KYSTES BRANCHIAUX
Les kystes branchiaux sonl souvent décrits avec bien des confusions. Jusqu'au milieu de ce siècle, on donnail une description d'ensemble pour les kystes congénitaux du cou et à chaque instant on empiétait d'une variété sur l'autre, on mélaîl des faits relatifs aux kystes séreux mulliloculaires, aux kystes dermoïdes, aux kystes mucoïdes. Peu à peu la clarté s'est faite dans ce sujet complexe et on a isolé le groupe des kystes branchiaux, à paroi dermoïde ou mucoïde, liés à une évolution vicieuse de l'appareil branchial ou de ses dépendances, Dans un mémoire récent, toutefois, Senti range encore les kratefl séreux multiloculaires dans les kystes branchiaux. C'est, croyons-nous, une erreur aujourd'hui jugée.
Vou.LEMirn, Det kt/ite* du cou. Thès-e de concours de Paris, 18M. — I.oitain, Mémoire sur les kystes conEiènilaux <in col. Ctemptea rendus de l.i .Sw. de hinl., Paris, 18.M, p. 134. — Viulet, Dei kyitu con-jcuit'uu:. Thèse de doct. île Paris, I8M, n* 1.">». — 1'. 1! ou cher, Êtwk titr Ut kytlet congénitaux du cuu. Thèse de dort, de Paris, WfS. n* i\~<. — M. Sciiëde, Ueber die tiefen AMierome des Halses. Arch. f. ktin. Chir., 1872, I. XIV, p. 1. — Hidder, Zur Casuislik utid lieliatidliuii; der liefeu Al lieramevsti'n des Haises. tbiilrin, IKTti. t. \\. |i. (5t. — Pilon, Du kytta dermoidn du cou. Thèse de doct. de Nancv, 1883-1883, tv 170. — N. Senn, Oïl branchial cvsts oflhe neck. Journ.oftht Amer. med. Au., 4884, L III, p. 107.— SeidmanN, firilr. Jiir Çatuintik mid h'eniitniss der Dcrmoidryitm in der Ilnlijegend. Inaue. Dise,, Wurzbourg, 1886. — Samtkr.I-jii Peiliiii; zur Lelire von den KienietiiianiiKeschwûlsten. Arch. fur palhol. Anut. und PhyioL, 1888, t. CXII, p. 70. — Lannelonoue et Aciurd, Trait? dukyttu coiiyênitnui. Paris, 1886. — K. v. Kostakecxi et A. v. Mielicki, Arch. fur path. \nat. u. Physial., 1890, 1. CXXl, p. B5.
ANATOMIi; l'ATIIOI.Or.lu['i: DES KVSTKS LiHASCIIIAI/X.
Anatomie pathologique. — D'après lu structura de la paroi, il y a deux ordres -le kystes branchiaux : lu les kystes dermoïdes; 2° les kysles mucoïdes. Celle structure a déjà été indiquée par Quéiiu{'), dans ses traits principaux et je n'ai plus à mentionner que les particularités régionales.
Les Icijutcs branchiaux latéraux uni pour caractère ordinaire, à la dissection grossière, d'adhérer au squelette. Lùcke, Langenbeck ont constaté qu'ils sont quelquefois unis à l'apophyse slvloïde; plus souvent ils adhèrent à la grande corne de l'os hyoïde.
On Connexions osseuses ne sont pas les seules, el pour les kysles latéraux il en existe souvent avec la gaine des vaisseaux carolidiens, avec la jugulaire interne surtout; il en était ainsi chez des opérés de Langenbeck, de Schede. Mais il est a remarquer, disent Volkraonn, Max Schede, que ces adhérences sont peut-être secondaires : elles sont en effet inconstantes el ne s'observent guère que lorsque le kyste a été enllainmé, à la suite d'une ponction par exemple. De même c'est sans doute par une altération secondaire de la paroi veineuse qu'il faut expliquer le cas où Gluck a vu la jugulaire interne s'ouvrir largement dans un kyste inucoïde.
Les kysles dermoïdes du cou sont presque toujours le type des kysles dermoïdes simples, ne contenant que île ta matière sébacée el des poils, et même peu de poils. Sur des pièces examinées par Robin, Neumann, Baumgarten il y avait association de la paroi dermoïde et de la paroi mucoïde. D'autre part, certains hislologistes oui quelquefois trouvé dans la paroi du tissu lymplioïde, aulourde la membrane dermoïde, et de là Liieke, J. B(rckel, M. Schede ont conclu à la participation des ganglions lymphatiques. Mais Pilliel fait remarquer que, vu l'abondance du lissu lymphoïde aulour du pharynx, dans la zone branchiale par conséquent, celle partie i palion n'est nullement nécessaire. Peut-cire donc les kysles ganglionnaires du cou, sur lesquels on a beaucoup discuté autrefois, sont-ils une variété des kystes branchiaux.
WViss. Gillette, Malherbe (de Nanles)(') ont observé au cou des kysles à contenu huileux. On a parfois attribué une origine traumalique à ces kysles, rencontrés chez l'adulte. Mais si l'on s'en rapporte à ce que nous savons sur les divers kysles huileux étudiés histologiquement, il esl probable qu'il s'agit de kystes dermoïdes pendant longtemps latents.
