‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 65 sur 108 · RHINOPLASTIE · texte numérisé non relu

RHINOPLASTIE

La rhinoplaslie peut être totale ou partielle, suivant qu'il s'agit de restaurer la totalité ou une partie du nez.

La destruction du nez peut être complète, portant sur les parties molles et le squelette osseux et cartilagineux; dans d'autres cas les parties molles sont conservées, mais affaissées, par suite de la disparition du squelette.

Le squelette peut n'être que partiellement détruit : ainsi la racine du nez étant conservée, il y a une disparition de la portion cartilagineuse et des téguments qui la recouvrent.

Dans d'autres cas, enfin, plus fréquents, la perte de substance est localisée et porte sur le lobule, l'aile ou la sous-cloison du nez.

Ces difformités mettent non seulement le sujet en dehors des conditions de notre vie sociale, mais elles l'exposent à une série de troubles fonctionnels, surtout accusés lorsqu'il y a destruction de la portion cartilagineuse du squelette, et à plus forte raison de l'organe tout entier : la voix est nasonnée ; les fosses nasales, largement ouvertes et exposées à un contact trop direct de Tair atmosphérique, s'enflamment chroniquement ; le mucus qu'elles sécrètent se dessèche, s'altère et entretient une fétidité de l'haleine; l'odorat se perd; enfin l'inflammation se propageant à l'arrière-cavité des fosses nasales et au pharynx, entretient dans ces parties une sensibilité pénible (Duplay).

D'une façon générale, il ne faut tenter les opérations que lorsqu'elles sont formellement indiquées par l'ensemble des troubles fonctionnels que nous venons d'exposer; car ces autoplasties laissent toujours après elles une difformité, le chirurgien ne pouvant refaire une charpente destinée à soutenir les parties molles et à donner au nez sa forme; aussi disons-nous avec le professeur Tillaux {Traité de chirurgie clinique, tome I, p. 235) : « Tant que le nez existe, si laid, si déformé qu'il soit, du moment où il recouvre les fosses nasales, il s'oppose à l'écoulement incessant des mucosités nasales ; tant que c'est une difformité et non une infirmité, je pense que le mieux est de s'abstenir de toute opération. »

La prothèse, qui a réalisé de grands perfectionnements, convient aux cas inopérables.

Nous décrirons successivement les procédés de rhinoplaslie totale, et les opérations qui conviennent à la restauration partielle du nez.

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