‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 31 sur 237 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

FIBRO-CHONDROMES BRANCHIAUX

On voit quelquefois des enfants porteurs depuis leur naissance d'appendices de petit volume, insérés sur la peau de la région cervico-faciale. Ces petits appendices, signalés par Sue, Colson, Reissmann, Rynd, Morgan, Southam,

(*) Verduc, Les opérations de la chirurgie. Paris, 1094, t. I, p. 129. — Gressy, Thèse do doct. de Paç-is, 1857, n- 154.

FIBRO-CJIOXDROMI^ BliAXCHlAUX.

Van Duyse, ont fail l'objet îles études de Lannelongue, puis de Buttersack, de Poirier et de neltcrer(').

L'aspect de ces appendices est aise à décrire. Ils constituent de petits prolongements conoïdes, longs au plus de I centimètre, à corps parfois un peu renllé, quelquefois portés par un pédicule légèrement rétréci. Sur eux, les ligaments sont normaux. Leur consistance souvent est ferme et. à la palpalion, on sent, dans bien des cas, une petite lige centrale plus résislante.

Ces appendices congénitaux ont pour siège de prédilection la région pré' auriculaire, près du tragus, puis, avec une fréquence moindre, la région faciale inférieure, au-dessous d'une ligne allant du tragus à la commissure. Ils peuvent, mais le fait est rare, faire saillie sous la muqueuse de la lèvre inférieure. Souvent les appendices pré-auriculaires sont multiples, et alors volontiers disposés par paires sur une ligne verticale; ils peuvent être symétriques. On observe des appendices analogues sur les autres régions de la face, mais le fail est rare.

Au cou, ils occupent presque toujours le siège de l'orifice externe des fistules congénitales, un peu au-dessus de l'articulation slerno-claviculaire. Nous avons vu d'ailleurs que des excroissances analogues s'élèvent parfois à l'orifice cutané île ces fistules. Ici encore la bilatéralilé est fréquente.

Quand on excise ces appendices, on leur trouve la structure suivante. Sous un épiderme et un derme normaux exîslc une petite lige lîbro-earlilagineuse entourée d'un mince périchondre et se continuant avec un pédicule fibreux, Il semble, pour les appendices pré-auriculaires, que ce pédicule se continue quelquefois avec le tragus; quelquefois il se dirigerait vers le maxillaire inférieur, mais sans s'y insérer d'une façon nette.

Cette tige fibro-rarMIiigineuse n'est d'ailleurs pas constante et. par exemple, elle ferait défaut dans les appendices de la région faciale supérieure, sur le territoire du bourgeon frontal en particulier.

L'interprétation pathogénique de ces petites produclions n'est pas encore fixée, et pcul-êtrc y a-t-il à ce point de vue plusieurs variétés à distinguer. Ainsi Lannelongue, Trélal, Magitot, se sont demandé si les appendices de la région faciale inférieure ne proviendraient pas d'un bourgeonnement vicieux du cartilage de Meckel. Mais celle explication, à laquelle Lannelongue a renoncé, ne s'applique qu'à celle région. Il est vrai que pour les appendices cervicaux, avec ou sans fistule, on peut invoquer une persistance anormale, avec excroissance, de la tigelle cartilagineuse qui forme le squelcllc primitif des arcs branchiaux. Ce qui est ecrlain, c'est que ces petites tumeurs coexistent souvent avec des malformations dans le domaine des ares branchiaux. Outre les fistules cervicales déjà mentionnées, il faut savoir que les appendices pré-auriculaires accompagnent fréquemment la macrostomie , les malformations de l'oreille externe, l'atrophie du maxillaire inférieur : à ecl égard, je cilerai les observations de Rynd, Morgan, Van Duysc, Trélat. Lan-

(') LaNNELUN'^E cl .\<:I1AR». Tmitr (tes inj'tr* rr>n//<fnitauj:. l'iiris, 1880. |>. 171. — RevëRihn cl Mavor, Revue méd. de la Suint romande, 188", p. 4Ô8. — Poirier et Hetteher, Bull, de ta Soc. anal., 1889, p. 338, cl Joum. de fanal., 1890, p. 49. — A. Bhoca. Bull. île la Sor. anal., 1880, p. 385. — Kostaskcki cl Mif.lickt, Areli. de Virehow, 1801), t. CXXI, p. 73 (bibliographie). — Consulln en oulre la biblographic i!e In Macreutomie, p. 13.

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nelongue a noté l'hérédité. Il semble donc qu'il faille admettre un trouble dans révolution de l'appareil branchial, mais nous ignorons la nature exacte et la cause de ce trouble. D'après Van Duyse toutefois, il faudrait faire jouer un rôle important aux adhérences amniotiques, et à cet égard j'ai examiné une pièce démonstrative : c'est celle d'un fœtus macrostome, chez qui deux brides funiculaires, symétriques, prolongeant une vaste adhérence cranio-encéphalique, s'inséraient symétriquement sur les deux pommettes et avaient attiré de la sorte deux petites colonnes cutanées longues d'environ 5 millimètres.

En clinique, l'importance de ces appendices est à peu près nulle. Quelquefois ceux qui font saillie sur la muqueuse labiale sont susceptibles de s'engager entre les arcades dentaires et de devenir gênantes. Mais presque toujours leur seul inconvénient est d'être disgracieux.

Ils semblent s'accroître un peu après la naissance, mais ne tardent pas à rester stationnaires. On s'est demandé s'ils ne pourraient pas subir ultérieurement une évolution néoplasique : le fait est possible, quoique obscur, pour certains débris cartilagineux congénitaux de la profondeur du cou, mais pour les appendices cutanés, aucune observation ne le démontre.

L'ablation au bistouri est indiquée quand les appendices sont gênants ou disgracieux.

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