B. — INFLAMMATIONS DIFFUSES
C'est principalement au sujet des inflammations difl*uscs du conduit auditif externe que les auteurs ont multiplié les divisions et les subdivisions, suivant la nature, le siège anatomique, la cause de l'inflammation; do là la distinction des otites externes en calarrhales et purulente,^, en cutanées et pêrioslii^Hea, en traumatiques^ rlmnialisniales^ blennorrhagujuea, paradtairei^, exanthétiuiti(jues^ darlretises, etc., etc. Toutes ces variétés, et d'autres encore, existent bien réellement, mais ne sauraient être décrites à pari. La division basée sur le siège anatomiquc de l'inflammation ne peut même pas (^Ire conservée, car l'inflammation du périoste du conduit auditif, dont on a voulu faire une variété distincte, est toujours consécutive, ainsi que nous le dirons bientôt.
Nous décrirons donc, sous le litre d'otite externe, l'inflammation difTuse de la peau du conduit auditif, et nous établirons seulement, en raison de la marche de la maladie, une distinction entre Votite aiguë et Volile chronique,
a. — INFLAMMATION AIGUË (OTITE EXTERNE AIGUË)
Étiologie. — L'otite externe aiguc^ s'observe à tous les âges; elle est très fréquente chez l'enfant et même chez le nouveau-né. Souvent elle paraît se développer sous l'influence de l'évolution dentaire, et il n'est pas extrêmement rare de voir, chez certains enfants, chaque éruption dentaire précédée ou accompagnée par une poussée inflammatoire du côté du conduit auditif externe.
Les causes de l'otite externe aiguê^ sont très variées. Au premier rang nous devons ranger les traumatismes, tels que les corps étrangers introduits accidentellement dans l'oreille ou même les corps étrangers développés sur place et qui deviennent parfois une cause d'irritation pour les parois du conduit. Bien souvent il faut accuser les tentatives brutales et maladroites faites pour extraire ces corps étrangers, et qui, en augmentant les désordres déjà produits, donnent lieu à une violente inflammation.
L'introduction de substances liquides dans l'oreille est encore une cause fréquente d'otite externe. Les liquides agissent tantôt par leur température
impossible, le diagnostic doit ôtre réservé, et c'est seulement d'après la gravité plus grande des phénomènes locaux et généraux, d'après Tinteusité des troubles de louïe, qu'on est en droit de présumer quelque complication inflammatoire vers Toreille moyenne.
Pronostic. — L otite externe aiguë, dans sa forme légère, guérit le plus souvent sans laisser de traces. Mais pour peu qu'elle revente un certain degré d'intensité, on doit se montrer très réserve dans le pronostic, en raison des complications qui peuvent survenir : quelle que soit d ailleurs sa gravité primitive, on doit en outre se rappeler que, dans bien des cas, l'inflammation aiguë du conduit auditif passe à l'état chronique.
Traitement. — Le traitement de lolite externe aiguë doit être franchement antiphlogistique au début. Quelques sangsues, au nombre de cinq ou six, seront appliquées au-devant du tragus et non, comme on le proscrit indifféremment dans toutes les afi'ections de l'oreille, derrière l'apophyse mastoïde. Le lieu d'application des sangsues dans les an*eclions do l'organe auditif n'est pas, en effet, sans importance, et Wilde a le premier fait remarquer que, dans les otites externes, un petit nombre de sangsues placées en avant du tragus soulagent plus les malades qu'un nombre quelquefois double appliqué derrière l'oreille. On doit chercher la raison de ce fait dans le trajet parcouru par les vaisseaux qui se distribuent à la membrane du lynipan et à la peau du conduit auditif externe.
Un des meilleurs movons de calmer la douleur et de modérer l'inflammation
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à son début consiste dans l'usage fréquemment répété de bains d'oreilles chauds. Le malade ayant la tète inclinée du cùté sain, on lui verse dans l'oreille de l'eau chaude ou une décoction chaude ot concentrée de tètes de pavots, qu'on laisse en contact pendant cinq à dix minutes.
L'emploi de l'eau chaude est de beaucoup préférable à celui d'une foule de liquides qu'on proscrit par routine dans toutes les afl'eclions douloureuses de Toreille, ot dont l'utilité parait plus que contestable. Les huiles, en particulier, ont l'inconvénient de s'altérer et do devenir irritantes.
Dans certains cas, l'usage d'une solution de cocaïne à 1/2'), dont on verse quelques gouttes dans l'oreille, réussit à calmer les douleurs, mais, en général, cette amélioration n'est pas de longue durée. •
Dans l'intervalle des instillations chaudes, il est bon d'entretenir une douce température autour de l'oreille; les cataplasmes sont souvent prescrits dans ce but. On les remplacera avantageusement par l'application do compresses imbibées d'un liquide chaud et qu'on renouvellera très fréquemment. A défaut de ce moyen, les malades devront se couvrir l'oreille avec une compresse ou do l'ouate.
Conjointement avec ces moyens locaux, on doit encore, pendant la période initiale, prescrire un léger purgatif, quelques révulsifs sur les membres inférieurs; le malade gardera le repos et observera une diète modérée. Dans le cas où les douleurs sont extrêmement vives, les narcotiques pourroni être administrés. Les injections hypodermiques de morphine au pourtour de l'oreille réussissent quelquefois très bien à calmer les douleurs.
d'eau. Les eaux sulfureuses, l'eau de goudron, conviennent aussi dans certaines otites scrofuleuses.
L*acide borique a été employé avec succès contre Totite externe chronique, soit sous forme de solution, soit sous forme de poudre qu'on insuffle dans l'oreille. Je suis peu partisan de ce dernier mode d'application, ainsi que j'aurai l'occasion de le dire à propos du traitement de l'otite moyenne purulente.
Les huiles, les pommades sont en général plus nuisibles qu'utiles. Dans l'eczéma chronique du conduit, la glycérine ou les glycérolés rendent cependant d'assez grands services.
Lorsqu'il existe une ostéo-périostite du conduit, on doit, en même temps qu'on emploie les moyens généraux et les soins de propreté, avoir recours à quelques révulsifs énergiques. Les ventouses, les vésicatoires, les frictions irritantes derrière les oreilles, peuvent être utiles au début, mais dès qu'il s'agit d'une véritable ostéite avec carie ou nécrose, il ne faut pas hésiter à appliquer autour de l'oreille deux ou trois larges cautères qu'on entretiendra pendant le temps nécessaire. C'est un moyen de limiter l'inflammation et peut-être de prévenir l'invasion d'accidents terribles.
Il sera question plus tard du traitement des complications diverses qui peuvent survenir.