‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 52 sur 108 · TUMEURS · texte numérisé non relu

TUMEURS

Il n'est pas rare de rencontrer dans le conduit auditif des polypes ou des excroissances polypiformes qui remplissent plus ou moins complètement la lumière du canal et viennent même saillir à l'extérieur. Mais comme ces tumeurs, dont quelques-unes prennent, il est vrai, naissance dans les parois du conduit auditif externe, proviennent très souvent aussi de la caisse du tympan, j'ai pensé qu'il était préférable d'en remettre à un autre moment la description générale.

Les seules tumeurs que nous décrirons ici sont : les tumeurs sébacées et les exostoses.

A. — TUMEURS SÉBACÉES

Toynbee (*) le premier a décrit ce genre de tumeurs dont l'existence réelle a été mise en doute par quelques auteurs, suivant lesquels ces prétendues tumeurs ne seraient autre chose que des amas d'épiderme et de muco-pus. Hinton ('), cependant, a observé quelques cas dans lesquels il existait bien réellement à la surface du conduit de petites tumeurs sébacées, circonscrites par une membrane d'enveloppe distincte. De mon côté je pense avoir rencontré un fait se rapportant à la maladie décrite par Toynbee, et quoique le sujet mérite certainement de nouvelles recherches, il me semble utile de faire connaître les principales observations de Toynbee sur les tumeurs sébacées du conduit.

(«) Tramaet. of the Med. Chir, Society, t. XLI, p. 51, et t. XL VII, p. 203. («) Path. Transact.y t. XVI, p. «33.

dedans sont de beaucoup les plus fréquentes, et Tagent vulnérant peut être un corps solide, liquide ou gazeux.

L'introduction brusque et accidentelle dans l'oreille d'un objet pointu, comme un cure-oreille, une aiguille à tricoter, une paille^ une petite branche d'art)re, etc., détermine souvent une perforation de la membrane du tA^mpan; celle-ci succède aussi trop fréquemment aux tentatives maladroites faites par le chirui^en. pour extraire les divers corps étrangers du conduit auditif.

Les déchirures de la membrane du tympan peuvent encore être dues à la pression d'un liquide pénétrant avec force dans loreille. Cet accident arrive quelquefois chez les baigneurs qui se jettent d'une grande hauteur. On conçoit qu'une injection liquide, poussée avec une grande force dans le conduit, puisse amener un semblable résultat.

Enfin Fair violemment comprimé dans le conduit auditif détermine quelquefois des déchirures étendues de la membrane. C*est ce que l'on observe en diverses circonstances; par exemple, un coup de poing, un soufflet appliqué sur Toreille, refoulant violemment la colonne d'air renfermée dans le conduit auditif, peut déchirer la membrane. Une violente détonation, se produisant au voisinage de Toreille, peut agir de la même façon, par suite de Tébranloment brusque imprimé à la colonne d'air qui avoisine le tympan. Ainsi il n^est pas rare d observer de semblables perforations chez les artilleurs.

Les blessures de la membrane du tympan par action directe de dedans en dehors sont beaucoup moins fréquentes. Elles succèdent presque toujours & une augmentation dans la pression de Tair contenu dans la caisse. Elles pourraient survenir à la suite d'une insufflation artificielle trop violente, h l'aide des procédés de Valsai va, de Politzer ou à l'aide du cathétérismc, mais cet accident est fort rare. Le plus souvent, c'est pendant un effort violent que l'air pénètre par les trompes d'Eustache, et vient distendre la cavité du tympan, dont la membrane se rompt de dedans en dehors. C'est ce que l'on observe assez fréquemment dans les accès de toux violente, et plus spécialement dans la toux de la coqueluche, de l'asthme, dans l'éternumcnt, dans les efforts de vomissements.

La déchirure de la membrane du tympan se produit encore par un mécanisme analogue, sur les individus qui 9e trouvent rapidement transportés dans un milieu dont l'air est raréfié, comme, par exemple, dans les ascensions en ballon; la pression est diminuée à la surface externe du tympan, et, avant que l'équilibre ait eu le temps de s'établir par l'issue de l'air à travers la trompe d'Eustache, l'expansion du gaz contenu dans la caisse refoule le tympan de dedans en dehors et en détermine la rupture.

Les liquides injectés par la trompe d'Eustache ou épanchés dans lu cavité tympanique peuvent aussi déchirer la membrane de dedans en dehors. Ces ruptures de la membrane du tympan, que l'on a signalées chez les pendus ou chez les individus étranglés, sont probablement dues à des épanchementH brusques de sang dans la caisse. Je reviendrai plus tard sur ces perforations consécutives aux épanchements de la caisse, et qui sont plutôt organiques que traumatiques.

Quant aux déchirures indirectes de la membrane du tympan, elles succèdent à des violences exercées sur le crâne, à une distance plus ou moins éloignée

duit des caillots sanguins à l'aide d'injections de liquides antiseptiques chauds et poussées avec une grande douceur. Les solutions faibles d'acide phénique, les solutions fortes d'acide borique, seront employées dans ce but. Puis on pourra insuffler dans le canal et jusque sur la membrane tympanique une petite quantité de poudre d'iodoforme ou d'acide borique; enfin, on remplira exactement le conduit auditif avec de la ouate hydrophile ou mieux du coton borique ou iodoformé.

Je ne pense pas qu'il soit utile de chercher à obtenir la cicatrisation par aucune application topique, et je ne conseillerais pas d'avoir recours au moyen recommandé par Triquct. et qui consiste à tremper un petit morceau de baudruche dans une goutte de collodion élastique et à l'appliquer sur la perforation.

L'hémorrhagie est rarement assez forte pour nécessiter une intervention; si cependant l'écoulement sanguin ne s'arrêtait pas, on pourrait toucher légèrement le point d'où s'échappe le sang avec un petit pinceau imbibé d'une solution de perchlorure de fer.

Une autre indication importante dans le traitement des plaies de la membrane du tympan, c'est de l'immobiliser autant que possible. Le malade portera du coton dans l'oreille, ainsi que nous l'avons déjà recommandé dans un autre but, afin de diminuer les vibrations de l'extérieur, et il évitera de crier, de chanter, et surtout de se moucher avec ^force.

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