TUMEURS DU SINUS MAX1U.AIRE
« 3** La distinction des tumeurs solides, entre elles, présente des difficultés plus sérieuses, et ce n'est qu'en s'entourant de précautions de toutes sortes, et en tenant compte de toutes les circonstances capables de le guider, que le chirurgien arrivera à reconnaître la nature du mal, sinon avec une certitude complète, au moins avec de grandes probabilités.
« Les caractères physiques de la tumeur présentent une importance capitale : la dureté de Texostose ne permettra pas de la confondre avec les fibromes et les enchondromes, qui possèdent une élasticité propre, et encore moins avec le lipome, d'ailleurs extrêmement rare, si tant est jnême que l'on doive admettre un lipome du sinus lui-môme. Quant aux sarcomes et au cancer, c'est surtout à la marche envahissante qu'on les distinguera d'autres tumeurs qui peuvent, à une certaine époque, leur ressembler, et qui, dans leur développement mc^me excessif, respectent davantage les parties avoisinantes.
« L'âge du malade n'est pas non plus inutile à considt^rcr, nous avons vu que les tumeurs cartilagineuses et osseuses sont des maladies spéciales aux jeunes gens. Enfin on ne négligera pas d'observer l'état général qui ne tarde pas à s'altérer, en cas de cancer, tandis qu'il reste longtemps intact, s'il s'agit d'une tumeur d'une autre nature.
• Malgré cela, nous le répétons, ce diagnostic des tumeurs du sinus n'est pas facile, le doute sera possible dans bien des circonstances, et c'est pour des faits de ce genre que certains chirurgiens conseillent de ponctionner la tumeur avec le trocart explorateur de Kûss et de soumettre à l'examen microscopique la substance ainsi obtenue. »
Pronostic. — « Les tumeurs solides du sinus maxillaire sont toujoui'sd'un pronostic grave, parce qu'elles ne peuvent, le plus ordinairement, guérir sans l'intervention chirurgicale et sans une opération plus ou moins sérieuse. Mais le degré de gravité varie suivant la nature de la tumeur, et il est inutile de revenir ici sur la distinction entre les tumeurs bénignes et malignes. »
Traitement. — Le traitement est exclusivement chirurgical et diffère suivant la nature des tumeurs solides du sinus maxillaire. Mais avant d'entrer dans plus de détails, il nous semble bon d'indiquer tout d'abord, d'une manière générale, quand et à quel moment il faut agir, et aussi quand il faut s'abstenir, en un mot, de poser les indications et contre-indications de toute opération.
S'il s'agit d'une tumeur bénigne dont le développement est, comme on sait, très lent, une intervention hûtive sera rarement utile ; et tant que la tumeur ne sera pas susceptible, par son volume, de gêner le malade ou de déterminer sur les organes voisins quelques-uns des accidents signalés plus haut, il sera préférable d'attendre, sans toutefois prolonger trop longtemps cette expectation, qui n'aurait «l'autre résultat que de créer au chirurgien dos difficultés plus grandes, et d'exposer le malade à des dangers plus sérieux. Ceci s'applique en particulier aux tumeurs osseuses développées dans la muqueuse du sinus, dont l'énucléation sera d'autant moins laborieuse (|u'elles n'auront pas eu le temps de s'enclaver dans la cavité où elles ont pris naissance.
Que s'il s'agit, au contraire, d*une tumeur maligne, et surtout d'un cancer à
marche rapide et envahissante, il y aura tout avantage à Tattaquer dès le début, avant qu'elle ait pris un développement trop considérable et altéré les parties environnantes. Toutefois, même dans ces cas, le volume de la tumeur ne serait pas une contre-indication absolue de l'opération, si la santé générale du malade n*était pas déjà gravement compromise. Nous pensons que le chirurgien doit s'abstenir seulement dans les circonstances où il existe des signes non douteux de cachexie cancéreuse et de l'engorgement des ganglions sousmaxillaires et cervicaux, dans les cas enfin où le mal a une extension telle qu'il ne reste aucun espoir d'atteindre avec certitude jusqu'à ces dernières limites (Duplay).
Les divers procédés opératoires applicables aux tumeurs solides du sinus maxillaire comprennent : la cautérisation, V excision et V arrachement, la résection partielle et totale du maxillaire supérieur.