légèrement de façon à ce qu'il ne soil pas terni par l'haleine du palîent, mais avant tic l'introduire on s'assure qu'il n'est pas porlé à une Irop haute température el qu'on ne brûlera pas les points où il sera appliqué. Delà fait, on fait tirer hors de la bouche la langue du malade cl on lo saisît entre le pouce cl l'index de la main gauche, garantie par un linge, grâce auquel la langue est bien saisie el ne peut glisser au premier mouvement réflexe, tendant à la retirer dans la bouche. On doit se souvenir ipi'il huit simplement maintenir la langue sans lirer trop fort sur elle, qu'il (Mit souvent protéger sa face inférieure par un coin du linge introduit entre celle-ci el les dcnls, afin qu'elle ne soil pas déchirée pendant les mouvements de défense instinctive qui peuvent survenir. Si ceux-ci se produisent on engage le malade à se calmer, en affirmant que l'examen n'est pas douloureux, el on
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cherche a le faire respirer lentement et régulièrement. De la régularité delà respiration dépend souvent le succès de l'entreprise ; lorsque la bouche est Lien ouverte, la langue molle et bien fixée, on introduit le miroir tenu comme une plume à écrire, la face réfléchissante parallèle à la langue, mais en évitant de la loucher pour ne pas mouiller et ternir le miroir, de façon à venir sur le voile du palais, un peu audessus de la luette <'t faisant environ un angle de lî> degrés avrr le plan horizontal du corps. Il faut éviter de loucher la luette qui est en général beaucoup plus sensible que le voile du palais sur lequel on peut s'nppuyer, et qu'on peut même déprimer sans produire la nausée. Si le malade est sensible et <[iic ce réflexe soit à craindre, on peut pulvériser sur le fond in pharynx une solution de cocaïne à 1/100 ou i/50. La pulvérisation est mieux supportée, el de phid'effet que le badigeonnage an pinceau.
[.ors de in liouciie. Qn voji a|„rï: |a base de la langue
el la luette, qui recouvre une partie de l'orifice supérieur du larynx. On incline légèrement le miroir en avant el l'œil pénètre dans le larynx. Comme point de repère on cherche les corde» vocales et pour les mieux voir on dit au malade d'émettre, sang rfjhrt. le son i. On voit deux cordons blancs ne qui paraissent se détacher des parois du larynx, el viennent s'accoler l'une à l'autre sur le milieu .le l'image. Le son émis il non tenu elles reprennent leur place primitive. Entre elles on voit un espace triangulaire qui est la glotte ; un peu au-dessus et de chaque côlé une bande