‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 55 sur 237 · LYMPHÀNGIOMES ET KYSTES SÉREUX · texte numérisé non relu

LYMPHÀNGIOMES ET KYSTES SÉREUX

peuvent atteindre soit une région en particulier, telles que la paupière, l'oreille, le nez, les lèvres, la langue, soit plusieurs régions à la fois. Parmi les hypertrophies localisées, étudiées aux régions que je viens d'énumérer, je nommerai celle des joues ou macromélie, observée par Beck, Weinlechner, Kindler (*), 0. Lannelongue ('). Dans le cas de Lannelonguc, elle était bilatérale et les joues formaient des saillies volumineuses, fermes, élastiques, descendant jusqu'au niveau du menton. Comme je le dirai pour la macrocheilie et la macroglossie, le rôle exact du système vasculaire sanguin dans la genèse de ces productions n'est pas encore très bien élucidé. Schtïller, Lannelongue ont noté la présence d'un naevus sur les parties voisines ; en opérant, Schuller a vérifié ce développement vasculaire considérable, et C. Weil, en incisant la tumeur, a vu s'écouler de la lymphe en même temps qu'il constatait l'existence d'artères grosses comme la radiale et de grosses veines à parois minces.

Le lymphangiome kystùjue est représenté par des kystes séreux multiloculaires semblables à ceux du cou. Dans ces faits, auxquels il faut sans doute rapporter quelques observations anciennes signalées par A. Bérard, la joue est soulevée par une tumeur de volume variable, à peu près arrondie, tantôt limitée, tantôt plus diffuse. Cette masse est lobulée, mal fluctuante si l'on ne circonscrit un lobule par la palpation, mobile sur la peau et sur la muqueuse. La tumeur peut remonter sous l'arcade zygomatique et môme s'étendre ainsi assez loin. Au premier abord, l'aspect est simplement, dans bien des cas, celui de l'œdème; mais à la palpation on trouvera toujours quelques noyaux isolés et durs. Ces mêmes noyaux, joints à la fluctuation de quelques bosselures et à la notion de congénitalité, permettront d'éliminer le lipome; le diagnostic sera évident lorsque les bosselures les plus superficielles auront une couleur bleuâtre par transparence; un autre signe est fourni par la possibilité de rapprocher les deux parois l'une de l'autre en pressant la masse entre le pouce et l'index placés l'un sur la peau et l'autre sur la muqueuse génienne ; quelquefois on restera dans le doute jusqu'à la ponction exploratrice.

Le diagnostic est encore à établir avec d'autres kystes de la joue et je rappellerai les kystes du canal de Sténon, les kystes salivaires décrits par Gûterbock, par Ranke. Ranke fait observer que pour les premiers le cathétérisme du canal de Sténon est démonstratif. Quant aux grenouillettes de la parotide accessoire, leur élude a besoin d'être complétée et, s'il y a quelques observations anatomiquement précises, il est probable que la plupart de ces prétendus kystes salivaires sont des kystes séreux multiloculaires attribués à la parotide seulement à cause de leur voisinage avec cette glande. On aura un élément de diagnostic dans l'évolution, les kystes salivaires étant acquis et les kystes séreux multiloculaires étant congénitaux.

Les lymphangiomes sont-ils toujours congénitaux? Cette question a déjà été débattue par Quénu (r'). Wagner aurait vu un lymphangiome caverneux du front ayant débuté à quarante et un ans.

(') Kindler, Ueber Lymphangiome mit besanderer Beriicksichtigung des Lymphangioms der w°*9t {Makromelie). Thèse inaug. de Munich, 1884. y) Lannelongue et Achard, Traité des kystes congénitaux, Paris, 1886, p. 320 et 380. P* %. 1. 1, p. 499.

Traitement. — Les lymphangiomes sont justiciables du bistouri. Pourk lymphangiome simple (hypertrophie congénitale), on aura recours à l'excisioo partielle cunéiforme suivie de suture. Pour les kystes multiloculaires, c'ot l'extirpation qui convient. Lorsque la masse kystique est bien limitée à ht joue, cette extirpation sera assez aisément totale, mais les prolongements profonds ne sont pas rares, surtout vers la fosse sphéno-maxillaire, où pov les aborder franchement il faudrait des délabrements osseux étendus. Or cda est inutile et on a de forts bons résultats en laissant dans la profondeur ces parties difficilement accessibles ; Volkmann a opéré ainsi et n'a pas eu de récidive.

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