SYPHILIS TERTIAIRE DES LÈVRES
commissural ou médian, formé de deux mamelons qui s'écartent l'un de l'autre; le chancre ecthymateux, les chancres nains, simples érosions d'un diagnostic obscur jusqu'au moment où l'éclosion des accidents secondaires vient lever les doutes.
Le chancre labial est presque toujours unique au début, mais l'inoculation de la lèvre saine au point en contact avec la première lésion n'est pas très rare, et deux fois je l'ai observé.
L'adénopathie sous-mentale et sous-maxillaire est à peu près constante. Elle est précoce, indolente et volontiers volumineuse.
Diagnostic. — Les commémoratifs sont parfois caractéristiques, mais souvent ils sont méconnus ou volontairement dissimulés et l'on n'a pour guide que l'examen objectif.
En l'absence d'induration, on pourrait croire à un chancre mou, observé à la lèvre par Puche, par Trendelenburg, mais d'une rareté extrême; les accidents secondaires, l'auto-inoculation trancheront le diagnostic.
A. Fournier et Nivert^) ont bien fait voir que certaines gommes labiales s'indurent et ressembleraient au chancre, n'étaient leur fond creusé, l'absence d'adénopathie et, au contraire, la coexistence fréquente de lésions linguales.
Le diagnostic le plus important est celui du cancroïde; il sera exposé à propos de cette lésion.
• . Marche. — Pronostic. — Le chancre labial met en moyenne quatre à six semaines à se cicatriser, plus longtemps, par conséquent, que le chancre génital. Il existe souvent encore quand éclatent les accidents secondaires. Buzenet, Gosselin ont noté le phagédénisme, mais c'est exceptionnel; le pronostic local est bénin et même, d'après A. Fournier, la cicatrice disparaît 40 fois sur 50 sans laisser de traces. Pendant quelque temps seulement persiste un noyau induré un peu violacé.
On a dit, mais à tort, que la syphilis ainsi contractée était plus grave qu'après l'infection génitale.