‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 76 sur 108 · ULCÈRE PERFORANT DE LA CLOISON NASALE · texte numérisé non relu

ULCÈRE PERFORANT DE LA CLOISON NASALE

Sous le litre d'ulcère perforant de la cloison nasale, Hajek (*) (de Vienne) décrit un processus ulcératif, se développant au niveau de la région cartilagineuse de la cloison, tendant à sa perforation et offrant des caractères anatomiques et cliniques nets, qui en font une entité morbide complètement indépendante de la syphilis, de la tuberculose et du lupus : aussi avons-nous donné à cette afTcclion une place à part. Voltolini avait déjà parlé de Ytilcus perforam, ainsi que ZuckerkandI et Schmiegelow.

Sur les 58 cas réunis par Hajek, le siège exclusif du processus était au niveau de la région cartilagineuse de la cloison; il s*agit d'un ulcère rond, exceptionnellement ovale, et à grand diamètre antéro-postérieur, occupant un ou les deux côtés de la cloison.

L'évolution de la lésion se fait de la superficie vers la profondeur; la muqueuse d'abord grisâtre, recouverte d'une couenne, reste superficiellement ulcérée, après la chute de cette couenne (1'*^ stade) ; cet ulcère s'étend au cartilage (2« et 5* stade) ; le cartilage est perforé progressivement, dans toute son épaisseur (i*et ;> stade); dans la période ultime, on assiste à la cicatrisation de la muqueuse, autour de la perforation (6*' stade).

Après cicatrisation des bords de l'ulcère, le contour en est si net et si uni, qu'on a pu prendre ces perforations pour des lésions congénitales.

Dans le cas d'ulcère perforant bilatéral^ le processus ne marche pas parallèlement des deux côtés, et si à droite, l'ulcère est à son o'^ stade, il peut ù gauche n'intéresser que la partie superficielle de la muqueuse.

Ot ulcère ne mériterait pas toujours le nom de perforant, et la cicatrisation de la dénudalion cartilagineuse pourrait se faire avant que la perforation totale ne soit produite. Hajek cite à l'appui de cette terminaison problématique deux sujets, chez lesquels il rencontra, d'un côté de la cloison, deux surfa<-es cicatri(;ielles déprimées.

Ol ulcère perforant coïnciderait assez souvent avec des lésions tuberculeuses, soit locales (Weichselbaum), soit éloignées, sans qu'on puisse incriminer la tuberculose dans le processus perforant.

Nous possédons quelques doiniées relatives à la fréquence de l'ulcère perforant. Weichselbaum l'a rencontré dans la proportion de i/100% ZuckerkandI dans la proportion de 5,0/100*; la frécjuence serait moindre d'après Hajek, qui admet ^,4/IOO^

L'Age est sans grande influence sur cette aflection puisque le plus jeune des malades avait quinze ans, le plus âgé soixante et onze ans; les hommes sont le plus souvent atteints.

(•) Das ]terforiî'cnde Oeschvnir tlcr i^'nneusrlicideivand par Hajek (<1c Vienne\ in Arrh. ^i^ l'irchow, Hd., 120, II. 7», S. 497. L'analyse de ce travail importanl a été faite par Luc {Arrh. de laryng.et de rhino! , août 1890, p. 237), el nous a servi ourla rédaction de cetarlirlr.

la profondeur, par rintcrmédiaire de bactéries (*). Ici la bactérie spécifique est un coccus disposé soit par petits groupes, soit en chaînettes ; dans le premier cas il s'agirait du stapinjlococcus pyogenes, et dans le second du streptocoque pyogène.

Ces cocci, qui existent à Tétat normal dans les fosses nasales (E. Frankel, Netter, Besser, Hajek), pénélrçraient par les orifices glandulaires, ou plutôt par les érosions hémorrhagiques, si fréquentes dans cette région (Hajek, Voltolini). Si ces érosions ne s'accompagnent pas toujours d'ulcère perforant, c'est qu'il faut une cause prédisposante, et ce serait la tuberculose dans bien des cas.

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