‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 24 sur 237 · HISTORIQUK DES FISTULES DU COU · texte numérisé non relu

HISTORIQUK DES FISTULES DU COU

l'ouverture au dehors d'une cavité kysliquc. Ces fistules secondaires sonl, elles aussi, congénitales, en ce sens qu'elles ont pour origine un trouble d'évolution, que ce trouble d'évolution esl, comme pour les fistules primitives, un arrêt de développement. L'identité, toutefois, n'est pas absolue entre les fistules primitives et toutes les fistule* secumlaires. Pour qu'une fistule soit réellement primitive, il faut qu'elle corresponde à la persistance d'un étal normal dans lequel, passagèrement, un orifice s'ouvre sur le tégument cutanéo-muqueux. Or nous verrons que si les fistules ordinairement primitives peuvent être. quelquefois secondaires, il est des fistules secondaires qui ne peuvent pas avoir leurs similaires parmi les fistules primitives. C'est surtout en vue de cette démonstration que j'étudierai ici les fistules secondaires, dont la description clinique doit être rattachée à celle des kystes dennoïdes et mucoïdes.

Ces fistules, de quelque variété qu'elles soient, sont liées à un vice de développement de l'appareil branchial, et ii cet égard elles méritent le nom de fistules branchiales sous lequel on les désigne souvent. Mais ce que j'ai déjà exposé d'embryologie normale fait comprendre qu'on ne puisse plus, comme il y a quelques années, les appeler ainsi parée qu'elles sont ducs à la persistance partielle d'une lente branchiale. Je répéterai, en effet, qu'il n'y a pas de fentes branchiales comme on les comprenait naguère.

Historique. - Il paraît que dés 1789 llunczowski a publié deux observations de fistules congénitales du cou. Mais ces faits avaient passé inaperçus et ils seraient peut être ignorés encore aujourd'hui si en 187Ô G. Fischer ne les avait tirés de l'oubli. On peut dire que Dzondi est le premier, en I B39, à avoir al tiré l'attention sur ces fistules, qu'il n appelées fistules trachéales congénitales. Cette dénomination prouve, d'ailleurs, que Dzondi esl tombé dans une grave erreur, bientôt rectifiée, il est vrai, par Ascherson (1853) : cet auteur lit voir nettement que lorsque ces fistules sont complètes elles sont pharyngiennes et non point trachéales; de plus, il chercha à expliquer leur mode de formation à l'aide des notions alors établies par Halhkc, Huschkc, de Baer, Burduch. J. Millier sur l'évolution des arcs branchiaux. A partir de ce moment les mémoires et observations se sont succédé, dus en Allemagne, à Lusebka, à Roser, à Heusinger; en France, à P. Brocia, Faucon, S. Duplay, Sarrazm, Oussel ; si hien qu'en 1801, Heusinger réunissait It! observations, Cusset plus de 61) en 1877. Fischer une centaine en 1880, et enfin en 18'JO, von rïoslaneckî et von Miclickî ont basé leur élude sur 125 faits. Ces derniers auteurs ont écrit ■• ec sujet un mémoire important où ils recherchent, surtout les interprétations auxquelles on peut se rattacher depuis les publications de Mis, Kœlliker, Fol, Raid, etc., sur le développement normal du cou.

Uiundi, De fittutit trachea- co.iy.-nUi». Halae, 18211. — Ascii eiison, Dr fUtulis aoflj oon< genitii. Berlin, 1*32. — IIel'sim.iji, llul^kic-in.'ntislelii. Arch. fur pothot. Anat. tind Phyt., m*, 1. XXIX, p. 358. Voy. aussi t. XXXIII, |>. 177 cl «I, cl Vibchow, t. XXII, p. 518. —

