BOURGEONS CERVICAUX
unguis, ob propres du nez, apophyses montantes de l'intermaxillaire et du maxillaire. Le bourgeon frontal donne la cloison des fosses nasales, lame perpendiculaire de l'ethmoïde et vomer, et tout ou partie de l'intermaxillaire. Ce dernier point est contesté. Autrefois, en effet, on rendait le bourgeon incisif responsable de tout l'os incisif. Déjà je l'ai dépossédé, sans hésitation, de l'apophyse montante de cet os. Kaul-il aller plus loin encore et, avec Albrecht, rattacher a l'apophyse montante le germe de l'incisive latérale? La discussion à ce sujet viendra mieux quand j'aurai étudié l'ostéologie du bec-dc-liévrc.
Récapitulons maintenant les encoches,' rainures et fentes que nous trouvons autour de la cavité buccale. Les lignes de coalescence sont les suivantes :
l* La ligne médiane, aux deux lèvres, aux deux mâchoires, au palais. La question de la langue est réservée jusqu'à nouvel ordre;
'2* Une ligne sous chaque narine ;
5* La gouttière lacrymale, se branchant en Y sur la précédente, d'après la plupart des auteurs, allant jusqu'à la bouche, d'après Albrecht;
la La ligne commissurale ou intermandibulaire ;
5* La ligne interptérygoïdienne.
La coalescence de toutes ces parties est très rapide. Elle commence superficiellement, sur la ligne médiane. Elle est achevée, sauf au niveau du voile du palais, dès la neuvième semaine.
Bourgeons cervicaux — Nous rencontrons au cou deux ordres de formations mésodermiques :
!• Sur les parties latérales, les «ro branchiaux;
2* Sur la région médiane, le champ méxo -branchial.
{' Arcs branchiaux. — Les arcs cervicaux sont au nombre de trois :
ils constituent les arcs branchiaux 2, 5 et 4, l'arc maxillaire étant le 1" arc branchial. Ils sont primitivement parallèles et régulièrement superposés, mais ils ne tardent pas à subir des déplacements réciproques très importants. Les deux premiers arcs, en effet, se développent avec une rapidité bien plus grande que les autres, en sorte que, dés la quatrième semaine, les suivants rentrent dans leur courbe, comme rentrent l'un dans L'autre les cylindres d'une lorgnette, le 4' étant recouvert par le 3", recouvert à son tour par le 2". De la sorte, une dépression profonde se creuse à la face antéro-externe du cou ; c'est ce que His appelle le air
Fie. 4. — Coupe transversale d'un embryon. (D'apte* Hls,Arch.f.An.u.l>lil/t.,im,p\.XXU,flg. 4.) Au, artère baallaire. — En, éplglolle. — Kk, cavité du larynx.— NI, nerf laryngé supérieur. — Oc, œsophage.— Pa, repli arytëno-epiglotliquc — Ph, pharyni. — Stlw. paroi cervicale latérale. — Spr, sinus pnecervlcalis — Th. rudiment ecloilcrmlquc du thymus (première opinion do 111b). — V], veine jugulaire. - II, III, IV, V, 3- et *• arcs ïiwéraui. - V,S-arc aorlique. — 3, ï- poclie pharyngienne.— 9, nerf glosso-pharynglen. — 10, nerf pneumogastrique. — II, nerf hypoglosse.
ib prœcervicalia. La paroi antérieure do
8 LiKVJÏI.UPl'KMKNT NOHMAL DE I.A fkCE ET DU COU.
celle poche est formée par les 51 el 4° arcs, qui dès lors ne sont plus visibles do l'extérieur, cachés qu'ils sont pnr le 2r arc. La paroi postérieure esl constituée par la paroi latérale du cou. L'orifice est limité en haut par le bord
inférieur
( arc, en bas par l
■ de la paroi thoracique antérieure, et le bord inférieur du t!" arc se prolonge en un processus opertutairs qui descend peu a peu au-devant de l'orifice et se soude à la paroi oervieo-lhoraciquc, elle aussi développée, pour aller à la rencontre de l'opercule. Mais oel opercule ne vient pas au contact dea 5* et i arcs, définitivement cachés dans la profondeur, et derrière lui le ?v arc se fusionne avec la paroi postérieure du stnua prwwi iiieaKs, laissant entre celle soudure et le V" are, tout à fait profond, une cavité qui, d'après Ilis, servira au développement du thymus.
Les rainures branchiales eelodermitjuea sont peu profondes. Je parlerai des dépressions endodermiques quand j'aurai étudié le champ méso-branchial.
Chacun de ces arcs a un nerf axial : le facial pour le 2', le glosso-pharyngien pour le ">', le laryngé supérieur pour le 4" ; au 5" répond de même l'origine de la carotide interne; au V a gauche, la crosse de l'aorte, el a droite le tronc brachio-céphaliquc.
Aux dépens du 2e arc, appelé de ce chef slylo-stapédicn, se forment 1 etrier et l'appareil suspenseur de l'os hyoïde, y compris les petites cornes. On dit souvent que le corps et les grandes cornes proviennent ilu 5* are ; le fait est très admissible pour les grandes cornes latérales, mais il semble qu'il faille rattacher le corps médian à révolution du champ méso-branchial.
