BOURGEONS. FACIAUX
ses grandes lignes par His, puis par Fol, de Meuron, Kaslschenko, etc. Dans toute cette paroi cervico-faciale, les trois feuillets blastodermiques existent primitivement superposés. Au niveau des arcs le feuillet moyen s'épaissit, entre eux il s'amincit, disparait même; mais les deux plaques épithéliales adossées ne se résorbent pas. Dès lors il n'y a pas de fentes, mais seulement des rainures internes et externes, et Ton ne peut plus discuter que pour savoir si, en un point ou deux, une communication de médiocre étendue peut s'ouvrir entre le pharynx et la surface épidermique.
Ce n'est pas tout, ajoute His. Au-dessous de l'arc maxillaire inférieur, les arcs cervicaux ne vont pas se souder deux à deux sur la ligne médiane. Sur cette ligne, en effet, le mésoderme existe et s'épaissit, constituant le champ méso-branchial (His) dont nous verrons l'importance capitale pour le développement de la base de la langue et de l'épiglotte.
Absence de fentes branchiales au sens propre du mot, absence de ligne de coalescence médiane cervicale; j'ai tenu à mettre ces deux faits en vedette, car leur connaissance nous conduira à renverser une doctrine jusqu'à présent classique quand nous tenterons d'expliquer la genèse des fistules branchiales.
Entrons maintenant dans le détail et étudions successivement les bourgeons faciaux et les arcs cervicaux.
Bourgeons faciaux. — La face se développe aux dépens d'un arc branchial, appelé facial ou mandibulaire, et d'un bourgeon médian descendant, appelé bourgeon frontal. Ce développement a surtout été bien étudié par Coste.
L'arc mandibulaire est constamment le premier qui se dessine sur la région cervico-faciale de l'embryon. 11 constitue d'abord un bourrelet unique, mais bientôt on voit deux arcs superposés : le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur.
L'arc maxillaire inférieur, facile à étudier dans son évolution, arrive vite jusqu'à la ligne médiane; dès le vingt-cinquième jour il y est soudé à son congénère. Les parties qui s'y développent sont bien connues; c'est simplement le maxillaire inférieur et les parties molles qui le recouvrent. On sait aussi que cet os se développe à côté
d'une lame cartilagineuse de même forme, le cartilage de Meckel, dont la partie extra- tym panique est destinée à se résorber tandis que de la portion intra-tympanique se constitueront l'enclume et le marteau.
Fio. 2.
Fio. 3.
Fig. 2. — Embryon de 40 jours. (Schéma d'après Coste.)
Bf, Bf, partie supérieure du bourgeon frontal. — Fo, fossette olfactive. — Si, sillon nasal. — Ni, bourgeon nasal interne. — Ne, bourgeon nasal externe. — SI, sillon lacrymal. — Ms, bourgeon maxillaire supérieur. — A(, A„ A„ arcs branchiaux.
Fie 3. — Embryon de 30 jours. (Schéma d'après Coste.)
Bf, bourgeon frontal.— Fo, fossette olfactive. — Si, sillon lacrymal. — Ms, bourgeon maxillaire supérieur.— A,,At. A,, premier, deuxième, troisième arcs branchiaux.
L'arc maxillaire supérieur est-il une simple bifurcation du bourgeon maxillaire inférieur, ou naît-il, pour son propre compte, de la base du crâne? La seconde de ces opinions, soutenue récemment par M. Duval, semble la plus probable et explique comment la rainure intermandibulaire remonte, légèrement incurvée en avant, jusque entre le méat auditif et la paroi externe de l'orbite.
Entre les deux arcs maxillaires supérieurs s'interposent, sur la ligne médiane, deux formations appelées bourgeons frontal et nasal externe, nées directement de la partie antérieure de la base du crâne. Le bourgeon frontal, d'abord simple, a bientôt un bord inférieur concave : de chaque côté de celte échancrure est une sorte de corne, le bourgeon nasal interne. Entre ce bourgeon et l'œil qui, à cette époque, est très latéral, descend le bourgeon nasal externe, indépendant pour les uns, né par la bifurcation du bord externe du bourgeon frontal pour les autres. Entre le bourgeon nasal externe et le bourgeon nasal interne est, de chaque côté, la fossette olfactive, d'abord très large et très externe.
Les deux bourgeons nasaux internes ne tardent pas à se rapprocher, puis à se fusionner; et cette masse médiane s'élargit, sous le nom de bourgeon incisif, ainsi appelé à cause de ses connexions avec l'os du même nom. Mais quelles sont les connexions exactes de ce bourgeon incisif et de l'arc maxillaire supérieur? C'est un point depuis quelques années remis à l'étude.
Naguère, on admettait sans contestation, avec Coste, que ces connexions étaient les suivantes : l'arc maxillaire, après avoir passé sous le globe oculaire, passe sous la fossette olfactive qu'il transforme ainsi en un trou, la narine, et va se joindre au bourgeon incisif. De la sorte, le bourgeon nasal externe se trouve exclu de toute participation au développement de la lèvre supérieure. Il s'arrête à l'aile de la narine, et avec lui s'arrête la gouttière lacrymale. Albrecht pense, au contraire, que le bourgeon nasal externe descend à la lèvre, et que jusqu'en bas il sépare le bourgeon incisif de Tare maxillaire supérieur, en sorte que la gouttière lacrymale devient bucco-orbi taire. Nous verrons que cette opinion est séduisante pour expliquer certains faits ostéologiques, mais nous devons reconnaître qu'elle a été combattue par divers embryologistes, parmi lesquels nous citerons His, Biondi.
Pendant que ces phénomènes se passent vers l'extérieur, d'autres ont lieu dans la profondeur, grâce auxquels se cloisonne la cavité bucco-nasale : de la face interne de l'arc maxillaire partent les lames palatines, d'abord très obliquement ascendantes, mais destinées à devenir horizontales, sur lesquelles tombe à angle droit une cloison médiane, dépendance du bourgeon frontal. On décrit encore, tout à fait dans la profondeur, un bourgeon ptérygo-palatin, dépendance du bourgeon maxillaire supérieur, qui se soude d'une part, sur la ligne médiane, avec son homologue, d'autre part à la base du crâne, dans la région du sphénoïde.
Pour terminer, j'indiquerai les parties osseuses développées aux dépens de ces divers bourgeons. L'arc maxillaire donne l'os malaire, le corps du maxillaire supérieur, c'est-à-dire toute la partie postérieure de cet os jusqu'à la canine inclusivement, sauf la branche montante. Le bourgeon nasal externe forme la paroi externe des fosses nasales : masses latérales de l'ethmoïde,