CHANCRE
Au dire de Bouisson, le chancre des lèvres, connu au temps de Fallopc, de Brassa vole, de Botal, aurait été oublié sous l'influence des idées de Hunier. Puis, plus près de nous, il a été soigneusement décrit par Delpech, Lallemand, Ricord et ses élèves, Rollet, etc., et maintenant il est bien connu.
Rollet, Études cliniques sur le chancre du mamelon et la bouche. Arch. génér. de met, 1850,5- série, t. XIII, p. 120,509 et 597. — Wormald et H. Coote, Primary syphilitie sort tf the upper lip, etc. Med. Times and Gaz., London, 1861, t. I, p. 470. — Sigjéusd, Die pria. Syphilis an den Mundlippen. Wiener med. Woch., 1868, t. XVIII, n- 9 et 10, p. 137 et IflOt- D. Bulkley, Two cases of chancre of the lip probably acquired through cigare. Arch. tf dermat., 1870, p. 545. — Protopopow, Un cas de chancre induré de la lèvre super., Wraiek, 1880, n* 8, anal, in CentralbL fur Chir., 1880, n* 30, p. 495. — R. Clément Lucas, Chaaav of the lip and epithelioma. The Practitioner, 1882, t. XXVIII, p. 352. — Hoxolle, art. Syphilis du Nouv. Dict. de méd. et de chir. prat., t. XXIV, p. 548, Paris, 1883.
Étiologie. — Les statistiques de Melchior-Robert, de Ricord, de Fournier, prouvent que c'est le plus fréquent des chancres extra-génitaux, surtout chet la femme et l'enfant, ce qu'explique bien l'étude des causes effleientes.
La contagion se fait par contact direct avec un chancre ou avec des plaques muqueuses. Aussi est-il exagéré de prétendre que le chancre labial se contracte surtout à l'occasion du coït ab ore. Un baiser sur une bouche atteinte de plaques muqueuses peut produire le même effet. Il n'est pas rare qu'une mère, un parent, une nourrice gagne une syphilis imméritée en embrassant ni enfant contaminé; de même certains israélites, en suçant selon les rites k nouveau-né qu'on vient de circonscrire. Inversement, c'est l'enfant qui prendn le mal du mamelon ou de la bouche de sa nourrice. Syphilis imméritée encote chez le sujet traité par Lordat, dont la lèvre fut, au cours d'une rixe, mordie par un syphilitique.
La contagion par contact indirect a pour agents le doigt, l'usage encommta des objets les plus divers : pipes, cuillers, verres, bonbons. Rollet, Viennois, Diday, Chassagny, Dechaux(l), ont attiré spécialement l'attention sur le chancre labial assez souvent transmis dans les verreries, par les cannes à souffler qui passent de bouche en bouche.
Symptômes. — Au début, on voit soit une écorchure qui peu à peu s'accroît, soit une petite vésicule à laquelle fait suite un petit tubercule ulcéré-
Le chancre constitué est ordinairement, dit Rollet, le chancre induré bombé, formant une sorte de tumeur dont la surface plane, grisâtre, assez lisse, porte une ulcération qui n'a guère plus de 1 centimètre de diamètre. 11 siège, « général, à la face muqueuse où il est grisâtre, exulcéré, mais il gagne assez souvent vers la peau et y devient croûteux. La lèvre est gonflée et se renverse en dehors. Autour du chancre l'induration est presque toujours nette et son absence, notée par Gosselin, par G. Marchant, est exceptionnelle.
Parmi les formes spéciales à la lèvre je nommerai le chancre /towrçtfi
(*) P. Diday, Gaz. médir. de Lyon, 1857, p. 481 et 497. —Chassagny, /6td., 1862, p. 571. — Viennois, Congrès méd.-chir. de France, lre session, Rouen, 1863, t. I, p. 75.