2" Champ méso-branchial. — J'ai déjà dit que, au-dessous du premier, les arcs branchiaux ne se touchent pas sur la ligne médiane. Ils restent d'autant plus écartés qu'ils sont plus inférieurs (d'où le déjellement latéral du WHH prœcervtcalis), el entre eux est interposé un espace mésodermique triangulaire, à base inférieure répondant à la paroi thoracique ; c'est ce que Ilis appelle le champ méso-branchial. Celle région n'a rien d'important a considérer à sa face ectodermique, mais sa face eiidodermiquc est fort intéressante. Sa l'orme, vue de ce côté, est la suivante : tout à l'ail en haut est une saillie arnmdie, le tuberculum impar de Ilis, situé juste au-dessous de l'arc mandibulaire ; plus bas est une autre saillie en fer à cheval, et allongée dans le sens vertical, la furcula de His, ayant déjà la forme de l'épiglofte, dont elle est en effet le rudiment,
ii |ir.i'i'iTiii-nt. ri
il le toml, F, e*l nctuellen poches hmiichinles. — 3' el i', 3* i-i I" un Th. niilimenl etutoriennlqiu du thymus, lîlosso-pliiiryrigien. — XII, nerr hypngloss. rynge supérieur. — liji, épiglolle.
CHAMP MBSO-flRAHCHIAL ET POCHES BRANCHIALES. 3
• l se prolongeant en bas en deux il êtes qui bordent une gouttière. La limite inférieure de In furcula répond au quatrième sillon branchial endodermique, limite en dedans par un bourrelet <pii suit le bord de la furcula, et que Mis appelle crttid termina Us.
Les sillon* branchiaux intemrx sont bien plus accentués que les externes, si
Fie S.
Fi'.. •.. 7. h, S. Figurai i(o tlif raprodi \\b buco-pliaryiiRli
— l'orili nu li ri-' lin- île U . III, IV, ares branchiaux.
S. fi, >.•'■.- Iii'norliialù. Au-dussiis
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l'i.. ». — Minir ri-jjiixi. embryon <lu 7 mllllmèlrcs. — .», mncliuîre iiifLrlniirc. — i, tul/rrrulnm impar. — T. Invul.itiuu lti;T"l'lit'lin<' mi'ilLau.'. - '. rliln'-c il il larynx. S. /uu/ui liriiachiati*.
i M '■'■ Mtmt rt-Blon, embryon Jp 10 milliini-lrti. Mûmes tellres. — o, orlflce eonduî-anl ilnns T, IbyiiiMr mL'iliîiiii-. ■■. i'jiiulnlli-, n. iv]>li jnytifiu-v|ii^lc)Ulqiie.
bien que Mis les nomme poches brancliiali-s ; et surtout le quatrième se creuse, • onLre la furcula, en une profonde dépression, le fundits bnmchî'tlis de Mis.
Le premier sillon laisse sa trace, sous la forme de la trompe d'Eustache et de l,i ravilé de la caisse. Le sillon externe correspondant donne le conduit ■nditîf externe.
Le deuxième sillon se prolonge, d'après Rabl, en un conduit branchial (Kiemengang) qui se dirige vers l'opercule branchial du '2r arc cl se met ainsi eu rapport avec la paroi antérieure du sinus pr&cervicalie.
Le troisième sillon, lui aussi, a des connexions fort étroites avec le sinus prsecervicalis. Son cul-de-sac vient au contact de ce sinus, dans cette partie que nous avons vue isolée par la coalescence du 3e arc et de la paroi thoracique, et il semble, d'après Born, que là naisse le thymus dont l'origine serait ainsi, en partie du moins, mésodermique.
Développement de certains organes. — Nous venons de voir, dans leur ensemble, quels sont les principaux phénomènes observés au niveau du cou pendant la vie embryonnaire. A ces notions générales nous avons besoin d'ajouter quelques renseignements sur la manière dont se développent le thymus, la langue, le corps thyroïde.
1° Pour le thymus, j'ai déjà dit que, d'après His, il est d'origine ectodermique et se forme aux dépens du sinus prœcervicalis. D'après Born, toutefois, il faut faire intervenir la troisième poche pharyngienne. D'après Fol, c'est la quatrième poche qui est en jeu, mais toujours par son épithélium endodermique.
2° Le développement de la langue a donné lieu à de grandes discussions. D'après Reichert, elle se forme par deux bourgeons nés, vers la cinquième semaine, de la face interne des arcs mandibulaires. Selon His, il n'en est rien. Le tuberculum impar constituera la pointe de la langue; quant à la base, elle naît d'une pièce, également impaire, située entre la précédente et la furcula, et dépendant à la fois des extrémités antérieures du 2" et du 3e arcs. La ligne de fusion entre ces deux rudiments est en forme de V : ce sera le V lingual, et le développement du corps thyroïde va nous apprendre ce que c'est que le foramen cœcum.
3° Le corps thyroïde, d'après les recherches de His, Born, Wôlfler, se développe par trois invaginations parties des poches branchiales : une médiane et deux latérales. L'invagination médiane se fait entre la pointe et la base de la langue, puis traverse ce qui sera la membrane thyro-hyoïdienne et descend jusqu'à tomber sur le fer à cheval formé par les deux invaginations latérales. Celles-ci, parties du fundus branchialis (quatrième sillon interne), convergent en effet vers la ligne médiane. On voit ainsi comment se forment d'une part les lobes latéraux, d'autre part la pyramide de Lalouette. Quant à la partie supérieure de l'invagination médiane, elle est destinée à se résorber vers le deuxième mois. Quelquefois cependant ce conduit lingual ou thyréo-glosse persiste et porte souvent alors le nom de canal de Bochdalek.
4° Une dernière question se pose : Quelle est, dans la cavité bucco-pharyngienne, la limite de l'endoderme et de l'ectoderme, c'est-à-dire où est la jonction de Yaditus anterior et du sinus buccal? On sait avec quelle ardeur, se fondant surtout sur la structure de la muqueuse, Robin soutenait l'origine ectodermique de l'œsophage. Malgré cet argument, certainement puissant, Robin semble avoir tort, et, en particulier, un fait remarquable de cloisonnement persistant, décrit par M. Duval et Hervé, montre que la cloison siège juste en arrière du voile du palais.