‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 35 sur 108 · PLAIES DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

PLAIES DES PAUPIÈRES

Elles résultent, comme dans les autres régions, de l'action d'instruments |MiIuants, tranchants ou contondants. Elles sont superfîcielles ou profondes, timples ou compliquées.

Plaies par instruments piquants. — Les instruments piquants de très faible 'diamètre, s'ils blessent les paupières sans atteindre le globe oculaire et sans M briser dans la plaie ne déterminent qu'une solution de continuité insigniliiuite, qui guérit ordinairement sans laisser de trace. Les piqûres produites |Nur le dard des insectes de nos pays (moustiques, abeilles, guêpes) s'accompajinent de tuméfaction souvent considérable et de démangeaisons vives, mais n'ont pas de gravité.

C'est un fait absolument exceptionnel de voir, comme dans un cas cité par Zeis une morsure de sangsue produire une fistule conjonctivale persistante de Im paupière.

Il arrive parfois que des corps d'un certain volume, tels que fleurets, dievilles de bois, atteignent les paupières, les perforent, pénètrent dans l'orbite rt s'y brisent même, sans laisser dans le tissu de la paupière autre chose qu'une Lfès petite déchirure assimilable à une simple piqûre. On connaît le fait de Nélaton dans lequel l'extrémité d'un parapluie pénétrant dans l'orbite par la paupière inférieure, alla jusque dans le crâne déchirer la carotide interne dans le sinus caverneux.

Panas, en énucléant le globe oculaire chez un jeune homme, a retrouvé dans l'orbite un morceau de fil de fer de 5 cenlimètres dont le passage à travers la paupière n'avait laissé qu'une trace impercceptible.

. Ces faits, tout exceptionnels qu'ils soient, doivent toujours être présents à Fesprit du chirurgien lorsqu'il se trouve en présence d'une plaie de la paupière.

PuuES PAR instruments TRANCHANTS. — EUcs sont transvcrsalcs ou plus ou ;nioins perpendiculaires à la direction du bord libre.

Lorsqu'elles» n'intéressent que la peau et le muscle orbiculaire, elles ne détcr- ■linenl qu'un écartement modéré des bords et guérissent sans laisser de difl'or- ; mité notable.

Les plaies qui intéressent toute l'épaisseur de la paupière entraînent des conséquences plus graves.

La section de l'aponévrose d'insertion du releveur est suivie d'un ptosis, auquel on devra chercher à remédier immédiatement par la suture comme l'a lait Green dans un cas {Transactions of the American Society, 1873).

Les plaies verticales ou obliques s'accompagnent d'un écartement plus ou

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L'incision du cul-de-sac conjonciival est ordinairement nécessaire pour permettre la dissection complète du néoplasme. La suture de la plaie commissurale doit être faite avec soin, dès que l'ablation est effectuée.

Le procédé d'Halpin a pour but de dissimuler la cicatrice de Tincision au milieu de la région du sourcil. Il consiste à attirer fortement en bas la paupière supérieure de manière à abaisser la queue du sourcil au-dessous de l'apophyse orbitaire externe. La peau ainsi maintenue est alors incisée parallèlement à l'arcade orbitaire et au-dessous d'elle, et la tumeur isolée est excisée après ligature de son pédicule. Une suture réunit ensuite les lèvres de l'incision cutanée et la cicatrice se trouve plus tard cachée au milieu des poils du sourcil, qu'on a eu soin de raser au moment de l'opération.

Il ne nous semble pas que l'un de ces procédés mérite d'être conseillé à l'exclusion des autres. Le chirurgien se décidera pour celui qui paraîtra lui donner la voie la plus large.

L'ablation de la glande lacrymale n'a pas été faite seulement dans les cas de tumeur; elle a été exécutée aussi pour remédier à un épiphora incurable. P. Bernard a le premier proposé cette extirpation en 1843. J. Lawrence, en Angleterre, et Abadie, en France {Gaz. hebdoinad,^ 29 mars 1878) ont cherché à la remettre en honneur. Le procédé d'Halpin est celui qui, dans ce cas, mérite la préférence.

De Wecker, d'autre part, dit avoir souvent exécuté avec succès l'ablation de la seule portion palpébrale de la glande pour remédiera l'épiphora. L'ablation de la portion palpébrale peut s'exécuter sans difficultés par le cul-de-sac conjonctival et sans intéresser la peau. De Wecker considère cette petite opération comme beaucoup plus sûre dans ses résultats que celle proposée par Szolkaski, qui avait eu l'idée de déterminer Tatrophie de la glande par la ligature en masse de ses conduits excréteurs.

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