‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 206 sur 237 · PLAIES · texte numérisé non relu

PLAIES

Les plaies du cou ne sont pas fréquentes dans la pratique civile. Fischer en a relevé 50 cas sur 9508 malades traités de 1860 à 1876 dans les salles de Billroth; Jarjavay, 7 cas sur 6100 malades traités par lui à l'hôpital Saint- Antoine et à l'hôpital Beaujon. Elles sont plus fréquentes en Angleterre qu'en Allemagne et en France (Peyrot). En effet, Legoyt (s) a montré que sur 1000 suicidés, 355 emploient les armes blanches en Angleterre, 76 en Allemagne, 65 en France. Dans la statistique des blessures de guerre, les plaies du cou sont plus nombreuses; sur 408072 blessés, Otis a trouvé 4895 plaies du cou, soit 1,2 pour 100. Tous les chiffres que nous venons de citer sont sans doute au-dessous de la vérité, car les plaies qui intéressent les gros vaisseaux peuvent provoquer immédiatement ou très rapidement la mort, et cela surtout sur les champs de bataille.

Division. — Comme toutes les plaies des autres régions, les plaies du cou ont été divisées, d'après la nature de l'agent vulnérant, en plaies par instruments piquants, par instruments tranchants, par instruments contondants ou par projectiles d'armes à feu; la fréquence de l'intervention chirurgicale dans cette région, a permis de faire aussi une place à part aux plaies opératoires; ces dernières présentent en effet un grand intérêt, à cause des lésions vasculaires souvent considérables que nécessite l'acte opératoire.

(') Verneuil, Contusions multiples, délire violent, hémiplégie à droite, signes de compression cérébrale; mort le cinquième jour. Rupture complète des tuniques profondes de la carotide interne gauche au cou; oblitération du vaisseau au point lésé par un caillot qui remonte jusqu'aux dernières branches de V artère sylvienne. Ramollissement cérébral étendu à la presque totalité du lobe moyen. Bull, de VAcad. de méd., 1872, 2" série, t I, p. 46.

(*) (iillette, art. Cou. Die t. encyclop. des sciences médicales, 1" série, t. XXI, p. 167.

(3) Lkuoyt, art. Suicide. Diction, encycl. des se. méd., 3* série, t. XIII, p. 242.

650 LÉSIONS .TRAUMATIQUES.

La distinction en plaies superficielles ou sus-aponévrotiques et plaies prof ondes est très utile, car les plaies superficielles sont ordinairement simplet, n'entamant que des vaisseaux ou des nerfs de peu d'importance ; tandis que les plaies profondes sont le plus souvent compliquées, atteignant des organes c dont la blessure peut compromettre la vie, altérer une fonction ou déterminer quelque symptôme particulier » (').

Enfin, quelques auteurs se fondent sur les lésions de l'œsophage ou de la trachée, pour diviser les plaies du cou en pénétrantes et non pénétrantes.

Étiologie. — Les plaies du cou sont rarement accidentelles (chute sur uo fragment de verre, sur une lame de métal, sur une tige de fer ou de bois, etc.): elles sont le plus souvent le résultat d'une tentative de meurtre ou de suicide; les plaies de guerre, autrefois dues pour la plupart à des instruments piquants ou tranchants (coup de baïonnette, coup de sabre), comprennent surtout aujourd'hui des plaies par projectiles plus ou moins volumineux, balles, éclats d'obus, etc.

Les seules conditions étiologiques spéciales aux plaies du cou peuvent donc se résumer en deux groupes de faits : plaies de guerre, tentatives de meurtre ou de suicide. Nous n'avons pas à insister ici sur les autres causes de ces plaies et à refaire rénumération de tous les corps vulnérants, étiologie banale de toutes les plaies en général. Nous reviendrons, au cours de notre description, sur les conditions qui peuvent, dans certains cas, leur imprimer un caractère spécial.

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