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Sarrazis, art. Coi. .Vhhbcim Dicl. de méd. rt de chir. pr.it., t. IX. p. (if.il. Paris, I8IM. — <,. Kismikiî, Hi-lnrischc Noliz r.ur angeborenen Ifalsflstel. Dtutiehe ZeiUehrifl fur Chir., 1873, t. Il, p.570. — Die Kr.inklieil.-ii <l,-s Malses. Drntsrhe Chir. von Biliroth ». Liïeke. Stuttgart, 1880, liv. XXXIV. — S. Duplay, fies lisliilos coiijtciiiLali's du cou. Arch. ,,énér. de méd., l'ariB, W.j, t. I, p. 7*. et Traité étém. de pathul. externe, l. V, p. 5i. Paris, 1878. — Cusset, L'appareil branchial dm mtibret, etc. Thèse de ilort. de Paris, 1877, n* 181. — Gillette,

art. Coo. Dkl. en^yelop. dri se. mèd., p. 37<i. Paris, 1S7S. — A. Rhoca, Bvtl. ie I

1880, p. -Ï85. — K. v. Kostanecki ri \. v. Mielicm, Hic mifwborenen KieniPiiNsUHn .!. -

Menacfaen, Arch. fur path. AtuU. uad /%«., 18!H), L CXX, p. 385, et t. CXXL p. 55 et MT.

Étiologie. — Nous sommes fort peu instruits sur les causes des fistules congénitales du cou. Le fait le plus saillant est la fréquence de l'hérédité : sur 83 individus, porteurs de 101) ilslules, Fischer la note 21 lois. Elle peut porter sur plusieurs générations cl à cet égard on cite un l'ail d' Ascii ers on, où, dans une famille, il y eut 8 de ces fistules eu 3 générations. II faut également admettre une influence héréditaire dans une observation du même auteur où. les parents étant indemnes, 5 enfants sur 8 fuient atteints du vice de conformation.

(Quoiqu'il s'agisse d'un vice de développement de l'appareil branchial, la coexistence de malformations faciales est rare, le hec-de-Iièvre en particulier est exceptionnel. Toutefois des malformations concomitantes ont élé constatées à l'oreille externe par Ileusingcr, aux oreilles moyenne et interne par \ irchoiv. et un des sujets d'Ascherson était frappé de surdité. On a dil que l'influence sexuelle est nulle. Cependant les relevés de Koslanecki et Mielicki accusent une certaine prédominance du sexe masculin.

D'après toutes les statistiques, les observations allemandes forment grosse majorité. Est-ce parce que la lésion est réellement plus fréquente en Aile magne que dans les autres pays* Est-ce parce qu'elle est plus volontiers étudiée dans le pays où elle a été découverte? L'explication reste obscure, mais le fait est que 72 des 82 observations relevées par Fischer sont publiées par des auteurs allemands et dans les tableaux de Koslanecki cl Mielicki, la proportion est de 90 sur 125.

Variétés. - Je me suis déjà expliqué sur la division en fistules primitives et fistules secondaires.

Ces fistules sont, comme toulcs les fistules, complètes, borgnes internes el borgnes externes. Les premières s'ouvrent à la fois sur la peau el sur une muqueuse. Les secondes ne s'ouvrent qu'à la peau el les troisièmes sur une muqueuse seulement.

On a divisé ces fistules en pharyngiennes et Iraehéalcs, suivanl. que l'orifice Interne communique avec le pharynx ou avec la trachée. Dzondi a même prétendu que la communication trachéale était la règle, erreur bientôt rectifiée par Ascherson. Depuis, on a cité, en Allemagne surtout, quelques exemples exceptionnels de fistule trachéale, et d'après Ahlfeld, Sehullcr, Fischer, il faut considérer comme telles les lislules médianes décrites par Lusehka, Hiecke, Jenny, Konig. Mais ces faits n'ont pas entraîné la conviction de Sarrasin, de S. Duplay; et c'est avec raison, nous fonl savoir Koslanecki el Mielicki, car dans le fait de Lusehka la fistule était borgne, el dans ceux de Jenny, de Hiecke, l'orifice interne était, quoiqu'on en ail dit, pharyngien. Je ne décrirai donc pas ces fistules trachéales, dont aucun fait précis ne démontre l'existence.

Les fistules pharyngiennes el borgnes externes sont de deux espèces, selon que l'orifice cutané est laLéral ou médian.

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