DE LA CORNÉE
Les inflammations de la cornée portent le nom de kératites. Les troubles de nutrition sont désignés sous le nom d'ulcères. Mais dans bien des cas les deux processus se confondent ou succèdent l'un à l'autre, de telle sorte qu'il n'est pas toujours facile de dire où commence l'ulcère et où finit la kératite.
A. — Kératites.
Il n'y a plus lieu de discuter aujourd'hui si la cornée dépourvue de vaisseaux sanguins est susceptible de s'enflammer. Nous ne reproduirons donc pas les arguments et les expériences de Kiiss, de His, de Robin, de Virchow, de Conheim, qui ont été exposés dans le premier volume de ce traité à propos des théories de l'inflammation en général.
La première description de la kératite a été donnée en France par Mirault (d'Angers) en 1823. Depuis cette époque la kératite est admise comme afl'ection distincte par tous les ophthalmologistes.
La cornée est formée de trois couches : \^ une couche superficielle ou épithéliale ; 2* une couche moyenne ou tissu propre de la cornée ; o*» une couche profonde, élastique, ou membrane de Descemet.
Chacune de ces couches est susceptible d'être primitivement et indépendamment des deux autres le siège d'une inflammation. Nous décrirons donc :
Une kératite superficielle ;
Une kéraliic pai^enchymateuse ;
Une kératite j rofonde.
174 ILiLAIiJES DE L'IBJS
IMa01IO0ttc« — Au début, ririlis peut être fairileiBciit nw inn— n - LTmyrûm \fhikkmiU\tm qui ect uo des ti^ne^ les plus propres à Cure nnaf [ii— n i mttMtttUiSiiurti de riri«. e«t quelquefois très peu marquêir dass le*s premiers 9uofft*mi%. Muft nouvent elle existe^ mais elle est masquée pair Hae nfectioa i'oî$ymf'Xi\'nl0i vive. Dans ces cas, on peut confondre llrilîs arer use coBJooclivit^ catarrliale.
L'attitriiion doit être toujours portée sur la contractilîté de llris. kirscpK ks Huirttn lignes font d^^faut, La lenteur des mouvements de la papiDe rérden nimyttui rinflammation au début; de même la dilatation incomplète ou tns b'iib; de. la pupille par l'atropine. On ne doit pas oublier, dans les cas douteux de faire Texafrien h Téclairage oblique qui permettra de reconnaître an trouble «le riiumeur aqueune non perceptible à l'inspection directe.
Le dingnr>stic de In variété d*iritis peut rarement être fiait d'après les senb mi^utn objectifH, L'iritis syphilitique, en particulier, n*a pas de signes patbo- ^nomoniques. Ni le déplacement de la pupille en haut et en dedans (Béer), ni la liMitle cuivrée de riris, ni même la formation de condylomes ne suffisent eo riiliHcnce d'uulrcH si^j^ncs d'infection pour affirmer Texistence de l*iritis syphilili(|iie.
L'appfirilion h la surface de Tiris de masses arrondies, jaunes vers leur centre, ayant Topparence de gommes, a cependant une grande valeur, mais IcH ((onnnoH tuberculeuses ne diffèrent pas pour l'aspect des gommes syphililiquoH.
Pronostic. — D'une manière générale, le pronostic de Tiritis est sérieui. DauH bien des cas, il doit Atrc considéré comme grave. La gravité du pronostic (léptMid Hurtoul do roxistencc des adhérences. Elle est par conséquent moindre dauH ririliH séreuso. Dans la forme parcnchymateuse, le pronostic acquiert soo Hunnnuni de gravité. Opondant, on voit parfois des gommes volumineuses, ayant envahi la moitié de la niasse de Tiris, céder au traitement antisyphilitique et disparatlro par résolution.
Nous avons déjù dit (|ue les adhérences môme partielles de l'iris exposaient aux ivohutes et au développement d'une irido-choroïdite avec toutes ses censé- <|uenoos.
Traitement. — La première indication dans le traitement de l'iritis, en irtMiôrul, est déviler la formation des synéchies en dilatant la pupille au moyen d'instillations du coUyn^ î\ Talmpine à 1 pour 100. Les instillations sont répétées tn>is ou quatre fois par vin^t-qualre heures, dans les premiers jours. Deux instillations suflirv^nt ensuite, mais on en prolongera Tusage jusqu'à disparition complète do l injection jHM-ikèratinue.
Si riris résiste à Tinstillation du collyre à Tatropine, c'est que des spéi*hieH se sont déjà formces. Cependant les synéchies récentes finissent par wallon^cr et cèvlont même complètement avec le temps. Une ponction de la cluuultiv anterieun\ dans ces cas, aide beaucoup à Taction mydriatique de
l'alropino.
Imiﻫ|iîo ivpoto des instillations d atropine détermine parfois quelques phénomèhe» d'intoxication, notamment de la sécheresse de la gorge. ExceptioDDeIl^