‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 60 sur 108 · LUXATION DES OS PROPRES · texte numérisé non relu

LUXATION DES OS PROPRES

BouRGUET, Rev, médicochîrurg,, 1851, p. 82. — Lonc.I'et, Revue de mém, de méd, militaire , 1881, p. 280. — Hamilton, Traité des fractures et des luxations.

La luxation des os propres du nez avait été admise par Benj. Bell (1796) et par Heister (1770), mais ils n'en avaient donné aucun exemple; la première observation, publiée par Bourguet d'Aix en 1851, n^avait pas paru concluante aux auteurs du Compendium, qui, se basant sur la facilité de la réduction, l'avaient considérée comme une fracture. Depuis, Longuet, en 1881, en a publié une seconde observation à laquelle il a joint une expérience cadavérique ; enfin Hamilton prétend avoir plusieurs fois observé cette lésion, qui, d'après lui, serait plus fréquente dans l'enfance.

Nous ne pouvons mieux faire que de rapporter les deux observations de Bourguet et de Longuet qui ont trait l'une à une luxation complète, l'autre à une luxation incomplète des os nasaux ; de leur lecture découle la description anatomo-pathologique et clinique de cette affection.

Obs. de Bourguet : « Un homme de vingt-deux ans, dans un accident de voiture, précipité de son siège, vient s'abattre sur un trottoir, la partie latérale gauche du nez portant contre la bordure en pierre de taille. A l'examen, il présente le tiers supérieur du nez dévié vers la droite, la partie inférieure conservant sa direction normale. Le bord inférieur de l'os nasal droit fait saillie au-dessus du cartilage correspondant. A gauche, on aperçoit, en arrière de l'os nasal enfoncé, l'apophyse montante du maxillaire, et en haut une arête saillante, qui est le bord supérieur du nasal séparé par un vide de la surface articulaire du frontal. Le cartilage de la cloison dévié supérieurement est droit en bas. On ne constate ni irrégularité de la surface, ni crépitation, ni mobilité ; en un mot, il n'y a pas de fracture. La narine droite est plus libre au doigt que la gauche. Pour opérer la réduction, le doigt auriculaire de la main droite est introduit dans la narine gauche ; le pouce de la môme main est appliqué sur la saillie du nasal droit, et un mouvement de bascule permet au nasal gauche de reprendre sa place. La saillie du nasal droit s'effaça par une pression directe de dehors en dedans. Après cette manœuvre, on put mouvoir le nez, sans que le déplacement se reproduisît ; la guérison se main-

mais la suture frontale avait en partie résisté; néanmoins, Tamplitude du déplacement latéral dans les deux sens atteignait 2 à 3 millimètres.

Tels sont les seuls faits publiés jusqu*ici; ils nous paraissent cependant suffisants pour démontrer l'existence de la luxation des os propres du nez.

Page 1