Virchow, de Saussure Ford onl déerîl des kystes dermoïdes complexes, conleiuini des masses osléo-carlilagiueuses. Mais nous nous rapprochons alors des léralomes au moins autant que des kysles par simple enclavement. S'agilil d'un processus néoplasique ayant envahi secondairement un de ces kystes'; Le fait est possible, car il exisle certainement des épilhéliomas qui onl pour point de départ un kyste dermoïde pendant plus ou moins longtemps inconnu el Volkmann nous a fait connaître ces mjWjih)h-*ïs hi-anc/tînt/thies, vérifiés depuis par Bruns. Qnarrey Sileock, Hegnaull, Iteverdin cl Mayorf1).
(') Voy. I. l,p. 1W>.
(*> Mamierde, Rutl. a Hém. de la Soc. te chir., 1878. nouv. sâr., t. IV, p. SÛT.
O VOLUUim, Ctntralbtott fiir Chir., 18R*>, n- 4, p. 10. — ÏIegnault, Areh. fur Mm. Chir., 1881, L XXXV. p. 50. — BiCKABD, llrwu BtitrOgt wr Min. Chir., Tubingen, 1887, l. III, p. 165. — Reverdir el Matou, fier. mid. de la Suas* romande, 1888, p. IflS. .,
ARRÊTS DE nÉVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU.
Les kystes médians ont eux aussi la plupart du temps des connexions avec le squelette. Il faut les diviser en plusieurs groupes.
Ceux de la région sus-hyoïdienne appartiennent clinîqueraenl au plancher de la bouche. Ils se fixent, souvent par un prolongement plein ou canuljculé, soit à la symphyse du menton, soit au corps de l'os hyoïde. Ils sont de structure dermoïde.
Ceux de la région thyro -hyoïdienne constituent la grande majorité des kystes mucoïdes du cou, revêtus] d'un épithélium cylindrique, souvent vibralile. Il faut d'ailleurs ajouter qu'en cette même région il y a el même plus souvent 4 kystes dermoïdes.
Tachard a vu un kyste dermoïde médian inférieur adhérer à la traeh<
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Pathogénie. — Ces kystes dermoïdes et mucoïdes, quoique souvent ils ne soient reconnus que tardivement, ne peuvent guère s'expliquer que si on admet l'existence d'une poche à paroi épithéliale liée à une soudure incomplète du système branchial ou de ses dépendances. C'est la théorie de l'enclavement, émise pour la première fois par Verneuil en 185*2, appliquée aux kystes dermoïdes du cou en particulier par W. Roser en 1859. Celte théorie ne doit sans doute pas être généralisée pour tous les kystes dermoïdes, mais pour ceux du cou elle semble bien établie.
Les kystes latéraux dermoïdes sont probablement dus au pincement, dans la profondeur, d'une des rainures branchiales au niveau du sinus praicervicalis. Les kystes mucoïdes latéraux, plus rares, sont sans doute dus à l'enclavement du cul-de-sac du conduit branchial de Rahl, au niveau de la deuxième poche branchiale; et ce que j'ai dit des connexions de ce conduit avec le mima pr&cervicalis explique la possibilité clcs kystes à paroi mixte. Peut-être certains kystes mucoïdes latéraux sont-ils en relation avec l'évolution vicieuse d'une des invaginations thyroïdiennes Inlérales, nées d'ailleurs elles ausssi dans le fumius branchtalis. On le voit, l'analogie palhogénique est grande avec les fistules congénitales, et d'autres faits encore parlent en faveur de celte assimilation. Max Sehede a noté l'existence d'un kyste dermoïde chez un garçon dont la sœur portail une fistule; souvent les fistules borgnes se terminent dans une véritable ampoule, et par contre les fails de Larrey ('), S. Duplay, Neumann, Haumgarlen prouvent que les kystes dermoïdes du cou ont volontiers une forme eanaliculée.
Pour les kystes médians, on ne saurait invoquer les rainures et poches branchiales, le sinus prirrervicatis, toutes formations qui n'existent pas au niveau du champ méso-branchial.
Les kystes du plancher buccal, toutefois, s'expliquent encore assez bien si l'on admet un enclavement produit entre les arcs mandibulaires el au-dessous d'eux, à une période très précoce, avant la formation du tuberculum impur.
Ouanl aux kysles thyro-hyoïdiens, je crois pouvoir passer complètement sous silence la théorie de lîoyer, théorie dite de l'hygroma ('). Quoi qu'on en
(') Labrev, Bail, de la Soc. de «Mr., Paris, UH48S3, t. III, p. M», M:», 507. (*) Dupuvtiien, Gai. de* hôpit., 1851, |>. lui. — Verneuil, Arrli. gintr. de méd., 1853, t. 1, p. 185 el 4TiO. — Luschka. Arch. f. path. Anal. u. l'hyt., 1861, t. XXX, p. 23t. — Akfiie. TUM
dedocl. de Paris. 1X7.'.. n'7,"-.. — Ulliac, Thesfdedort.de Pans, 1X7X. n-ÏOt.